Née sous Y, ou mon a-mère.

décembre 26th, 2010

Chapitre 3 Ma mère est une a-mère

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   Chapitre 3 Ma  mère est une a-mère

En ce 10 juin 2010, je tiens à mettre par écrit les réflexions que m’inspirent les derniers agissements de G. Y., ma mère pour l’état-civil, afin de m’en libérer une fois pour toutes.

Tant il paraît impossible qu’une mère puisse être aussi toxique.

Le mensonge, la manipulation, rien ne lui fait peur, puisqu‘elle a passé sa vie, du moins la partie que j’en connais, à monter ma sœur contre moi, mon père contre son propre père, après avoir tenté de faire jeter « des sorts » à sa belle-mère, fait des enquêtes sur le père des enfants de ma sœur, l’avoir faire suivre, comme elle l’avait fait pour moi, avoir tué nos premières amours à toutes les deux…

Aujourd’hui, grâce à ses écrits du 8 juin 2010, plus aucun doute n’est possible : cette femme est mauvaise.

Depuis nos retrouvailles de février 2010, après les 3 années où elle m’a laissée sans soutien dans l’épouvantable épreuve qu’a été la perte de mon fils unique, au prétexte que je l’avais mal accueillie, anéantie que j’étais quelques jours après le décès accidentel de Grégory, à 27 ans, mais en plus accusée de toutes les infamies pour m’isoler de mon père et de ma sœur, donc depuis cette date, elle n’a eu de cesse de me faire souffrir encore.

Par mails du 8 juin donc, et là je vois que si elle n’a pas perdu sa méchanceté, elle a bien baissé en matière de stratégie car il est incroyable qu’elle ait mis noir sur blanc ce genre d’aveu,  il est clair  que l’indifférence de ma sœur à mon égard lui est due : elle a monté depuis des années cette pauvre M.-F., soumise à sa puissance morale, contre moi, contre mon fils…Tout cela parce que nous sommes partis à l’étranger pendant 2 ans lorsqu’il était petit. Quelle logique ! Comment aurait-il pu ne pas nous suivre ? Et quel rôle avait à jouer dans son éducation ma sœur à l’âge de 10 ans ?

Et surtout, comble d’horreur, comment ma mère ose-t-elle continuer à me faire ce reproche, récurrent, alors que mon fils est décédé depuis 3  ans ?

Et, dans la foulée, elle ressort son vieux regret que Grégory ait préféré sa grand-mère paternelle, que j’apprécie moi-même, car elle a été notamment présente pour nous soutenir en 2007 quand Grégory est parti.

J’avais l’espoir de me dire que ma mère est malade, mais non, je suis maintenant sûre qu’elle est consciente de ce qu’elle fait, par exemple en mentant à mon père sur ses agissements.

Sous prétexte de « m’aider », alors que je lui avais bien demandé de ne rien faire en mon nom, mais seulement aux leurs, peinés de ne pas voir leurs petites-filles, à cause de l’intransigeance de ma sœur, elle lui a écrit (enfin m’a adressé la copie de sa lettre, mais celle-ci est-elle partie ?) en lui racontant que j’étais quasiment à l’article de la mort, des suites de mon cancer et que j’ai aussi triste de son indifférence à mon égard que du décès de Grégory (cf annexes). Monstrueux et tellement faux. Ma sœur n’ayant pas répondu, j’ai demandé à ma mère de faire part  à mon père de cet état de fait, pour qu’il sache vraiment comment se comportait ma sœur. Et là, revirement total, ma mère étant une « femme soumise », comme elle le précise, elle ne peut avouer à son mari qu’elle a écrit en cachette à M.-F., contre son avis ! Toute sa mise en scène s’écroule et elle est obligée d’avoir recours à des arguments fallacieux et vieux de plus de 30 ans.

Cette femme a monté mon père contre son propre père, qu’elle empêche d’aller visiter alors qu’il a 103 ans, sous prétexte que cet homme n’a pas été un père parfait ! Etait-elle là à l’époque et ne serait-il pas plus humain de tenter de les réconcilier, ce à quoi mon père aspire sûrement, car il souffre, comme il me l’avoue pendant les quelques minutes où nous pouvons parler librement quand il me raccompagne à ma voiture lors de mes visites. D’autant qu’il n’est pas sûr que la mort ne se charge de les séparer définitivement, laissant la blessure ouverte dans le cœur de mon père.

Elle a été tellement dure avec lui, qui lui sert de chauffeur, cuisinier, homme de ménage et souffre-douleur, tant le pauvre homme, au cœur d’or comme sa mère, ne peut imaginer le monstre qu’il a épousé. Un homme, qui même quand il est souffrant, se fait opérer, dont on repousse les rendez-vous médicaux…doit rapidement être opérationnel, pour servir encore et toujours.

Voilà, je n’ai plus de doute.

A partir d’aujourd’hui, le 15 juillet 2010, je vais mettre ici les réponses que mériteraient tes mails.

Hier, tu me demandais si tu pouvais me parler de l’arrivée d’A., puisque je te parle bien de nos loisirs ! Quelle cruauté, comment peux-tu faire l’amalgame entre ce que je te raconte pour vous divertir, vous qui ne sortez jamais de derrière votre fenêtre ou de votre garage, et des informations sur ma petite nièce, que je n’ai pas vue depuis, je te disais, 3.5 ans, mais non, ça fait plus de 4 ans. Pourquoi faut-il te mettre les points sur les « i », alors que tu as insisté par  3 fois pour glisser le sujet, que je ne t’avais rien répondu, pensant quand même que tu comprendrais de toi-même, déjà que tu n’aurais jamais dû me poser la question, après l’immonde histoire de la lettre à MF, envoyée, pas envoyée ? Tu mens comme tu respires…Comment une mère normale ne comprendrait-elle pas que je souffre de ne pas voir mes nièces, d’autant plus après la disparition de Grégory. Non, toi, tu appuies là où ça fait mal, assimilant nos « loisirs » à un grave problème de fond, histoire d’une famille inhumaine, comme il doit y en avoir peu.

Le  16 juillet 2010, elle m’écrit qu’il lui est impossible d’écrire à marraine P. pour Grégory, « mets-toi à ma place », j’aimerais bien je n’aurais pas perdu mon enfant !

Ce 17 juillet, je lui dis que j’ai écrit à marraine P., que j’ai assuré de mon soutien alors qu’elle me disait juste qu’elle ne voulait pas revoir cette famille, elle me répond qu’il aurait en effet été incorrect que ce soit elle qui annonce la disparition de Grégo.

Ce 27 juillet, en poursuivant ma lecture de la biographie de Marlène Dietrich, il me saute aux yeux que l’égoïsme monstrueux de cette femme, sans aucun sentiment ni considération pour son entourage est la même que ma mère, beauté et prestige en moins.

Elle a essayé de faire surgir une rancune envers les L, qui  « ne contactent les autres que quand ils en ont besoin », que marraine « doit être en maison de retraite, vu son état déplorable déjà il y a 4 ans »…

Et bien, N., l’une des filles de marraine vient de me répondre à la main, se disant  effondrée par le décès de Grégo, celui de son père étant dans l’ordre des choses. Quelle gentillesse, quelle absence totale d’égoïsme, je vais reprendre contact avec elle, comme elle le souhaite aussi. Quand je pense à la sécheresse des condoléances de ma mère envers son amie…

En ce 30 juillet, cela fait plusieurs jours qu’elle m’ignore, plus de mails en punition pour avoir osé lui refuser la copie de la gentille lettre de N., qui se disait effondrée de la disparition de Grégory. « Mère », ne se trouvant pas étrangère, dit-elle, pense avoir des droits sur les correspondances relatives à mon petit. Comme si elle ne s’était et ne se comporte pas comme une parfaite étrangère à ce sujet. Qu’elle est mauvaise, mais le livre sur Marlène m’a ouvert encore plus les yeux, oui, on peut être une mère et faire souffrir son enfant !

Le silence continue, quelle femme mauvaise, comment peut-elle se complaire à  me faire mijoter, attendant que je craque, que je revienne m’excuser comme d’habitude.

Mais là, je crois que c’est fini, hier j’ai failli lui envoyer une lettre explicative contenant ce que j’ai exactement sur le cœur, mais Patrice à qui j’avais demandé son avis, me l’a déconseillé. C’est tellement dur de non seulement ne recevoir aucun réconfort d’une femme qui devrait être la première à me soutenir, mais qui encore en rajoute, me tendant des pièges, m’obligeant à toujours jouer la petite fille qui doit mériter « l’ amour » de ses parents.

J’ai trahi Grégo en revenant vers eux, mais j’avais besoin d’eux, en fait, j’avais besoin de mes parents, mais ces gens-là ne me sont rien. Au regard d’un des amis de Grégo, qui vient de nous annoncer avoir donné à son fils Grégo en 4ème prénom, ce garçon est humain, il pense toujours à son ami. Ses grands-parents ne pensent pas à lui, ou alors c’est pour toujours faire les mêmes reproches : on ne l’a pas vu, il préférait Monique…Quelle indécence, comment ai-je pu entendre ça, et elle qui n’est pas venue à l’enterrement, non pas parce qu’elle ne pouvait pas, comme elle l’avait dit et avait donc déjà menti, mais pour « respecter » l’athéisme de Grégo. Elle est immonde, je la hais. Je n’ai aucune raison de la respecter, encore moins de l’aimer, je dois intégrer ça et cesser de souffrir à cause d’elle.

Comment mes « parents » peuvent-ils également admettre l’indifférence totale de ma « sœur » à mon égard, des parents normaux ne devraient-ils pas chercher à nous rapprocher, surtout avec ce que je vis, mais au contraire, je suis sûre que ma « mère » est à l’origine d’un mensonge qui a mis ma « sœur » contre moi, cela dit, elle assume aussi une grande part de responsabilité, elle est adulte, elle peut prendre une position personnelle.

Ces gens-là me sont TOXIQUES. Je dois les rayer de ma vie. Ils ne m’apportent rien, au contraire.

Et bien, nous sommes le 18 août 2010 et après que j’ai repris contact avec elle il y a 4 jours, sous prétexte d’un malentendu par rapport à leur éventuelle visite en Normandie et je subis de nouveau ses reproches agressifs: elle est écœurée, déçue par MON attitude, car j’ai préféré Nathalie à elle, si aimante et digne de confiance. Quel désastre, quelle injustice, elle qui trouve normale l’abandon de ma sœur !

Je ne me suis pas offusquée quand tu as refusé d’informer les L. sur le décès de Grégory, par “respect des convenances” m’as-tu dit, alors admets que je t’oppose aussi un refus pour les mêmes raisons.

La teneur du message que tu m’as dit avoir leur envoyé en guise de condoléances n’était pas particulièrement chaleureux et il n’est pas étonnant qu’il n’ait pas déclenché de réponse!

Le 3 septembre 2010, j’ai mis fin à mes relations toxiques avec cette femme, qui est hélas officiellement ma mère.

En ce jour de fête de Grégory, sans aucune pitié, elle a confirmé ses insanités habituelles, à partir de « l’affaire L.», dans laquelle elle me reproche d’apprécier la réaction adorable de N. à l’annonce par mes soins du départ de Grégory, puisqu’elle avait refusé de le faire pour m’ôter ce poids.

Et là, j’ai eu droit à la remontée de tous ses griefs, que je soutiens Pépé, que j’organise des fêtes pour lui, sans leur accord (appui de Papy), que je déteste MF, qu’elle ne va pas se fâcher avec elle pour moi, que je la maltraite, que je ne comprends pas ses belles attentions (comme par exemple, m’envoyer une carte pour la fête des mères !), pourtant j’avais fait attention de ne pas lui répondre à ce sujet, mais il aurait fallu que j’apprécie ce geste odieux, donc que je lui mente! Ce que je peux ressentir n’a aucune importance pour elle, je dois me conformer  à ce qu’elle attend de moi. Qu’elle doit  me céder pour tout (exemple : ne pas me montrer les  photos des petites…), et soutenue par Papy, menteur, qu’elle n’a pas PU et non pas voulu assister aux obsèques de Grégory, alors qu’elle l’avait clairement dit il y a quelques mois devant lui, ce qu’il avait d’ailleurs relevé avec étonnement à ce moment-là.

Elle m’a réclamé la fameuse lettre fictive à MF, me confirmant que cette dernière ne l’avait pas lue, je l’ai poussée dans ses retranchements en lui demandant comment il était possible de l’avoir récupérée des mois après, alors acculée, elle m’a dit que j’étais plus forte qu’elle, pauvre victime…Un froid quand j’ai dit que Papy avait cette lettre, puisque je lui avais remise en main propre, puis mensonge de sa part, apeuré et coincé, il a dit ne  pas l’avoir eue ! Il se souvient juste de notre conversation, alors que je l’avais gentiment conduit (il l’a dit) chez l’ophtalmo, mais ce dont il se souvient, c’est que je voulais qu’il se réconcilie avec son père, or il n’est pas fâché avec lui. Tout en ajoutant que son oncle s’est occupé de lui comme un père ! (elle, pas d’accord, cette fois !), la preuve, me dit-il ayant la tutelle de son père, il pourrait se venger en le plaçant en maison de retraite (ça le démange), c’est terrible de le penser ! Que ses parents ont toujours vécu dans la crasse, donc, ça convient bien à Pépé ! Comment a-t-on pu aller fêter les 100 ans de Pépé juste après avoir perdu Grégory ? N’imaginant même pas notre souffrance et notre envie de lui faire le plaisir d’avoir quand même des membres de sa famille à ses côtés, puisqu’eux étaient absents. Ils se sentent  coupables par rapport au maire, aux voisins, qui ne manquent pas de leur (lui) faire sentir et il me le fait payer (« bons samaritains », m’avait-il asséné il y a un moment)

Elle est aussi jalouse de Cyril, d’Aurélien, qui sont si gentils pour nous. Et c’est de ma faute si elle est malade. Elle se demande pourquoi je la déteste!

Ma sœur ne « m’aurait jamais parlé comme ça », « Papou et Nounou doivent être affligés par mon attitude » et enfin Grégory  a tous les torts de n’être pas allé les voir, empêchant même la « petite » de les visiter ! Alors là, j’ai craqué, hurlé que c’en était trop et je suis partie en claquant la porte. Papy a dû descendre pour m’ouvrir le portail, fermé à clef, me demandant de bien réfléchir, je l’ai embrassé, lui disant qu’il était toujours mon père, que s’il voulait me voir il savait où j’habite et qu’il a mon téléphone.

Voilà, c’est fini, je suis libérée, je n’ai plus à jouer la gentille fille, cherchant à correspondre à ce qu’ils attendent de moi, quitte à souffrir de ne pas oser être  vraie et en correspondance avec ma vraie pensée, qui les avait jugés depuis longtemps toxiques ; curieux, ma sœur peut tout faire, ils la défendent ! Je suis libre de penser ce que je veux, notamment d’eux, car ils se sont départis pour toujours de leur état de parents, n’en n’ayant aucun des traits. Ils m’ont laissée tomber lors de mon cancer (venus 1 fois pour me prendre en photo), lors de mon malheur incommensurable et en plus, ils m’accusent, m’acculent, me torturent, me reprochent d’apprécier la gentillesse des autres, qui ne sont des étrangers, mais comme dit mon médecin, « accrochez-vous à ceux-là », « laissez les autres, ils n’apportent rien », non, rien, si ce n’est de la souffrance en plus.

Ce 26 septembre 2010, je pense que mon père va avoir 80 ans la semaine prochaine et que nous ne fêterons pas cela, quelle tristesse, se priver d’un moment agréable, normalement de partage en famille. Mais moi, je n’ai pas de famille de sang. Je dois me rappeler les paroles qu’ils m’ont dites le 3 septembre pour me forcer à admettre qu’il n’y aura pas d’anniversaire.

Cet homme-là, en qui résidait mon seul espoir face à ma mère, m’a abandonné et au contraire en a rajouté dans l’horreur. Par exemple, « il n’a jamais été fâché avec son père », d’ailleurs si c’était le cas, il se « vengerait en le mettant en maison de retraite ». Pourquoi lui ai-je dit que j’aimerais qu’il se réconcilie avec lui, avant que Pépé ne disparaisse ? Peut-être simplement par gentillesse, pour lui éviter d’avoir des regrets, mais de quoi me suis-je mêlée ? Quand il en est au stade des « bons samaritains », parce qu’on est allés fêter le centenaire de Pépé, qu’on « organise des fêtes sans lui demander son avis, c’est quand même son père ! » Ah bon, il a un père dont il se préoccupe ? Comme il a osé me soutenir que l’autre, celle qui est ma soi-disant mère n’a jamais dit qu’elle ne voulait pas aller à l’enterrement de son petit-fils, elle l’a dit devant nous deux, il a même été étonné et lui avait dit « je croyais que tu ne pouvais pas ».

Il me ment comme elle me ment, avec la fameuse fausse lettre à MF, qui m’a fait espérer pour rien, elle ne risquait pas d’y répondre puisqu’elle ne lui avait pas envoyée.

Il assure n’avoir jamais eu la copie de cette lettre, que je lui ai remise en main propre. Non seulement ils ne m’aiment pas, mais ils n’ont aucun respect pour moi, encore moins pour ma souffrance, quelle souffrance, car « ils souffrent autant » ! Mais ils ne peuvent comprendre que N. soit effondrée… Comme si c’était impossible que la fille de ma marraine (qu’elle considère comme une étrangère), voire n’importe qui, soit atterré par le départ d’un jeune homme. Qu’ils osent encore le critiquer, c’est inconcevable et indécent.

Revenons au cauchemar de mes parents. Je ne dois pas oublier qu’ils m’ont menti : à propos de l’envoi de la fameuse lettre à Mf, de sa remise à Papy, de la vraie raison de l’absence de ma mère à l’enterrement, qu’elle nie maintenant avoir dit et qu’il conforte dans son mensonge. Comment peut-on être lâche à ce point ?

Qu’il m’a reproché de m’occuper de son père, sans son autorisation, qu’il s’entend bien avec lui, qu’il suffirait d’un mot de lui pour le coller en maison de « retraite », oubliant de préciser qu’ils gèrent l’argent de ce pauvre vieux, mais en ne lui apportent aucun soutien, aucune présence, qu’il a toujours vécu avec Mémée dans la crasse, que c’est une chance qu’une femme accepte de s’en occuper, que ce sont eux qui sont partis en province, alors il n’a qu’à en supporter les conséquences…C’est le monde à l’envers et c’est ignoble. J’espère que j’aurais la force de leur rappeler cela quand ils auront besoin de moi.

Je repense qu’ils avaient changé de numéro de téléphone et s’étaient fait mettre sur la liste rouge pour ne pas que Papou les joigne.

Je reconsidère, pour être allée hier porter des fleurs sur les tombes de S. qu’ils ont séparé mes grands-parents dans leur dernière demeure et qu’ils ont de justesse pérennisé la concession des grands-pères ! C’est la même totale absence d’émotion, de sensibilité face à l’âge et à la mort des êtres qui devraient leur être chers. Elle ne met jamais les pieds dans un cimetière, restant à la porte, faisant prendre des photos par mon père. Pourtant, elle se plaint en permanence de leur âge, qu’est ce que ce sera plus tard, s’ils sont vraiment immobilisés, car pour l’instant, rien ne les empêche de se faire plaisir, un restaurant, une séance de cinéma…Elle marche bien pour aller faire les courses… Mais, non, il est plus facile de rester assise derrière sa fenêtre en maudissant ceux qui ne viennent pas la (les) voir. Il ne faut surtout pas fêter un anniversaire, ça pourrait laisser filtrer quelques moments agréables, l‘âge en lui-même n’étant pas forcément drôle, mais au moins on a le plaisir (normalement) de se retrouver, de se faire ou de recevoir un petit cadeau.

Je me suis aussi rendue compte qu’ils n’étaient pas choqués par l’attitude de M.F. à mon égard, lui, nous plaçant à un même niveau de responsabilité, quand à sa tristesse de voir que ses 2 filles ne s’entendent pas. En tout cas, elle m’a bien précisé qu’ils n’allaient pas se fâcher avec M.F. pour moi !

Elle m’a assuré aussi que je serai responsable si elle devenait paralysée, que Papou et Nanou, mes chers grands-parents, devaient être bien tristes de voir ma méchanceté. Quel monstre, évoquer les seules personnes qui m’ont aimée (outre ma grand-mère paternelle) pour me coincer.

Ce n’est pas une mère, ce n’est pas un  père, ce sont des monstres, je dois faire avec cela, le reconnaître, en toute objectivité (je note la réaction stupéfaite et horrifiée des gens, médecins ou autres, quand je donne quelques exemples de leurs paroles), pour ne rien regretter, ne pas culpabiliser de ne pas aller les voir…Je ne leur dois rien, ils ne m’ont rien donné, en tout cas pas l’amour, ni la confiance en moi ni dans le monde.

Une petite dernière pour aujourd’hui, elle m’a à nouveau reproché, le 3 septembre, d’avoir « délogé » les grands-parents de mon père, qui occupaient la tombe de L’Hay, alors que comme le dit Mme G., on leur  a offert une bien meilleure sépulture, et que l’opération s’est faite dans les règles de déontologie et le plus grand respect, qu’ils n’ont même pas avec leurs aïeux directs (cf plus haut). Il y avait un moment qu’elle m’avait demandé (lors de l’énoncé du véritable motif de son absence à l’enterrement) pourquoi donc il avait fallu qu’on mette Grégo dans cette sépulture alors qu’il y en a d’autres ailleurs, familiales ou de dépendance géographique, je ne sais plus. Pourquoi ? Ca ne l’effleure même pas qu’on souhaite l’avoir le plus proche de nous, dans la ville où il a vécu la plus grand partie de sa vie, qu’on puisse aller lui rendre visite aisément, entretenir et fleurir sa tombe. Même sans aller jusqu’à notre visite quotidienne, un rapprochement me paraît relever d’une logique de base, mais non, pas pour elle. Mais qu’est-ce qui la touche, alors ? Rien, mon cancer, je l’avais bien mérité en me colorant les cheveux (dixit mon père alors que j’étais encore malade), pas le divorce de Grégo (elle l’avait bien dit, qu’il ne fallait pas qu’ils se marient)…

J’ai du mal à trouver des circonstances où elle, ils, m’auraient aidée, soutenue. D’ailleurs, c’est simple, je n’en trouve pas, pour ne pas dire qu’il n’y en a pas…

Le 1er décembre 2010

Les choses se décantent et apparaissent dans leur cruelle crudité. Ni mes parents ni ma sœur ne m’ont souhaité ma fête.

Il m’a échappé de dire à Patrice que toute ma vie j’attendrai d’avoir un signe d’amour de ce côté. C’est terriblement dur d’être ainsi abandonnée. Je me refuse à admettre que s’ils ne m’aiment pas, si je n’ai quasiment aucune amie, c’est que je ne vaux rien. Mais pourtant, force est d’y penser, bien que je ne me trouve pas responsable, par exemple, de la disparition de Françoise de ma vie. Pour une histoire de voiture, où je n’ai pas cherché à l’entuber, comment a-t-elle pu le croire, se laisser manipuler sans doute par son fils ? Me laissant, alors qu’elle connaît ma vie.

Comme je ne vois pas ce que j’ai fait de mal pour mériter ces abandons, je ne peux y remédier, je ne peux que supporter, sachant que la perte de Grégo est tellement lourde, ne s’atténue pas avec le temps, au contraire. Il est tellement présent, c’est comme s’il était encore là hier.

Je suis triste en pensant à mes parents qui vieillissent, que je ne reverrai probablement pas, mais d’un autre côté, sont-ils des parents ? Je repense aux mensonges éhontés de mon père pour sauver la face devant sa femme et qui n’est même pas revenu vers moi après. Je repense aux horreurs qu’ils m’ont dites  sur Grégo. Comment ont-ils pu en rajouter dans ma souffrance, qu’ils ne m’aident pas étant déjà inconcevable.

J’ai retrouvé une amie d’enfance sur un site internet, elle m’écrit avoir pensé me retrouver ainsi, elle pensait donc à moi, j’en suis retournée. Et ça me ramène à une époque où j’avais encore le choix, où j’ignorais l’horreur de ma vie, l’abandon par ma famille, la perte de Grégo, la maladie, l’absence de réussite, la petitesse de mon existence…Il n’y aura pas grand monde à mon enterrement et pourtant, je pense avoir été correcte et droite, n’avoir fait de mal à personne, dans le travail ou ailleurs. Et ce qui m’attend ?


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