Née sous Y, ou mon a-mère.

juillet 23rd, 2011

Chapitre 7 Recueil des pécadilles qui pourrissent une vie déjà si dure

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Chapitre 7 Recueil des pécadilles qui pourrissent une vie déjà si dure

Je commence un nouveau chapitre pour mettre noir sur blanc, et sortir de moi, les picotements, agacements, voire affliction que produisent la bêtise, la méchanceté ou le manque d’éducation des gens que je suis obligée de côtoyer.

Le premier qui me revient à l’esprit remonte en 2007 lorsque la banquière de Grégo, à qui nous venions rendre sa carte Gold, dont il était si fier, l’a jetée sans un mot et devant nous à la poubelle, dont elle a fait résonner le creux. Quel manque total de savoir-vivre devant des parents affligés ! Elle aurait pu attendre notre départ, mais non, elle a agi sans aucune réflexion, ni considération pour notre peine, comme un chien se pose pour faire ses besoins…

Il y a, et c’est ce qui a déclenché ce chapitre, les méchancetés induites dans certains messages de ma b.-m.. Par exemple hier alors que je lui adressais un message de soutien pour la fête de son mari décédé, alors que P. n’y avait même pas pensé et que je ne voulais pas en rajouter en lui rappelant la date, et bien la réponse « à tous » a été, « il doit apprécier que ses fils aient pensé à lui », merci pour moi.

Idem, quand j’ai pensé à l’inviter pour la remise de l’ordre du mérite de P., présence qu’il souhaitait sans vraiment en parler, et bien, elle s’est fait prier, venant bien pour lui faire plaisir, qu’il fallait qu’elle l’aime pour faire tous ces kms, lui scannant ses billets de train, parce qu’il voulait connaître les horaires, vu qu’elle nous demandait d’aller la chercher  à la gare, comme si on n’y aurait pas pensé seuls, et moi, illustre inconnue…Et bien, moi, je ne suis pas libre à son heure d’arriver, car entre-temps, avec ses tergiversations, je m’étais inscrite à une cérémonie du thé, dont je rêve depuis des années.

janvier 15th, 2011

Chapitre 6 La vie continue, mais pourquoi?

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Le 10 janvier 2011, j’ai relu toute mon histoire car M. m’a dit qu’elle avait
pris connaissance de mon blog…

En fait, je crois qu’elle n’a lu que le chapitre 4, sur lequel elle a mis un
commentaire, témoignant  que je dis la
vérité. Cela m’a fait bizarre, car j’avais l’impression de raconter les
aventures d’une autre, de me regarder passer depuis mon balcon. Mais non, c’est
bien moi qui ait vécu ces horreurs, qui n’ait plus de famille de sang, plus de
fils.

Le 14 janvier 2011, je suis allée voir un psychiatre, depuis le temps que l’expert
qui contrôle mon arrêt de travail me le conseille fortement. C’est une femme,
avec qui j’ai eu un bon contact. J’ai énormément parlé, de Grégo en premier,
puis de ma mère, du travail… Elle a sans le vouloir évoqué d’éventuels
petits-enfants et K. K. est vraiment un point sensible. J’aimerais la revoir,
mais après la lettre que je lui ai écrite et puis avec ce qu’elle a fait à
Grégo. Mais en revanche, je repense qu’elle est allée voir Grégo avec son père
ou son grand-père (informations sûres du gardien du cimetière). Comment la
retrouver, comment reprendre contact ?

D’autant que V. nous a un peu largués par des vœux de Jour de l’An par mail, en même
temps que pour Noël, après le colis que j’avais envoyé…J’en suis attristée,
parce qu’elle oublie Grégo et parce qu’elle était à ce titre une des mes
légataires principales.

S.D.A., subsidiaire, ne m’écrit plus non plus !

C’est fini, je refais mon testament qui favorisait des gens en qui j’avais mis ma confiance, mon espoir, mais pour qui je ne suis rien, je sais que je demande beaucoup, que je suis idéaliste, mais il me semble avoir beaucoup donné, j‘attendais de la reconnaissance, de la fidélité. Je vais essayer de ne plus rien attendre, mais je ne vais plus rien donner, essayer d’être imperméable aux mauvais comme aux gentils, car j’ai toujours été déçue. Ce n’est quand même pas insensé d’avoir espérer que K et v resteraient vraiment proches du souvenir de leur amour.

Elle vient de m’écrire :

Yahoo! Mail

Re : coucou

Mercredi 19 janvier 2011 10h51

De:”f.l.” <s.@..fr>

À:”c.t.” <c.@..fr>

« je constate avec regret que tes chers parents sont toujours aussi prévenants à ton égard… c’est désespérant… en tout cas, tu as bien raison de les ignorer et continue à t’occuper de ton Papy centenaire car c’est tout à ton honneur, j’ai parfois dû mal à comprendre la race humaine surtout comment une mère peut agir de la sorte avec son enfant qu’elle a porté et chéris durant toutes ces années.

Cela me ravis que tu ais un blog à toi pour garder tous ces beaux souvenirs de Votre Grégo la Comète, je ne savais pas qu’en plus d’être un peintre extra tu étais aussi écrivain, vigneron, et compoteuse  c’est merveilleux tout ses dons et j’oubliais la restauration des fauteuils. Pour moi tu es une super Femme!!! »

Et puis, le surlendemain, elle tente de s’inviter en Normandie (je la renvoie vite fait dans ses buts, comme quand elle voulait du parfum, mais pas du Yves  Rocher, quand même), et hier (le 22 janvier 2011) Cyril reprend contact, pour m’annoncer qu’il vient d’acheter un nouvel appartement (on n’a pas été conviés dans le premier), avec crèche au pied…, qu’il promène sa mère toutes les semaines au Parc…, la vie continue sans Grégo et moi je sois des miettes des autres.

C’est fini, je refais mon testament qui favorisait des gens en qui j’avais mis ma confiance, mon espoir, mais pour qui je ne suis rien, je sais que je demande beaucoup, que je suis idéaliste, mais il me semble avoir beaucoup donné, j‘attendais de la reconnaissance, de la fidélité. Je vais essayer de ne plus rien attendre, mais je ne vais plus rien donner, essayer d’être imperméable aux mauvais comme aux gentils, car j’ai toujours été déçue. Ce n’est quand même pas insensé d’avoir espérer que K et v resteraient vraiment proches du souvenir de leur amour.

En reprenant à tête plus calme ce 26 janvier, je vois que j’ai un peu exagéré samedi, F. est toujours proche, C. se propose aussi de témoigner …

Le 31 janvier 2011

Hier, nous avons été reçus par N. L., avec ses enfants, une découverte formidable. Nous avons vu ma pauvre marraine, toujours pimpante et élégante, en dépit d’une déformation de la bouche et de difficultés à marcher. Mais c’est tellement rassurant de la voir entourée des siens, les petits-enfants s’occupent aussi d’elle avec amour, la respectent. J’ai choisi mes héritiers de proximité, des choses qui me sont chères, car elles viennent de ma chère grand-mère de S.…

Le 19 février 2011

Je n’ai pas écrit depuis longtemps car ces derniers temps ont été destructeurs pour moi. Outre ce terrible anniversaire du 6 février qui a changé ma vie, la semaine horrible jusqu’au départ définitif de cette terre, où nous l’avions accueilli avec tout notre amour, un évènement terrible est arrivé le 13 février. La tombe de Grégo a été saccagée, les corbeilles de fleurs jetées à terre, les jardinières déplacées par de violents coups de pied, une tête de marteau retrouvée à proximité.

Les auteurs ont été immédiatement, hélas, identifiés dans mon esprit, et pas seulement dans le mien. Seuls des forcenés, des fous, des malades ont pu accomplir ou faire accomplir un acte aussi odieux, hors nature. Des bêtes, des gens qui me récompensaient de ma pseudo gentillesse par le dépôt de fleurs artificielles, certes, sur cette tombe, des gens qui venaient de m’interdire de fleurir les tombes de S., en représailles de mon audace dans l’affaire du grand-père. Des gens qui avaient essayé de m’atteindre aux plus chers de mes souvenirs, en m’accusant d’avoir abandonné mon grand-père de S., en m’accusant d’avoir sali cette famille, après m’avoir accusé d’avoir spolié et profité de celle d’Auvergne. Mais quand finiront-ils avec ce sordide ? Comment peuvent-ils être aussi mauvais, vouloir à tout prix me faire du mal ? Comment peuvent-ils se complaire dans cette horreur, ne pas chercher à sortir de cette impasse, tendre vers une rencontre d’explications. Non, surtout pas, ils jouissent de me considérer comme mauvaise, de me punir pour cela…Sans se poser de question sur leur responsabilité. Et mon père qui s’est prêté à cette mascarade, elle n’a pas pu agir seule, ma poufiasse de sœur ne pouvant normalement pas être en France au moment des faits, hors période de vacances scolaires en Suisse. Ces réflexions seront éditées sur le blog à la fin de l’enquête policière, car nous avons porté plainte. Cyril et Aurélien se sont précipités pour nous soutenir, adorables et patients, de vrais amis, toujours fidèles à Grégo.

Le 20 février 2011, cette fois la salope a gagné, je craque, après une embrouille de trop avec Patrice  hier. Je ne supporte plus rien d’agressif.

Je constate avec amertume que la seule personne qui devrait m’aimer sans condition, ma mère est celle qui me déteste le plus au monde. C’est quand même déstabilisant, tout ce venin qu’elle m’a craché, qui surgit du fond des années.

Que j’ai profité de mes grands-parents d’Auvergne « en passant à la caisse », que des voisins ont vu ! Formidable d’oser demander à des étrangers des comptes sur sa propre fille. Etaient-ils dans la maison avec nous si mes grands-parents m’avaient donné quoi que ce soit ? ou bien ceux-ci auraient-ils déballé les billets sur le pas de la porte au vu et au su de tous ? Peut-être ces voisins sympathiques ont-ils spécifiquement téléphoné à mes parents puisque ceux-ci n’ont pas mis les pieds à A. depuis des années ! Peut-être aussi ont-ils confondu à loisir les coffres pleins de détritus  que nous emmenions à la décharge pour débarrasser un peu Pépé de cette saleté fort peu hygiénique ? « C’est dégeulasse chez lui » aurait dit mon père (cf mail de ma mère), et alors, a-t-il essayé de nettoyer ou de faire nettoyer ? « Mme C. n’est pas une femme de ménage », m’a dit ma mère, certes, mais il en existe qui aurait pu faire ce travail, au lieu que je m’y colle. Les voisins ont-ils intercepté mes appels à la mairie pour faire enlever par la voirie ce dont nous avions rempli les poubelles ?

Et puis, cela aurait-il été choquant que mes anciens me fassent des cadeaux, étant la seule à venir les voir ? Non, mais le pire est qu’ils ne m’ont rien donné, j’aurais été malhonnête comme Les chacals le prétendent, j’aurais pu obtenir ce que je voulais, même la fameuse maison ! Mais ça ne me serait même pas venu à l’idée de profiter de vieux, que j’aimais et qui me le rendaient bien, surtout Mémée. C’est injuste et ça me fait mal, comme ce que je paye pour avoir tenté d’aider Pépé à faire valoir sa volonté. Madame C. m’a dit hier au téléphone qu’il était content maintenant d’être là, oublie-t-elle que c’est elle qui nous avait alertés sur la détresse de Pépé ? Et lui, qui veut à peine me parler au téléphone, qui est en pleine forme mais qui a dû subir un beau lavage de cerveau, c’est facile à son âge. Déjà qu’on lui avait bourré le crâne avec ma prétendue richesse ! Il est loin le temps où il me remerciait de  mon rôle auprès de lui, fin décembre et début janvier, se plaignant de l’absence de son fils, contre lequel j’ai eu l’élégance de ne jamais  dire quoi que ce soit de négatif. Je suis toujours dans cette situation d’avoir fait le bien et non seulement je n’en reçois aucune reconnaissance mais en plus je prends des coups à cause de ça, alors que ceux qui sont en tort, comme laisser un pauvre vieux dans la solitude s’en sortent avec les honneurs, pas un voisin ni la mairie ne dira un mot contre eux, mais accumulent des preuves ou des soutiens qu’ils ont pensé à sauvegarder, sachant qu’ils font le mal et auront besoin de se défendre. Mais mes visites actuelles, où ils savent pertinemment que Pépé n’a plus rien puisqu’ils l’ont dépossédé de tout, comment les expliquent-ils ? Eux qui gèrent avec plus ou moins d’honnêteté (comment savoir ?) l’argent de Pépé, en tout cas ma cousine Jacqueline pense qu’ils en profitent allègrement ! Mais l’important est que la tutelle considère leur gestion comme bonne, pas de recours  possible donc, tout est ok pour eux, malins comme ils sont.

Cette femme est diabolique, seule la mort me délivrera, la sienne ou la mienne…J’espère que pour une fois, la logique de l’âge parlera, d’autant qu’elle est soit disant malade, depuis le temps qu’on me bassine avec ça, excuse à tous ses vices, elle est coriace et tient le coup. J’aimerais pouvoir profiter de ma vie sans son joug. Et ma sœur qui prend fait et cause pour elle, sans avoir, sans chercher. Me faisant subir la honte de se renseigner pour savoir si mon père sortira en bon état de chez nous ! Je ne peux absolument rien faire, tout est joué d’avance, je suis la mauvaise et je le resterai, ça me tue. Car, en mon âme et conscience, je ne vois pas ce qui pourrait justifier l’ombre de tels soupçons. Je ne peux pas me battre pour rétablir la vérité, comme l’année dernière, innocente, je bagarrais avec mes parents pour leur faire entendre l’incongruité de l’attitude de Mf à mon égard, alors qu’ils sont à l’origine de cet état de fait.

J’ai envie de tout lâcher, plus de gentillesse, aller voir Pépé pour son anniversaire ? A quoi bon faire 1200 km, fatiguer M. Chat, qui seul compte vraiment pour moi,  pour constater qu’il ne s’en souviendra pas 1 heure plus tard, quand les autres lui auront fait la leçon, subir les regards du personnel à qui les chacals demanderont un rapport sur moi, ce que j’ai dit et fait…

A quoi bon organiser les 60 ans de P., comme je lui ais proposé, me donner du mal pour inviter des tas de gens, pourquoi faire ? pour quel reconnaissance, il n’est même pas sûr de vouloir les fêter, lui dit qu’il les a déjà, alors vraiment à quoi bon ?

Et toute cette mollesse autour de moi, ce manque d’empressement, cette indifférence, V. qui ne répond pas à mes questions, sur ses goûts notamment, alors que je pensais lui léguer nos voitures de collection, N. qui ne répond pas à mon invitation, M. qui m’ignore depuis que j’ai craqué la semaine dernière, lui parlant beaucoup trop, lui offrant ma vulnérabilité sur un plateau, les frères T. qui me font payer par leur indifférence mes prises de position courageuses par rapport à leur recherche de profit vis-à-vis de nous, sans parler de tous les autres plus tôt dans ma vie : K., F….

Seuls C., S. et A.  sembleraient être à mon écoute, ponctuellement, ils ont leur vie, mais peut-être sont-ils juste intéressés, surtout les 2 premiers ?

Le 22 février 2011, ma petite esthéticienne m’a donné de précieux conseils quant à K., dont je suis allée chercher des nouvelles dans le journal de sa ville, ma charmante mère m’ayant informée qu’elle était enceinte en 2010. Elle a eu une petite Camille le 18/08/2010. Joli prénom, de bon goût, j’espère qu’elle a pris du poids et que son joli corps s’est amoché. 2 enfants en 3 ans, pas mal, dire que Monique ne la voyait pas enceinte. J’espère qu’elle est surchargée, fofolle comme elle était, à se noyer dans un verre d’eau, mais elle était si jeune. J’espère que son mari se lassera d’elle, qu’un jour elle aura besoin de moi…Mais pourquoi continue-je à m’intéresser à elle ? G. me dit que cela ne me sert à rien, que ce sont les histoires de Grégory, la tromperie éventuelle et le reste. Que les enfants ont des secrets pour leurs parents, que je n’ai pas à tout savoir. Elle a raison, je me suis fait tellement de mal avec son divorce, à quoi bon poursuivre, il n’est plus là pour en souffrir, qu’est-ce que je vais chercher de plus, elle a tourné la page, quoi de plus normal, même si, comme je le disais à C., ça aurait été tellement beau et romantique qu’elle reste à jamais dans sa mémoire et ne refasse pas sa vie, comme l’a fait sa mère à lui, depuis son veuvage, alors que c‘est pourtant une belle femme. Ou comme V. qui le porte toujours dans son cœur et m’en parle avec amour.

P. a envoyé un mail à F., elle y a répondu de bonne façon, elle ne m’a pas oubliée, même si notre brouille est toujours d’actualité. J’ai pris la suite en lui envoyant mon accord pour une suite. J’aimerais bien que ça marche, car j’avais quand même confiance en elle et il y a des souvenirs qui ne s’effacent pas. Ca me rassurerait que nous soyons à nouveau amies.

Le 27 février 2011, je continue à voir la psychiatre, après avoir failli la lâcher car j’ai eu l’impression qu’elle ne comprenait rien à la gravité de mes rapports avec mes parents, me conseillant d’aller les voir, les torts n’étant pas toujours du côté de l’autre, disait-elle. Mais, j’ai été tellement mal lors de l’accident de la Porsche que j’ai décidé de refaire une tentative. Fort bien m’en a pris, car elle a été plus compréhensive, mais également il sera possible de la consulter en dehors de la MGEN, car elle en a démissionné. Elle s’appelle aussi Catherine. Elle est d’accord pour que je lui apporte  les mails d’horreur préparant, à mon avis, l’exaction du 13. Elle constate la permanence du conflit entre lignées familiales, maternelle et paternelle, apparu par exemple lors de la séparation de ses parents dans leur dernière demeure, due à sa seule volonté de faire le mal, de ne pas laisser même la mort renouer des liens sacrés.

Fatiguée par une bonne soirée chez des relations TH, pensant beaucoup à Grégo, à nos relations, nos divergences, le manque terrible qui ne se refermera jamais, j’ai réalisé d’un coup qu’une mère normale pardonne, n’enlève jamais son amour à son enfant, quoiqu’il ait fait. Et elle, alors que je ne lui ai rien fait de mal, hormis à ses yeux, déformés par la jalousie, la haine, elle me punit de la façon la pire qui soit. On n’en est plus à son indifférence, à ses manigances sordides, on en est à un crime, crime contre la base de la vie, l’amour maternel.

L’exaction du 13 est impardonnable car contre nature, de la même trempe.

Je reprends ce 31 mars 2011, pour mettre par écrit les pensées qui me viennent à la suite de notre visite à Pépé pour ses 104 ans le 26 mars.

Nous y avons appris que mes chers géniteurs doivent venir le 29 (depuis mai 2008, ça commençait à ne pas faire sérieux pour des tuteurs !), de peur de nous rencontrer sans doute, sinon pourquoi différer à 2 jours la fête de l’anniversaire. Ils sont encore là aujourd’hui, lui ont apporté son poste de radio, mais il n’a pas encore le téléphone. Quand l’infirmière me l’a passé en lui annonçant sa petite fille, il a tout de suite dit « Catherine », l’autre n’étant pas venue depuis 1998, comme l’atteste les photos mettant en scène sa famille (!) sur le mur face à son lit dans sa chambre de moyen séjour, qu’il a quittée le 30 mars pour le long séjour, ce que voulait éviter sa fidèle Mme D. sous peine de signaler son cas à SOS maltraitance des seniors !Plus personne ne bouge, ils ont tout verrouillé. Sois disant qu’il est en attente pour la maison d’A.. Enfin, le peu que je sais vient des infirmières, charmantes, qui n’avaient pas reçu d’ordre à mon encontre, apparemment.

J’avais assez peur de cette visite, mon attachement et mon aide à Pépé m’ayant coûté si cher, pour si peu de reconnaissance, eh bien, cela  s’est bien passé, bien mieux qu’envisagé : le soir du 25, passée à 19h50 alors qu’il sommeillait, il m’a tout de suite reconnue, s’inquiétant d’où j’allais dormir. Le lendemain, alors qu’il dégustait le gâteau qu’on lui avait apporté, il s’enquerrait de notre propre repas. Il est apprécié des infirmières, s’est résigné à être placé, bien qu’il préférerait aller chez lui, il a eu l’air de bien admettre que sa sécurité était mieux assurée ici, j’ai joué le jeu pour lui, même si je n’en pense toujours pas moins. Ma conne de sœur, au lieu de lui faire parvenir des photos de ses filles, qu’il n’a jamais vues, habillées en Burberry, ferait mieux de débloquer quelques miettes de sa fortune pour faire aménager sa maison et lui offrir une garde. P. aurait été partant pour faire lui-même les travaux si chacun avait mis du sien, comme dans une famille normale, telle les L..

Le 1er avril 2011, je n’ai pas le goût à faire un poisson, car je mesure ma solitude à l’aune du silence de S., de F., de V., de C., tous bien gentils, mais ponctuellement. Personne n’est vraiment proche. Il me manque tellement, je suis si seule. P. est mon alter ego, on est 2 pauvres faibles, crédules et gentils, pas complémentaires mais identiques, encore rapprochés par notre souffrance commune.

Toutes ces nouveautés que Grégory ne va pas connaître, tout ce qu’il a laissé en suspens, j’aurais voulu que le monde s’arrête, que ses proches ne pensent qu’à lui, que K. et V. portent le deuil à jamais, que C. casse la figure du nouveau mari de K. et lui fasse la leçon…

Je suis tellement déçue, par tous, déjà tellement affaiblie par la monstruosité de mes parents. Cette nuit, j’ai rêvé que ma mère revenait vers moi, elle apparaissait, éblouissante, au pied d’un escalier en colimaçon en haut duquel je me trouvais. Je lui ai dit qu’elle était belle, j’étais bien, sereine, elle a posé ses bagages au pied de l’escalier, empêchant partiellement l’eau sale qui s’écoulait de s’évacuer. Un tel rêve ne pourra jamais se réaliser, la saleté émanant de sa personne réelle ne disparaitra jamais, elle m’a marquée à vie. Je réalise même combien elle jubile maintenant de m’avoir ôtée de sa vie, car j’ai osé faire un geste de rébellion contre sa mainmise à la fois sur moi et sur Pépé. Jamais elle ne m’a aimée, n’a supporté ma personnalité, qu’elle a essayé d’écraser par tous les bouts, enregistrant tous mes faits et gestes pour m’en faire le reproche, immédiat ou futur, chaque occasion m’enfonçant un peu plus dans sa haine, que je pensais n’être que l’indifférence. Jamais elle n’a cherché à me comprendre, à admettre que des différences entre nous ne la mettaient pas en péril, que l’amour d’une mère doit tout pardonner, si tant est qu’il y ait eu à pardonner.

Je vais refaire mon testament, où je les avais tous favorisé, refaire ce document est le seul pouvoir que j’ai. Je constate que notre aisance est toute relative, avec la faible retraite que va toucher patrice, l’argent qu’on a de côté ? De quoi acheter 3 voitures de luxe, toute une vie de travail et il y en a qui sont si riches, parce qu’ils ont écrasé les autres ou hérité, dans les 2 cas, je n’ai aucune chance. Ma teigne de sœur par exemple, dénuée de tout sentiment, qui se permet de donner des leçons, a tout et ne le mérite pas, alors que mon pauvre petit a tout perdu, l’amour de sa vie puis sa vie et que je ne m’en remettrai jamais.

Le 8 avril 2011, à F.

Je pense à ma mère, je me demande pourquoi une telle absence d’amour pour moi. Quelle est ma faute originelle pour recevoir tant de haine ? Je repensais à l’une de ses piques, Catherine la supérieure. Serait- ce parce que son père m’aimait (plus qu’elle ne pense qu’il l’a aimée ?) que j’ai été heureuse de vivre chez ses parents ? Comment une mère peut-elle être jalouse de son enfant ? Et cette préférence pour MF, qui elle n’a pas connu ses grands-parents maternels. Leur refus ancien de venir à F. alors qu’ils allaient à G.… J’essaie toujours de comprendre, de rationaliser une chose si atroce : ne pas être aimée par sa mère, voire ses parents, qu’ils se complaisent dans notre brouille définitive, qu’ils ne cherchent pas à arranger les choses, comment admettre l’intolérable, le contre nature ?

Le 9 avril, j’ai enfin pu joindre l’assistante sociale et la surveillante de l’hôpital de Pépé. 2 personnes certainement professionnellement efficaces mais manquant d’humanité. Il est vrai qu’il est difficile pour elles de comprendre la situation réelle de Pépé et la dictature de mes pseudo parents. Il s’avère bien qu’ils n’ont pas demandé même un poste téléphonique pour lui (gratuit), sans même aller chercher d’avoir pris un forfait pour qu’il puisse faire appeler. Et de plus, il serait bien probable qu’ils le laissent  finir dans ce mouroir sans persister dans la demande (hypothétique d’ailleurs) de maison de retraite à A.. Ils ont très bien joué, manipulé tout le monde, comme à leur habitude, aboutissant à leur objectif initial, larguer le vieux sans frais, sans se préoccuper de son opinion ou de son bien-être. Et je ne peux rien faire, ils sauvent les apparences, la surveillante m’a dit qu’ils étaient venus le voir, bien joué, première visite depuis 3 ans, absences à Noël, anniversaires…! Mais qui le sait ? Et qui s’en préoccupe ? Personne. C’est scandaleux et me dégoûte.

J’ai rêvé la nuit dernière que j’avais un rv avec ma « mère « , mais alors que j’étais déjà sur place, elle me fait dire qu’elle m’attend à Courchevel (clin d’œil à la Suisse dans mon inconscient), et que je fais ma mauvaise tête en refusant de lui obéir. Ca y est, je suis en train d’admettre au fond de moi son abjection, j’espère qu’elle le paiera un jour, vraiment.

Ce  12 avril 2010, je viens d’apprendre que l’a-mère avait annulé la demande d’admission de mon grand-père en maison de retraite à A. (par téléphone du 1er avril 2011, donc au moment de  leur visite sur place à compter du 29 mars. Elle a mis un point final au pseudo projet échafaudé en janvier pour clore le bec aux « amies »  de Pépé qui n’appréciaient pas qu’il soit placé en mouroir à A.. Et bien, c’est fait, il y est. Elle l’a même fait signer qu’il se trouvait bien à l’hôpital, au cas où j’irais plus loin pour contrecarrer ses immondes projets. Mais avec l’absence totale de sens humain du juge des tutelles, que puis-je faire ? Pour l’instant, je me bats pour que ses lunettes soient changées, la consultation que j’avais obtenue depuis 2 mois et demi par l’intermédiaire du médecin de moyen séjour a bien eu lieu hier. Reste à passer à la pratique : changement ds verres et de la monture…

Pauvre Pépé que j’ai prévenu avant la consultation pour ne pas qu’il s’inquiète d’où on l’emmenait, comment et qui le ramènerait, il  avait peur de ne pas pouvoir payer, n’ayant aucun argent  en poche. Ils ne lui ont même pas dit, d’une part qu’il disposait d’opulentes économies et d’autre part, ne lui ont concéder aucun argent de poche. Je pense que pour l’appareil auditif dont il aurait bien besoin car il entend de moins en moins au téléphone, seul lien qu’il a  avec moi, la juge m’avait répondu qu’il n’en voulait pas ! Evidemment, il a peur que ça coûte à son immonde fils qui lui laisse croire que c’est lui qui paie pour lui, alors qu’il gère SON argent. Quand je pense que c’est moi qui aie dû acheter des produits vétérinaires pour soulager son chat de la gale…

Ce 15 avril 2011, je constate que j’ai encore passé une bonne partie de la nuit à penser à mon pauvre grand-père, en train de partir, si seul, dans les hurlements des vieux qui perdent la tête près de lui, lui qui la garde si bien, qui est si lucide. Ignorant, car je ne lui ai jamais dit , pour le protéger, lui, et mon infâme père, que son placement contre sa volonté est régie par son fils unique. Ce fils qu’il aime, à cent lieux d’imaginer la haine dont il fait l’objet. Qui ne connaît pas le pardon, même s’il n’a pas eu un père modèle, il a déjà eu une mère aimante, ce qui n’est pas le cas de tout le monde ! Mon pauvre Pépé prend sa peine avec philosophie, il en a vu d’autres avec les allemands pendant la guerre…

Je réalise aussi que la tutelle, organisée en catimini, n’avait pas pour objectif de le protéger lui, mais plutôt eux, des fois que Pépé ne dilapide son propre argent, gagné en plus 70 ans de travail. Ils n’en n’ont rein à cirer de sa sécurité et de son bien-être, vu l’état de délabrement de manque de confort de la maison, je pense au chauffe-eau menaçant d’exploser, non cela n’était pas un problème, les toilettes au rez-de-chaussée non plus : assassins…

Aujourd’hui, c’est Pâques (24 avril 2011) et je pense à toutes ces mascarades religieuses de résurrection, mon petit est parti à jamais, je ne peux qu’espérer que ce départ précipité était le mieux pour lui et qu’il est heureux maintenant, mais rien n’est moins sûr, s’il n’y a rien après. Je pense aussi à mon pauvre Pépé abandonné dans ce mouroir, qui ne peut même pas aller prendre l’air alors qu’il fait si beau. Je constate que son séjour prolongé à l’hôpital lui a déjà occasionné une phlébite, en mars, car il ne marche quasiment pas, le personnel n’ayant pas le temps de s’en occuper individuellement et quand j’ai parlé d’un kiné !! Alors que chez lui, il vaquait tranquillement, donnant à manger à son chat, descendant dans sa boutique voir ses tableaux, les passants…

Lundi 2 mai 2011, je l’ai appelé, il ne savait pas très bien s’il avait reçu mon bouquet de muguet (Interflora), un peu perdu, disant qu’il est bien ici, que la soupe est bonne mais qu’« on serait mieux dans sa maison », mon pauvre Pépé, ça me fait tellement de mal d’entendre cela. Les autres, ses bourreaux, s’en moquent, ce n’est pas sa santé ni sa propre immobilité, toute relative qui l’empêchent de retourner chez lui, mais la vétusté de sa maison, qu’ils ne veulent pas changer.

Ce 3 mai, renseignements pris auprès de l’opticien et de l’hôpital, aucune suite n’a encore été donnée au devis des lunettes, comme je m’y attendais. Le ventre noué, j’ai donc appelé la juge des Tutelles, m’attendant à un renvoi immédiat dans mes buts. Et bien, excellente surprise, elle s’est intéressée à ma demande, me disant qu’elle est allée le voir avant qu’il ne change de service (d’où explication de la visite sur place des chacals le 29 mars), qu’elle ne pouvait savoir pour les lunettes si je ne lui avais pas appris. Elle se propose d’envoyer un mail de rappel au tuteur (qui doit espérer le pourrissement de l’affaire, ça c’est moi qui le pense) et me tenir informée par la même voie, ayant suggéré (donc m’ayant tacitement autorisée à intervenir, au contraire des termes de sa lettre de janvier) de relancer moi-même l’opticien. Je n’en reviens pas du retournement d’attitude, aurait-elle compris certaines choses en voyant les chacals ?

J’ai repris contact par mail avec la juge le 23 mai 2011 et là, patatras ! D’une part, elle m’informe que Pépé se plaît bien au mouroir et d’autre part, elle me renvoie vers l’hôpital pour la question des lunettes qui est résolue. Très étonnée, j’appelle l’hôpital et je tombe sur l’infirmière chef si sympathique. Elle m’indique Pépé a ses lunettes sur le nez, qu’elle est allée chez un autre opticien qui lui a changé la monture gratuitement, l’autre exagérant sur le prix et qu’il n’a pas besoin de verres neufs ! Je faillis tomber à la renverse devant tant d’audace, que je ne lui imagine pas personnelle. Je l’asticote jusqu’à savoir qu’elle n’est pas à l’initiative d’une telle horreur, évidemment non et elle en a assez de nos problèmes familiaux, le tuteur lui parle de moi, moi de lui…Que Pépé a été très perturbé par sa visite chez l’ophtalmo (donc sous-entendu à cause de moi), qu’il était inquiet de ne pouvoir payer. Que son séjour coûte déjà 45 euros par jour, donc 1500 euros par mois, ça va vite, quand je lui indique que Pépé n’est pas indigent et qu’il avait 30 000 euros sur son compte en 2008.

Je stoppe le requiem, au bord des larmes de colère, la salope a encore gagné, 3 mois d’attente pour en arriver là et la connasse de juge qui pense que tout est normal. C’est une honte et je suis impuissante, jusqu’à pépé qui ne va pas dans le sens de son propre intérêt. Je suis épuisée, dégoûtée. J’espère seulement qu’ils paieront, les salauds pour les horreurs qu’ils font en toute conscience à Pépé et à moi.

Et puis, dans un autre registre, j’ai vu Sylvie Vartan le 24 mai, de très près, je l’ai photographiée, je lui ai demandé un autographe, elle m’a parlé, j’ai été bouleversée. Elle existe vraiment, ce rêve de ma jeunesse, mon exemple, ma survie à la mort de ma grand-mère. Sa fille adoptive s’accroche à son bras, elle baisse la tête, elle est fermée, distante, pas un sourire, elle occupe ma place. Sylvie ne me connaît pas, je l’ai importunée en la photographiant  à la sortie des Invalides alors qu’elle rejoignait sa voiture, elle m’a accordé un autographe en espérant que ce serait le dernier, qu’elle pourrait se dégager, rejoindre le cocktail qui devait l’attendre. Je ne suis rien pour elle, évidemment, qu’espérais-je, moi qui la suit depuis des dizaines d‘années…J’ai tellement envie de pleurer devant ma vie gâchée, alors qu’elle a tout, les relations, l’argent, l’amour de sa famille, de son public…Sa fille démarre avec tellement, alors qu’elle est partie d’encore plus bas que moi, vraiment abandonnée, elle.

Le 30 mai 2011

Quelle tristesse de penser cela, je souffre tellement de solitude que, par moments, je suis tentée de reprendre le traitement contre la dépression, mais je tiens le coup. Hier, fête des mères, je n’ai pensé qu’en soirée que j’avais une mère. Je n’ai pensé qu’à lui, et en rentrant de l’exposition de voitures où on a essayé de se changer les idées, un tableau était tombé, pourtant en place depuis des années, signe qu’il m’envoie ? Ce n’est pas possible que tout se soit arrêté pour lui, quand on voit les monstres et les imbéciles qui vivent, notamment mes cons de « parents », ces monstres absolus, avec ma « sœur », comment peut-on être aussi durs, mauvais et froids, jamais je ne pardonnerai, je leur souhaite le pire, ils me font trop de mal avec leur indifférence et leur méchanceté.

Personne, à part Monique, n’a eu une pensée envers moi, ni V., ni F., ni C., ni F. (mais elle ne fête rien), parmi les potentiels, les autres ne me laissant aucun espoir (belles-sœurs ou beaux-frères…). P. regrettait avant-hier de n’avoir jamais été fêté pour ses départs de service ou d’armée, et pourtant, lui est très sympa avec les gens. Ce n’est donc pas ma hauteur présumée qui est responsable du silence des autres en des circonstances où j’aurais tellement besoin d’un simple mot d’amitié. Quel égoïsme et moi qui pense à eux pour ma succession, ça va finir que tout ira à ma presque famille de B.-l-R..

Je n’arrive toujours pas à assimiler que mon fils a disparu à jamais, que le bonheur que nous avions lors de son mariage, par exemple, il y a 8 ans, n’a plus aucun avenir. Parfois, j’ai envie de tout balancer, de ne plus vivre dans ses reliques, meubles, bibelots, vaisselle, de refaire complètement sa chambre…

Je n’arrive pas non plus à réaliser, bien que cette disparition m’y confronte fortement, que je vais disparaître aussi, laisser toute la beauté  que j’ai mise en place (maisons, jardins…), pour aller on ne sait où. J’ai terriblement peur et je panique  à l’idée qu’il n’y ait pas d’échappatoire, pas par peur de payer pour mes fautes, je me sens assez bien de ce côté-là, je n’ai jamais pu être mauvaise.

Le 23 juin 2011, je suis attendrie par l’absence de sanction de Clarins que j’ai truandée par omission pour Grégory. J’ai toujours été tellement punie même pour pas grand-chose, sans aucune chance de pardon dans ma jeunesse que je n’en reviens pas. Voilà pourquoi je suis si dure et intransigeante avec les gens, pour moi, on n’a jamais laissé rien passé.

Nous sommes le 23 juillet 2011 et nous revenons d’Auvergne voir Pépé qui avait le blues.

Il est tout maigre, frêle comme un oiseau, mais avec une tête cent pour cent opérationnelle. Il nous reconnaît parfaitement, plaisante, se souvient des bons moments de sa vie (il parle moins de la guerre), des vacances  à Nice, dans la Drôme, quand il se levait  à 6 heures pour aller peindre.

Il me dit que je rajeunis, il a dit à P. qu’il a une femme formidable.

Assis bien droit sur son pauvre fauteuil d’hôpital, il semble ne pas entendre les hurlements et gémissements émanant des chambres d’à côté, puisque ses bourreaux le font cohabiter avec des Azheimer, puis parfois, tel un empereur sur son trône, commente les bruits en disant qu’ils ont dû boire, s’accompagnant de gestes explicites !

Il ne se plaint pas, mais voudrait un revolver pour en finir. «Ce n’est pas la vue s’en va, c’est la vie ». Il se demande à peine s’il ne va pas resté ici jusqu’à la fin, ajoutant qu’ils parlent de le mettre dans une maison de vieux, qu’il serait bien dans sa maison, avec son chat.

J’en ai le cœur serré, de savoir que son tourment vient de son fils, qu’il appelle « mon gamin », en racontant des souvenirs inédits pour moi, quand il l’emmenait en barque sur la Seine et qu’il avait peur. Ne jamais lui dire que cet enfant qu’il a aimé et qu’il aime toujours ne lève pas le petit doigt pour le faire échapper aux griffes de sa femme, qu’il m’a lynchée pour avoir osé lui tenir tête au profit de Pépé. Ne jamais lui dire l’horreur, lui laissé l’idée jusqu’au bout qu’il a un fils normal. Le pauvre, il ne se rend pas compte que celui-ci pourrait soulager sa terrible solitude. Même s’il constate que « ce n’est pas Roger qui aurait ta patience », quand on le bichonne pour aller boire un chocolat chaud au « bistrot ».

La dame que nous avions recrutée continue à aller le voir tous les samedis, lui apporte parfois son chat dans un panier, qu’il caresse et que celui-ci reconnaît (c’est aussi elle qui lui a cousu tout son trousseau, les monstres ont de la chance, j’espère qu’ils la paient), quelle chance pour lui, un jeune homme à qui il donnait des leçons de peinture lui est fidèle aussi, fait son portrait, lui imprime des photos, une autre vieille dame lui rend aussi visite, mais comme il nous a été dit « il réclame sa famille ». Sa famille, ce n’est que nous, les autres sont comme ceux qui abandonnent les animaux pendant les vacances. Pépé dit « j’espère que tu trouveras quelqu’un d’aussi gentil si tu te trouves dans la même situation que moi plus tard », « je n’oublierai pas ce que tu fais pour moi »…Il est tellement digne, ennuyé de ne plus maîtriser son corps.

Je viens de l’appeler, il me dit qu’il est bien seul, que personne n’est venu le voir, (il est toujours dans son lit à 10h15), de lui passer un coup de fil de temps en temps, me remercie, l’infirmière arrive pour le lever et la toilette…

Message de soutien de ma belle-mère quant à la monstruosité de mes parents.

De M. T. <m.t@orange.fr>
À : c. t <c@yahoo.fr>
Envoyé le : Ven 22 juillet 2011, 12h 49min 24s
Objet : re: Pépé
Tu ne m’embêtes pas au contraire je suis heureuse de te rendre service, car parler soulage très souvent et tu sais que je suis toujours disponible.
Pour ton père tu ne peux pas savoir se qu’il pense, il faut seulement te dire qu’il n’est pas libre ou plutot n’a jamais eu le courage de se libérer.
Pour la dépendance ça guette beaucoup de personnes. J’y pense souvent c’est pourquoi je ne suis pas contre d’aller dans un établissement prévu pour celà
Ecris encore je suis là
Bisous

janvier 4th, 2011

chapitre 5 Ma vipère de soeur

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Chapitre 5 Ma vipère de sœur

Voici la lettre que je pensais annexer à mon testament, espérant convaincre, post mortem, ma sœur de l’erreur qu’elle a faite en m’abandonnant tragiquement après le décès de mon fils. Mais sa réaction lors de l’affaire de Pépé m’enlève tout espoir de lui faire entendre raison, de l’arracher à l’emprise de « notre mère ». M.-F. Y. est un monstre, comme “l’a-mère”, m’ignorant pendant des années et ne sortant de son silence que pour m’injurier et me menacer alors que je tente de m’opposer à nos “parents” dans leur abandon terrible de notre grand-père de 103 ans. Elle a cru bon également de préciser que nous devrions “en finir avec le décès de Grégory”, avoir les pieds sur terre pour admettre que Pépé ne reviendra jamais chez lui -comme il le souhaite- (elle n’a pas  vu depuis 1998, mais elle sait ce qui est bon pour lui !) et cesser d’importuner « nos parents », sans quoi elle viendra nous casser la figure ! Je n’espère donc plus rien d’elle, son abomination étant totalement inhumaine.

Cette lettre est destinée à ma sœur, M.-F. Y. (.. avenue de. .. à F. ..). Elle la recevra lorsque j’aurai quitté cette terre, ce qui, je pense, ne l’émouvra pas trop.

En effet, ce n’est pas à une âme sœur que je m’adresse, mais à une étrangère qui n’est de ma famille que sur l’état-civil.

Sinon, comment aurait-elle pu me laisser totalement tomber alors que j’avais perdu mon fils unique et qu’elle-même venait d’avoir la joie de donner naissance à une seconde petite fille, que je n’ai d’ailleurs jamais vue ?

Comment n’a-t-elle pas envisagé quelle consolation cela aurait été pour moi de cajoler mes deux petites nièces, ou tout au moins de les voir ? « Par amour ou par pitié », comme le dit la chanson, et bien, elle n’a même pas été capable de pitié.

Quelle revanche a-t-elle eu besoin d’avoir sur moi, sur nous? Quel secret cachait-elle ? Comment a-t-elle pu être sourde à ma détresse, ne reprenant contact que pour me réprimander ? Comment a-t-elle pu vivre dans l’égoïsme d’une situation financière aisée mais due à un autre, sans même voir la misère du monde ?

Etions-nous le prix de son confort, face à ce concubin ex trader, froid comme la pierre, pour qui l’argent est le seul bien qui valorise les relations humaines ? Qui n’était aimable que lorsqu’il profitait de nos invitations.

Ces questions, je me les suis posées maintes fois, surtout dans des moments particulièrement difficiles tels que la fête des mères, les anniversaires de mon fils, les commémorations de son décès, les fêtes de Nöel…, mais sans pouvoir trouver de justifications à une attitude aussi innommable. Elle n’y pensait sans doute même pas, elle qui n’a jamais déposé ni envoyé une fleur sur la tombe de son unique neveu et filleul, mort à 27 ans.

Seul l’argent te parle, et bien, je me réjouis à l’idée de ne rien te laisser de ma fortune, acquise par le travail, car, bien qu’ayant évidemment les mêmes origines modestes que toi, je n’ai jamais trahi les miens, ni troqué ma fierté ni ma dignité pour de l’argent et tout ce que j’ai, je l’ai gagné sans aucune compromission, avec mon époux, que tu méprisais tant, dans l’objectif de le transmettre à notre fils chéri.

Comme il n’est malheureusement plus là, je favoris, ses fidèles amis, qui nous ont tellement soutenus depuis son décès (sentiment qui t’est inconnu), ma famille de cœur, mes filleuls asiatiques, qui luttent avec rigueur et courage pour survivre  et de pauvres vieux abandonnés (mondes qui t’indiffèrent).

Les seules circonstances atténuantes que je pourrais te trouver se fondent sur ton entière soumission à notre mère, qui n’a eu de cesse de nous opposer, mais contrairement à toi, j’avais fait depuis longtemps la part des choses. Sache qu’elle ne t’a pas plus aimée que moi, car elle n’aime personne, que si j’avais comme toi, donné suite aux horreurs qu’elle m’a dites à ton sujet, tu aurais souffert comme je souffre. Sache  notamment que j’ai arrêté sa démarche le jour où elle voulait impliquer ta fille Alexandrine, alors âgée de 6 ans, dans nos différents (à l’origine desquels elle est sans doute, puisque rien d’autre ne peut les expliquer), sache aussi qu’elle a toujours tramé de sordides complots en mentant à notre  père, qu’elle l’a manipulé contre sa propre famille, dont son père, même lorsque ce dernier était à l’article de la mort, et à sa mère à qui elle a fait « jeter des sorts » (j’ai vu la lettre qui l’accablait), qu’elle t’a fait suivre, comme elle l’avait fait pour moi, qu’elle a diligenté une enquête sur les origines du père de tes enfants, que je l’ai arrêtée quand elle voulait t’en annoncer le résultat alors que tu étais enceinte et, parmi ses infâmes manigances, qu’elle n’a pas assisté aux obsèques de Grégory pour le punir de ne pas avoir été  longtemps dupe de ses comédies et bien sûr, pour me faire encore un peu plus de mal, ne m’apportant aucun secours ni pour traverser cette terrible épreuve, ni quand j’ai souffert d’un cancer. Sache aussi qu’elle fait saccager sa tombe le 13 février 2011…Quoi de pire ?

Peut-être t’a-t-elle raconté d’horribles mensonges sur moi, que tu as cru, grande bécasse, pour me refuser ainsi ton amitié, me piétiner dans la souffrance extrême où je me  trouvais, sans même me laisser m’exprimer.

Sache aussi que j’ai définitivement rompu toute relation avec cette personne, le 3 septembre 2010, car ce jour-là, elle a dépassé les bornes du harcèlement moral qu’elle m’a toujours fait subir (en utilisant sa « maladie » comme un bouclier, alors qu’elle n’est qu’un boomerang, personne d’autre qu’elle n’en étant responsable, contrairement à ce qu’elle assène à tout va), s’attaquant une fois de trop à mon fils mort et en me faisant du mal comme personne ne l’avait jamais fait, même des étrangers,  même toi avec ton indifférence inhumaine.

Ta seule action positive envers moi a été de me trouver un bon hôpital pour soigner mon cancer, peut-être as-tu eu quelques remords de me voir mourir sans avoir pu un peu te racheter…

Heureusement, par rapport à toi, j’ai eu la chance d’être surtout élevée par mes grands-parents et tu comprendras que lorsque ma grand-mère est partie, j’ai perdu ma vraie mère de cœur, celle qui m’a donné son amour, sa grandeur, son élégance et qui m’a permis de rester forte face à l’adversité, sans chercher à abîmer les autres.

Voilà, je souhaitais éclairer ta lanterne, puisque tu ne m’as jamais écoutée de mon vivant, tu sauras quand même, mais je ne serai plus là. J’espère que cela t’aidera à grandir, dans tous les sens du terme…Ce blog rendra publique ton infamie.

J’aurais sincèrement aimé léguer tous mes biens à tes filles, cela aurait coulé de source dans une famille « normale», afin qu’elles sachent que l’esprit de famille, que leur mère a tant bafoué, existe et qu’elles en possèdent les clefs, mais je ne les connais pas et je ne peux leur transmettre ce dont elles risquent de ne pas être dignes.

Je pars en paix, car j’ai la conscience claire, je ne te maudis même pas,
(même si je souhaite du plus profond de moi que tu connaisses  solitude et misère, juste pour ressentir quelque chose d’humain), je regrette seulement que tu aies été ma sœur.

Fait à F., le 12 avril 2011.  

                                                                                       C. T.

En relisant ce projet de lettre, le 4 février 2011, je me dis que la situation est bien pire actuellement que cet été. La hyène a trouvé encore plus horrible que ce qu’elle avait fait jusqu’alors. Elle s’est vraiment lâchée, crachant sa haine de Pépé, de moi. Comment un être humain peut-il se comporter de  la sorte, devant un vieillard et sa propre fille qui a perdu son enfant ? Et comment ma « sœur » peut-elle défendre cette attitude, sans même chercher à avoir ma propre version. Comment une fille intelligente comme elle peut-elle gober les mensonges, les horreurs qu’elle dit sur moi et ce, sûrement depuis des années, ce qui expliquerait sa froide indifférence à mon égard ? Comment peut-elle se contenter d’une version monstrueuse sans chercher à s’assurer qu’il est réellement possible que je sois aussi mauvaise que « notre mère » le prétend ? Et au pire, si cela était vrai, comment ne pas chercher à savoir pourquoi?  Cette femme prend du plaisir à faire  battre ses 2 filles, comment est-ce possible ? Il est vrai qu’elle se roule aussi dans l’abjection de refuser des soins à un vieillard, de s’opposer à ses dernières volontés, et également de faire du mal à travers ceux qu’il aime à mon père. Comment lui et ma sœur n’ouvrent-ils pas les yeux ? Certes, elle est malade, mais de paranoïa, enfin de troubles mentaux et pas seulement physiques, qu’elle se crée d’ailleurs toute seule, à force d’énervements et de méchanceté à l’intérieur d’elle-même. Comment acceptent-ils qu’elle nous sépare, qu’elle me crucifie ? Rien ne peut leur ouvrir les yeux, puisqu’ils se refusent à m’écouter.

Dire que tu étais une enfant que j’ai aimée et cherché à protéger dès ton premier jour. Tant que j’ai habité avec vous, je suis intervenue le plus que j’ai pu pour éviter qu’ils ne t’imposent  ce qu’ils m’avaient infligé. Tu étais si moche, coiffée au bol, affublée d’une immonde paire de lunettes, que j’ai essayé de te faire troquer contre des lentilles, mais notre chère génitrice s’y est opposée, ça t’aurait embellie quelle horreur. Tu as dû bien souffrir aussi car tu as dû être suivie par un psychothérapeute étant encore enfant. Elle a cassé, comme pour moi,  ta première histoire d’amour, avec un homme marié, à croire que nous cherchions toutes les deux inconsciemment la difficulté, ne nous accordant pas le plaisir d’amours heureuses. Il est vrai qu’ils auraient tellement aimé que nous restions vieilles filles, à nous occuper d’eux. Notre  père a même lâché, beaucoup plus tard, qu’il était choqué qu’un homme couche avec moi (en l’occurrence mon mari), tellement cet acte leur est odieux.

Le fait est de constater qu’en dépit de tout mon amour pour toi, ma sollicitude, mes cadeaux dès que j’ai pu (je t’ai offert ta première veste Yves-Saint-Laurent, alors que je n’en avais pas moi-même), j’ai volé pour toi (un manteau de fourrure comme j’en avais eu un pour mon anniversaire), car je me sentais redevable envers toi et eux, mon père m’ayant lancé un jour qu’ils t’avaient sacrifiée à moi, notre « mère » étant obligée de travailler pour payer mes études, et donc de ce fait, tu étais gardée par une nourrice ! Mais toi, nous te reprenions tous les soirs, toi, tu as pu faire les belles études que tu as voulu, qui t’ont permis de rencontrer un homme à l’avenir professionnel brillant (n’y vois pas de rancœur de ma part, c’est juste le terrible constat de l’injustice flagrante de nos traitements respectifs par nos parents et par la vie. Donc en dépit de tout ce que j’ai fait pour toi (on croirait entendre ma mère, mais là c’est vrai et sincère), jamais tu n’as eu la moindre complicité avec moi. Tu m’as seulement demandé un jour (en 1979) si l’accouchement faisait mal, preuve que la maternité te faisait bien peur à toi aussi, vu ce que nous en connaissions.

Donc, je n’ai jamais constaté que tu m’appréciais le moins du monde, mais avec le recul, je comprends que tu as dû être bercée par nos « parents » de critiques à mon sujet, ce que j’en sais n’est déjà pas anodin, alors ce qui a été manigancé par derrière ! Je me souviens que tu devais avoir 6 ans et donc moi plus de 21 ans, j’avais ma licence en poche, je commençais à sortir le soir et notre moralisateur de père m’a reproché de te donner le mauvais exemple, il est aurait sans doute apprécié que je prenne modèle sur les critères de ton âge…

Une remarque de l’a-mère, qu’elle tenait de toi, paraît-il, tu leur aurais reproché de m’avoir favorisée avec la maison de L’hay, puisque tu n’avais pas l’âge requis, il aurait mieux fallu qu’ils attendent ta majorité pour nous traiter d’égale à égale. Sois dit en passant, je n’avais rien demandé et nous avons payé pendant 15 ans un crédit pour rembourser cet achat, pour lequel ils nous avaient fait une ristourne de 50000 francs ! Pour me « racheter », puisqu’au moment de la remarque en question, je me suis presque sentie fautive, j’ai indiqué que la maison d’Uzerche, qu’ils cherchaient à  vendre, te serait réservée en contrepartie. Mais quelle perversité de leur ou de ta part ! Ils auraient dû prendre en compte les frais de mon éducation alors que tu n’étais pas née. Comme je l’ai dit plus haut, tu as été plus chanceuse que moi sur ce plan-là, tu as pu t’échapper à l’étranger pour tes études (l’époque n’était pas la même), donc tu as pu ne les supporter que de loin, alors que moi, j’ai dû stopper la fac pour travailler, tellement ils m’en faisaient baver. Et je ne suis pas jalouse de toi, mais je regrette vraiment de ne pas avoir pu continuer car j’en avais la capacité, vues les situations professionnelles extrêmes que j’ai eu à gérer par la suite et mes succès systématiques aux concours et examens, et ce à cause de leur méchanceté.

Je ne dois rien à ces gens, ils ont pourri ma jeunesse, abimé ma vie toute entière, sans jamais m’apporter ni soutien ni affection.

Mon père, ce roquet, aux basques de sa femme, mais qui a su, par ses remarques assassines, me faire si mal.

 

décembre 26th, 2010

Chapitre 4 Le grand-père et la hyène

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Aujourd’hui, nous sommes le 19 décembre 2010, mon grand-père J. est hospitalisé, il a 103 ans.

Son fils, mon père donc, ne m’a bien sûr pas prévenue. A la demande de Pépé, je lui ai téléphoné pour lui transmettre les bonnes pensées de son père (alors que je ne parle plus à mes parents depuis le 3 septembre, sauf pour répondre à mon père qui m’a téléphoné en cachette de ma  mère pour nous dissuader de façon détournée, d’aller passer Noël avec Pépé, son chat ayant la gale !). Pas perturbé le moins du monde, ni par mon appel ni par la santé de son père, mon père m’a tout de suite précisé « qu’ils avaient fait tout ce qu’ils pouvaient et que ça devait arriver ». Son souci étant les compteurs, un radiateur restant en marche, l’eau devant être rapidement fermée par le biais de la mairie ! Aspect des choses fondamental et prioritaire quand un vieillard doit quitter sa maison pour ne sûrement plus y revenir…

Quand j’évoque le cas du chat du grand-père, fort heureusement recueilli par la dame qui l’aide ponctuellement, mon père fait preuve d’une humanité rare en précisant que sinon, ils l’auraient fait piquer, ils n’allaient quand même pas le jeter dehors par ce temps…Je reconnais bien là la générosité de ma mère qui voulait mettre leur propre chien, mort pendant une brève hospitalisation de mon père, dans la poubelle. Après une vie passée dans le sous-sol, à recevoir des coups de pied s’il se laissait trop aller à gémir sur sa souffrance. Comment ai-je pu laisser faire cela ? Comment n’ai-je pas compris à l’époque quels monstres ils étaient ?

Le 20/12/2010

Me mère est intervenue auprès de l’aide ménagère de Pépé pour lui signifier son intention de le placer en maison. Elle ne veut pas qu’il rentre chez lui. Même cette dame réservée a lâché  un « elle est mauvaise, votre maman ».

En effet, comment peut-on trouver plus horrible que de choisir d’empêcher un vieillard dont les mois, voire les jours, sont comptés de rentrer tranquillement les finir chez lui, avec ses repères, son chat, sa dame de compagnie. Alors même que le médecin juge que son état n’est pas incompatible avec un retour, même s’il n’est pas immédiat. Pourquoi n’envisagent-ils pas plutôt un aménagement  de sa maison pour l’aider à mieux y vivre ?

Je me suis battue toute la journée au téléphone pour avoir des informations sur l’éventuelle tutelle, et mettre tout en œuvre pour respecter la volonté de Pépé, car comme le dit son aide, dans le cas contraire, il se laissera mourir : « On va le perdre ». C’est abominable, je me bats pour lui, sa situation est déjà triste, délaissé par  son propre fils, acculé contre sa volonté par sa belle-fille. Je me bats aussi pour moi, car le point de non-retour est atteint, l’abjection est totale, mes parents sont des nazis. Dorénavant, je les nommerai « les Thénardier ».

Tout ce qu’ils m’ont fait n’était donc pas spécifiquement dirigé contre moi, ils n’ont aucun cœur, aucune sensibilité, ils sont mauvais. Tous les reproches envers moi, envers Grégory, toutes ces horreurs trouvent certes un point d’orgue, mais s’intègrent dans le même registre d’inhumanité.

Le 21/12/2010

Aujourd’hui, je suis entrée dans une phase inédite avec les Thénardier.

Ne pouvant plus supporter plus longtemps l’horreur des informations émanant  des personnes qui ont vu Pépé, qui parlent de signaler mes parents à SOS maltraitance des vieux, qui ont appris qu’ils avaient fait fermer l’eau et l’électricité de sa maison, tirant un trait sur toute éventualité de retour, le condamnant de fait à la maison de retraite, même s’il s’y laisse mourir.

J’ai appelé Antony. Tombant sur ma mère, à qui j’ai refusé de parler, demandant mon père pour lui parler du sien, elle m’a dit que j’étais « désagréable » sur un ton excédé. J’ai donc raccroché.

Mon père a rappelé quelques instants plus tard, en m’incendiant, me disant de « m’occuper de mes fesses »…Que je « le détestais depuis mes 20 ans »…Que j’avais éduqué Grégory de façon à l’éloigner d’eux… Le cœur de P a hurlé, il l’a comparé à un  « a……. », espérant que cette provocation lui ferait par électro- choc comprendre l’horreur du traitement qu’il inflige à son propre père … J’ai raccroché, étouffant de colère. Il a rappelé (incroyable) et ça a été une litanie de reproches, qu’il n’avait pas d’ordres à recevoir de moi (quand j’avais insisté pour lui parler à lui). Qu’il avait trouvé sa femme par terre à la suite de mon appel…Que je ne « connais pas sa vie »… De toutes façons, « le vieux a fait son temps »…

Je l’ai calmement informé que j’allais raccrocher et je l’ai fait, tremblante de partout, écœurée et abrutie devant une telle injustice.

Non seulement il se moque bien de son père, de sa survie et encore plus de son bien-être, mais il me reproche de me substituer à lui, à pallier sa terrible carence.

Ils sont sans cœur, faisant payer à un pauvre vieux ce qu’ils jugent comme une erreur de jeunesse. Il fallait régler les comptes quand le combat pouvait encore se jouer à armes égales, mais là, que peut mon pauvre Pépé, qui réclame son fils et ne comprend pas qu’il ne vienne pas le voir, sauf à cause de « G. qui a mal aux pieds » !

Et pour terminer la soirée en beauté, celle qui est ma sœur pour l’état-civil a décroché son téléphone suisse pour m’interdire tout contact avec ses parents, comme si j’étais une pestiférée ou que j’étais mauvaise. Alors, qu’elle ne s’est manifestée qu’une fois en presque 4 ans (pour m’injurier quand j’avais tenté un retour vers mes parents fin 2009), quelle donneuse de leçons ! C’est P. qui a décroché, heureusement, je n’aurais pas supporté. Elle l’a menacé de venir lui »casser la figure » si on continuait à faire du mal aux Thénardier. Du grand-père, pas un mot…

Ma mère est une secte à elle seule, elle a endoctriné mon père, ma sœur, au point qu’ils ont perdu tout discernement, qu’ils partent bille en tête dans un règlement de compte qui ne les concerne pas et les dépasse, manipulés par la Thénardier, au lieu d’avoir cherché l’apaisement de mon père quant à ses frustrations de jeunesse par rapport à un père souvent absent. Il a un vrai problème de ce côté, c’est sûr, puisqu’il a lâché au cours de notre discussion  que Pépé avait bien l’âge de mourir, son grand-père à lui étant parti à 62 ans. Celui-là même que nous avons délogé dans sa tombe pour y placer le cercueil de Grégory. Quel sacrifice, qui lui permet de balancer « tout ce que j’ai fait pour le gamin », sens que je n’avais compris de suite.

Mais où va-t-on ? Ils sont vraiment fous, ils me font souffrir comme personne ne l’a jamais fait, personne ne m’a jamais manifesté une haine pareille, alors qu’en plus je fais le bien et eux le mal. C’est insoutenable, comment vais-je surmonter cela ?

Par comparaison, voici le message d’amitié que nous avons reçu d’un ami de retour de l’étranger à qui nous venions d’apprendre pour Grégory. Je me proposais de le faire suivre à mes parents accompagné de la notice suivante. Mais j’y renonce, il n’y a plus aucun espoir de leur faire comprendre quoi que ce soit, ce sont des étrangers.

« En guise des vœux que nous n’échangerons pas puisque vous ne partagez plus rien avec moi depuis si longtemps, je soumets à votre méditation cette lettre d’un ami récemment de retour en France, mesurant son affection à l’aulne de votre cruel silence : »

« —Message d’origine—–
j ai mal ce soir, je suis  comme consterné par  la plus dechirante action que le destin puisse choisir en la personne de Greg ce jour là .Comme lui vous êtes des winners et je vous invite chez nous quand vous voulez ou on vient chez vous si okay. catherine et patrice sachez que l histoire de Gregory a été divulguée à tous les collaborateurs de notre entreprise ce matin trés tôt!!!!!!   il était un génie comme son père et avait un grand coeur comme sa mère, voyons nous vite.  on se retrouvera tous ensemble 1 jour pour bien………………………………………………………………………………………Good Time………….je vous promets.          Patrice tu m’ as beaucoup appris, je t’ en parlerai à la prochaine, incroyable destin!  oui     je vous  Big Kisses from nico,Alexandre et Barbara, je vous aime, merci!!!!!!!!

 

Le 28/12/2010

Et ça continue, la diabolique a encore sévi. L’aide ménagère de Pépé que j’ai appelée pour lui demander d’essayer d’apporter à Pépé du papier et des crayons qu’il souhaite (bon signe), m’a dit que l’autre l’avait appelée dimanche. Pour lui demander de lui renvoyer la clef de la maison de  Pépé. Elle m’a précisé qu’elle ne le fera pas, mais la déposera à la mairie. Elle a fait mettre sur la note des diaboliques les achats de savon, dentifrice… nécessités par l’indigence à laquelle est réduit Pépé. L’autre a indiqué que Pépé ne reprenait pas de forces, du coup, Mme C. m’interroge sur ce qu’ont dit les médecins. Je lui ai fourni les informations que nous avons recueillies.

Elle nous précise aussi qu’il lui a été demandé de faire reprendre la télé-assistance dont bénéficiait Pépé. Son sort est fixé.

Au téléphone, Pépé nous demande de lui faire savoir si on sait quelque chose à propos du sort qui lui est réservé.  Il souhaite recevoir « une petite bafouille ». Ca tombe bien, on lui a envoyé une carte hier. On lui enverra une vue de Bretagne dans la semaine, puisqu’il sait qu’on va voir la mère de P..Il a toute sa tête. Mme C. nous a dit qu’il avait regagné son fauteuil seul depuis les toilettes…

Les scrupules que j’avais d’envoyer un courrier officiel sont tombés. Je ne peux laisser mon pauvre grand-père seul face à cette hyène.

J’ai appelé ma cousine J., avec qui nous étions tous en froid à cause de mon père depuis le décès de Mémée et sa gestion déplorable de la succession, où il a laissé quasiment tout à mon cousin, en m’empêchant d’intervenir après me l’avoir demandé et en se plaignant ensuite d’avoir été floué !

J. n’en revient pas de l’agressivité de mon père à notre égard, mais n’est pas étonnée sur le fond, pensant même qu’ils se servent financièrement parlant. Elle nous ouvre sa maison, pense aller visiter Pépé bientôt, bien qu’étant elle-même assez handicapée. Elle est normale, sait oublier de menus griefs devant une situation grave. Elle pense que Pépé s’enfuira de la maison de retraite s’il peut marcher ! « lui, en maison de retraite » !

Le 3 janvier 2011

Les chacals sont très forts, ils ont réussi à convaincre une voisine de Pépé, prête à les signaler à « SOS Personnes âgées maltraitées » il y a une semaine, qu’ils sont gentils et font au mieux. Mon pauvre Pépé est trahi. Il doit le sentir puisqu’il lui a craché le steak haché qu’elle a cru bon de lui faire avaler, comme à un enfant  retardé.

Oui, donc tout va bien, Pépé va aller en maison de retraite, mais il ne faut surtout pas lui dire, on lui dénie donc même le droit de connaître le sort qui lui est réservé, et contre sa volonté en plus. « Il veut se supprimer », allons donc, heureusement que mon père lui a retiré son pistolet !

« Ils ont besoin de se voir », mon père et son père, ha bon, c’est mon père qui a dit cela ? Non, c’est ma mère. En effet, mon Pépé a besoin de voir son fils, il le réclame à chacun de mes appels téléphoniques, mais l’autre, s’il a besoin de le voir, qu’attend-il ? Depuis tant d’années ? Pour lui dire en face qu’il se venge enfin de sa jeunesse ratée ? Il n’en a même pas le courage.

Comme de l’emmener dans la maison de retraite ? « Le colonel (mon mari) l’emmènera », aurait-il dit, ha bon, alors qu’il ne sait pas qu’il doit y aller !! Sûrement pas, on ne fera jamais une chose pareille, ce serait le comble.

Le 15 janvier 2011, j’ai reçu une réponse à ma lettre du 27 décembre 2010 au juge des Tutelles, nulle et désespérante. Il se moque de la détresse de Pépé, ne répond pas à mes questions sur les lunettes, l’audition et le dentier, ni sur l’attitude innommable de mes parents.

Justement aujourd’hui, Pépé, bien fatigué,  se plaint au téléphone de voir de plus en plus mal. J’appellerai l’assistante sociale et la surveillante-chef lundi, elles sont absentes aujourd’hui samedi.

Je suis révoltée par les pleins pouvoirs dont disposent ces chacals.

Une amie partage ma révolte.

Yahoo! Mail
Mercredi 19 janvier 2011 10h51De:”f. l.” <s.@..fr>À:”c.t.” <.@..fr>

 

j’avais une trachéite….par contre je constate avec regret que tes chers parents sont toujours aussi prévenants à ton égard… c’est désespérant… en tout cas, tu as bien raison de les ignorer et continue à t’occuper de ton Papy centenaire car c’est tout à ton honneur, j’ai parfois dû mal à comprendre la race humaine surtout comment une mère peut agir de la sorte avec son enfant qu’elle a porté et chéris durant toutes ces années.


<- En date de : Mar 18.1.11, c.t.<c.@..fr> a écrit :

De: c.t. <c.@..fr>
Objet: coucou
À: “f.l.” <s.@..fr>
Date: Mardi 18 janvier 2011, 18h12

coucou ma chérie,

Merci pour ton mail, on est bien toujours les mêmes toutes les deux, n’est-ce pas?…Pour l’A., mon grand-père était heureux de nous voir, et d’après les infirmières, notre visite l’a bien aidé à se resituer dans la réalité. Mais depuis, c’est la guerre ouverte avec mes “chers” parents, qui me reprochent de m’occuper de lui, le comble…Rien n’a changé, tout a empiré, mais je crois que je finis par m’en fiche. Je vois un médecin pour m’aider, comme je te l’avais dit, et j’écris beaucoup, j’ai fait un blog, même deux (un sur Grégo), j’ai l’impression que ça m’aide un peu à supporter tout cela.

Dans le roman d’Armel Job (tiens, un nom bien auvergnat) « Les lunettes de John Lennon », je note «Les vieux sont bien malheureux dans ces maisons….Ils s’ennuient, on leur défend tout, comme à des gosses….C’est pas ça qui l’a empoisonné, le père. C’est peut-être nous autres plutôt. On les fait crever à petite dose, nos vieux, je vous le dis, une fois qu’on les abandonne dans ces casernes. »

Le 17 janvier 2011, après longue réflexion, j’ai téléphoné à la juge, en lui demandant si sa réponse concernait bien Pépé, car elle « évoque votre grand-mère » et zappe les ¾ de mes questions.

La secrétaire qui m’a répondu, très pressée m’a demandé pourquoi je ne m’étais pas manifestée au moment de la demande de tutelle ! Parce que ces chacals se sont bien gardé de m’informer de leur décision et l’ont justement faite en cachette pour m’empêcher d’intervenir. Aucune anomalie dans leur gestion ( ! Pour eux c’est un dossier, pour moi, c’est un être humain, mon Grand-père)), je peux juste demander à mon « père » de renoncer à sa tutelle pour que je prenne le relais, bien que je ne sois « pas sur place non plus ». Que je sois la seule à lui téléphoner tous les jours, à venir le voir n’a aucune importance, tout cela n’est pas mesurable et opposable à une gestion sans problème  !!!Alors que je pense sincèrement qu’un des motifs de la mise sous tutelle a justement été de m’écarter de Pépé, puisqu’ils avaient peur qu’il me donne quelque chose. Voir les remarques qu’il nous a rapportées, que mon père lui avait reproché de m’avoir donné des paniers en osier, qu’il ne devait rien me donner, que j’étais immensément riche, que j’avais un bateau…Cette même remarque avait d’ailleurs été faite par ma « mère » à ma belle-mère, du temps où elles se parlaient, que je ne savais pas quoi faire de mon argent, tellement j’en avais. Que je lui reprochais également de m’avoir faire faire des études ! On est dans l’incohérence la plus totale, animée par une jalousie maladive, mais ils ont le droit pour eux, voire l’apparence.

Les services de tutelle sont nuls, absolument pas en concordance avec la partie humaine qui devrait faire partie de leur job.

Sur mon insistance, je vais recevoir une réponse complémentaire, le « principal point » étant traité, l’admission en institution !

Cette journée a été chargée en rebondissements.

J’ai décidé d’appeler l’infirmière chef pour avoir des nouvelles depuis que Pépé a changé de service (l’homologue de Mme F. au service médecine). Mais là, réception bien différente : impossible de lui parler, une infirmière me dit de rappeler cet après-midi après que le médecin l’aura vu (petite fièvre hier). Lorsque je rappelle, je tombe sur une mal-aimable, qui m’informe que ma mère a appelé peu après moi ce matin, donnant « des consignes pour qu’on ne me donne pas de nouvelles » et s’opposant « aux consultations dentaire et en ophtalmologie. Que si je veux des nouvelles, je n’ai qu’à me déplacer. Que je dois fournir l’ordonnance initiale des lunettes pour changer la monture, quand je lui dis que je ne peux l’obtenir auprès de mes parents, elle me rétorque que l’hôpital n’a pas à gérer nos « conflits familiaux », que je dois me réconcilier avec mes parents, au profit du grand-père. Comment peut-on se permettre de telles remarques, politiquement correctes, certes (on en est toujours là), mais inacceptables dans mon contexte.

On s’est quittées sèchement,  elle me disant de rappeler le Docteur D. à 16h30/17h. Lorsque je rappelle, il est en pleine consultation, je dois rappeler plus tard…

Entre-temps, j’ai appelé l’assistante sociale, qui ne peut rien faire, médicalement parlant, me rappelant que le tuteur a tous les droits. Mais elle va se rendre dans le service demain pour voir, me tient au courant.

J’ai également appelé Mme F., qui a encore été compréhensive, m’expliquant pourquoi Mme P. n’a pu me parler aujourd’hui, me conseillant de reprendre contact demain pour lui expliquer la situation.

J’ai appelé le service juridique de la Maif, pour connaître mes droits. Le tuteur a des droits civils uniquement (le majeur ne peut vendre, louer…), mais reste libre de ses actes de la vie courante. Il peut donc m’avoir demandé de prendre Rv pour lui. Et le tuteur ne peut s’opposer à ce qu’on me renseigne sur l’état de santé de mon grand-père.

Elle me conseille de relancer le juge si sa réponse complémentaire n’est pas satisfaisante et d’envoyer une lettre en AR aux chacals pour leur signifier le besoin de Pépé, en matière de bien-être : avoir des lunettes à sa vue et un dentier bien collé. Le tuteur n’a qu’une obligation civile, nullement affective (des associations peuvent remplir ce rôle).

Enfin, nous avons eu le médecin au téléphone, qui nous a parfaitement reçus, a bien compris notre demande d’avis médical sur le besoin de lunettes et de collage de dentier, précisant qu’il allait tout de suite donner des ordres pour que soit pris un Rv ophtalmo, sachant que quelqu’un devra aller chercher les lunettes (ce n’est pas un problème, Mme C., ou D., ou J.…), qu’il allait faire coller le dentier puisque le produit a été acheté. Il a repris nos coordonnées.

Ouf, pourvu que ça se concrétise, que le médecin ne rebrousse pas chemin devant l’interdiction de la hyène. Qu’est ce qui l’emporterait dans ce cas, le médecin ou le tuteur (j’avais écrit le tueur) ? Logiquement, le tuteur ne devrait pas avoir de poids sur le plan médical, cela ne fait pas partie de ses attributions légales, telles que me les a décrites le conseiller juridique. Mais, la hyène terrorise tout le monde à l’hôpital, même l’assistante sociale, qui prétend qu’elle a tous les droits. Attention, d’ailleurs, la trésorière a-t-elle autant de droits que le tuteur, qui, lui, ne se manifeste jamais ?

J’ai le secret, mais hélas, vain espoir que mon « père » ne sache pas ce qu’elle a vraiment tramé aujourd’hui…Mais, bon, il la cautionne par son silence et sa colère de l’autre jour à mon encontre.

Cette situation m’a d’abord mise en colère noire, puis m’a profondément atteinte, de constater jusqu’à quel point (et ce n’est peut-être pas fini), mes « parents » peuvent être mauvais, jusqu’où peut aller leur haine. Avant, je me disais qu’il était incroyable qu’ils ne puissent pas pardonner (à Pépé, pour ses potentielles erreurs, par exemple, ou à moi, pour ma sécheresse verbale après le départ de Grégo), mais on n’en est plus là. Maintenant, ils font du mal ouvertement, exprès, sans merci, ni retour possible. A part le terme de monstre, je ne vois pas comment les qualifier…

Je souhaite vraiment qu’ils payent un jour l’horreur qu’ils sèment, qu’ils se rendent compte de ce qu’ils ont fait. Qu’elle disparaisse avant Pépé, quelle revanche du vieil homme, qui, donc, sait qu’il va être placé en institution, comme ils disent, puisque le médecin l’a informé, j’espère avec diplomatie, mais qui ne m’en dit rien, comme pour la disparition de Grégo.

Le18 janvier 2011

Je poursuis mes réflexions sur la tutelle. Si un tuteur « normal » n’a à intervenir légalement que dans le domaine civil, n’est-on pas en droit d’attendre que lorsqu’il s’agit d’un fils, le volet affectif subsidiaire soit activé ?

D’autre part, il s’agit des droits du tuteur, or c’est toujours la trésorière qui intervient. Elle outrepasse donc doublement ses droits en donnant des consignes médicales et des ordres de rétention d’informations à mon encontre.

Au lieu d’apprécier que je pallie leurs carences affectives (si celles-ci n’étaient pas volontaires, dues à l’âge, par exemple) ! C’est inouï, c’est tout l’inverse. Je suis la seule à m’occuper de Pépé de façon rapprochée depuis des années et ils m’ont caché qu’ils ouvraient une procédure de tutelle (vraisemblablement à l’été 2009), alors que ma « sœur » qui n’a pas vu mon grand-père depuis l’enterrement de ma grand-mère en 1998, en avait été informée, comme elle nous l’a dit au téléphone quand elle nous a incendiés  le 21 décembre 2010.

J’ai envoyé un mail en contact interne à l’hôpital concernant la réaction de l’infirmière hier.

Message interne A l’hôpital d’A. le 18/01/2011

indignation : message destiné au directeur du personnel

Le contact téléphonique que j’ai eu hier après-midi (le 17/01/2011) avec une infirmière du service moyen séjour (qui ne s’est pas nommée), alors que je cherchais à joindre la surveillante-chef appelle le commentaire suivant : d’une part, cette personne est sortie de son devoir de réserve en se permettant de me faire la leçon sur le conflit familial au centre duquel se trouve mon grand-père, J. Y. et d’autre part, elle a outrepassé  ses prérogatives professionnelles en se référant aux droits du tuteur, qu’elle ignore d’ailleurs, puisque ceux-ci se limitent à la représentation du majeur dans la vie civile et nullement dans la vie courante, tels que confirmés par mon avocat. Je suis le seul lien affectif familial qui relie mon grand-père à la vie, aussi je ne tolèrerai pas que des personnes non autorisées m’en limitent l’usage. Meilleures salutations.

Et puis, ça continue, avec ce mail de ma »mère ».

“peux-tu t’arréter de t’occuper de choses qui ne te regardes toujours pas auprès de l’hopital ton père R. Y. EST LE SEUL qualifié et autorisé pour ètre en contact avec les services médicaux de l’hopital tu nous a fait assez de malheur lors de ton horrible conversation téléphonique du 21 décembre à 17 heures 31 R. Y. N’EST PAS MORT A CETTE HEURE

les mots PAPY ET mamy n’exsisteront plus jamais      G. ET R. Y.
NOUS SOMMES CHAQUE JOUR EN CONTACT AVEC L’HOPITAL ARRETES TOI DE DONNER TES ORDRES”

Elle pète les plombs d’écrire cela, avec ce que j’ai appris hier. J’appelle immédiatement la Maif pour conseil juridique. Mais en attendant, j’ai une petite boule au ventre devant tant de méchanceté, elle me dit en fait que je suis bannie à jamais (plus jamais Papy et Mamy, mais ne connaît-elle pas la définition : noms affectueux donnés par les petits enfants à leurs grands-parents, en fait, on les appelait ainsi depuis la naissance de Grégory, qui a disparu en 2007, c’est délicat de sa part de revenir sur cela), pour quelle faute ? « Donner des ordres » : c’est faux, j’ai même écrit au juge pour demander l’autorisation de prendre les rv ! « Seul R. Y. est qualifié et autorisé pour être en contact avec les services médicaux » : faux. Les articles 371-4 et 458 du code civil indiquent que l’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec son ascendant, de prendre soin de lui, ces relations ne sont pas réglementées, puisque je ne mets en cause ni sa personne ni son patrimoine. Il ne s’agit pas de vendre un bien, de faire des frais (remboursement Sécu à 100%) ou de le faire opérer, il s’agit de demander que Pépé reçoive des soins pour son bien-être, pour qu’il vive mieux : améliorer sa vue et sa dentition.

Article 458 du code civil : “Sous réserve des dispositions particulières prévues par la loi, l’accomplissement des actes dont la nature implique un consentement strictement personnel ne peut jamais donner lieu à assistance ou représentation de la personne protégée.”
Article371-4 du code civil : “L’enfant a le droit d’entretenir des relations personnelles avec ses ascendants. Seul l’intérêt de l’enfant peut faire obstacle à l’exercice de ce droit.”
Seul le consentement personnel de l’intéressé est requis, il n’a aucun besoin d’être assisté pour cela, or Pépé m’a dit qu’il est heureux que je l’appelle, il sait que c’est moi dès qu’il décroche. Et j’ai parfaitement le droit de demander des nouvelles de mon grand-père.

La Maif a noté les témoignages possibles  de notre rôle (Madame F. qui a dit que notre visite l’avait aidé à se situer, les personnes présentes aux anniversaires…).

Je poursuis l’analyse du mail incendiaire : la communication du 21 décembre 2010 avait pour objectif  d’alerter mon « père » de la détresse manifestée par le sien (« je vais me flinguer, emmène-moi, sors-moi de cet enfer… ») et il m’a immédiatement injuriée « occupe-toi de tes fesses ».

Pour se justifier, ma « mère » précise être en contact quotidien « avec l’hôpital », notons que ce n’est pas avec Pépé !

Enfin, l’assistante sociale nous a rappelés comme promis pour nous annoncer l’excellente nouvelle, le médecin a tenu parole et obtenu un rv avec l’ophtalmologiste pour le 11 avril, exploit quand il faut attendre en général 6 mois. Par ailleurs, elle s’est rendue dans le service, a vu du monde, je pense qu’elle a dû expliquer notre action. Elle a conseillé de ne pas se mettre mal avec l’hôpital, l’infirmière qui m’a mal répondu n’ayant peut-être pas perçu la spécificité de la situation avec tous les cas de conflits familiaux qu’ils gèrent. Toutefois, l’infirmière du matin, dans le même contexte, n’était sortie de sa réserve de la sorte et il est dommage que la surveillante-chef ait délégué la réponse à quelqu’un de novice en matière de communication ! De fait, je pense que la hyène les terrorise tous !

Notons aussi que je n’abuse pas dans la demande d’informations, j’ai appelé le personnel médical 2 fois depuis début janvier (en réponse au message de Mme F. et hier, à la suite de la poussée de fièvre de Pépé, ayant eu Mme C., Mme D. et Pépé en direct au téléphone).

L’assistante sociale nous a conseillé de prendre du recul par rapport à mes parents, cela m’a fait craquer, c’est quand même dur à vivre…

Le 20 janvier 2011, nous avons reçu la visite de mon père ! Après un coup de fil incendiaire de MF qui nous menaçait de porter plainte « quand il rentrerait », comme on ne savait pas qu’il venait, on se demandait bien de quoi il s’agissait.

Eh bien, ils veulent porter plainte contre nous, sur les conseils du juge des tutelles, à cause de mes  lettres, où je le « discrimine ».

On a réussi à avoir une conversation pas trop emportée, où il apparaît quand même qu’il en veut terriblement à son père, que sa femme ne lui dit pas tout ce qu’elle fait (on s’en doutait), exemple son mail d’hier. Je pense que la conversation a été retournée, vu que c’est elle qui a eu le juge au téléphone, si elle nous a critiqués, le juge a dû lui dire de porter plainte, ce qui n’est pas pareil. Qu’on ait écrit plusieurs lettres, ça prouve bien que ce n’est pas le juge qui a parlé mais que ça a été monté.

Il se trouve un justificatif en disant que Pépé est parti en A., donc c’est lui qui l’a cherché, et non pas lui Papy qui est en tort. Il a par ailleurs un très fort complexe d’infériorité, par rapport aux préférences de Grégo pour ses autres grands-parents, le mépris envers lui…Il a aussi un sentiment de culpabilité par rapport à l’autre qui n’a plus ses parents et lui si (forcément, c’est signé). Et il s’accroche à sa tutelle, qui lui donne tous les droits ( !), car pour une fois, il se sent important. Il rêvait d’une « famille » (j’ai pourtant gardé le souvenir de formidables réunions de famille de son côté pendant mon enfance) et il est déçu : il y a un vrai problème là-dessous : ils ont changé le prénom de son fameux grand-père sur la stèle du cimetière, on a « délogé » ses grands-parents de leur tombe, « l’homme de Néanderthal » vit toujours alors que les autres grands-pères sont partis à 70 ans !

Il ne peut reconnaître qu’il est en tort pour Pépé, car ce serait reconnaître qu’il se venge de sa jeunesse, et il affirme et jure ses grands dieux que ce n’est pas le cas. Il se persuade lui-même qu’il fait tout ce qu’il faut !

Ils ont aussi un problème avec les anniversaires, la mort…Les anniversaires, cela fait des années, même quand tout allait bien, qu’ils se faisaient prier pour fêter ces moments, pour eux surtout, ils venaient mais en se forçant, on aurait dit qu’ils se sentaient mal à l’aise d’être vivants quand d’autres sont morts. Mais pas plus depuis Grégo.

Pour les sépultures, avant l’épisode de Grégo où le premier réflexe de ma mère a été de refuser de payer quand on demandait juste l’accord de Papy pour la concession où reposent ses grands-parents, refusant au départ de me faire un papier pour m’accorder des droits nous permettant d’être enterrés près de lui. Avant, il y a eu la séparation de mes grands-parents maternels par la volonté de ma mère, l’achat de sépultures les moins onéreuses possibles, le refus initial de payer pour une prolongation de concession pour mon grand-père, pour lequel j’avais récupéré la stèle…

Mais comme je lui ai dit, pourquoi, n’ai-je pas été informée de cette procédure, pourquoi ne profite-t-il pas de l’aide qu’on pourrait lui apporter (pour y aller, démarches…), pourquoi des étrangers ont la clef de la maison de Pépé et pas moi. Pourquoi il s’adresse à des étrangers pour fermer les compteurs alors qu’on était sur place…Il n’y a pas pensé, c’est le juge qui lui a demandé d’être tuteur !

Il prétend ne pas connaître  les consignes données par sa femme à l’hôpital…Il est tombé des nues quand je lui ai dit que  quelqu’un voulait porter plainte contre lui à « SOS personnes âgées ».

Incroyable, ce soir même N., la fille de ma marraine, m’appelle pour nous inviter à voir Marraine, elle met tout en œuvre avec sa sœur pour la maintenir chez elle, avec des aménagements de l’habitat et des aides permanentes (exactement ce que je demandais pour Pépé), puisque c’est son seul bonheur d’être dans son élément. Elle nous dit que nous sommes de la famille…

N’empêche qu’ils ont fait signer à Pépé un papier reconnaissant qu’il est bien soigné et content d’aller en maison de retraite (via la bonne Mme C., qui apparemment recevrait de l’argent d’eux, contrairement à ce qu’elle nous a dit, préparerait son « trousseau » alors qu’elle aurait rendu la clef. Bref, pas net tout cela.

Ce document, outre le fait qu’il prouve qu’ils se préparent à se protéger légalement de moi, n’a, me semble-t-il, aucune valeur juridique justement. Un homme qui est placé sous tutelle car il n’a pas ses facultés, à qui on ne reconnaissait pas fin décembre 2010 le droit d’habiter où il voulait (témoignages de l’assistante sociale, des voisins, du personnel, à qui il hurlait son désespoir d’être enfermé à l’hôpital et sa volonté de rentrer chez lui), ce même homme ne serai donc plus sénile, il a maintenant la faculté de s’exprimer quand, après 1 mois d’hôpital, d’éloignement de ses repères, de traitement comme un vieillard grabataire (ex, il avait des couches quand nous sommes arrivés, il arrivait à sonner l’infirmière pour faire ses besoins quand nous sommes repartis, car nous lui avons appris, répété, montré comment sonner, le personnel n’étant évidemment pas assez nombreux pour être à l’écoute permanente d’une seule personne), son entendement s’est suffisamment affaibli pour  qu’il se rende au martèlement de l’obligation pour lui d’intégrer une « maison » qui n’est pas la sienne. De guerre lasse, n’est-ce-pas ?  Il n’est considéré comme sénile que quand il s’oppose à ce qui a décidé pour lui.

De fait, comme dit mon père, à 100 ans déjà, il aurait dû être placé, je ne savais pas qu’il existait un âge limite de péremption. Mon grand-père à 103 ans a l’esprit plus averti et notamment critique que bien des jeunes ! Tout le monde s’accorde d’ailleurs à trouver pépé extraordinaire pour son âge, sauf son fils !

De toute façon, nous avons compris depuis un moment que la bataille était perdue, son état mental ayant tellement fléchi depuis son hospitalisation : sans stimulation (telle la radio qu’il avait l’habitude d’écouter chez lui et qui maintenait une ouverture sur l’extérieur). Il est aussi seul toute la journée, alors qu’il avait une présence permanente, au moins le matin.

D’ailleurs, la réponse du juge n’a pas donné lieu de ma part à des remarques sur ce point (le seul qu’elle évoque d’ailleurs). Ma lettre était la retranscription de sa volonté et sa demande de ne pas l’abandonner dans cet « enfer ». De fait, nous commencions tranquillement à le préparer à son admission. Mais, comme nous l’avons constaté avant-hier au téléphone, il  a maintenant intégré l’information, mais cela lui fait très peur, il criait « je vais crever demain, ils m’emmènent ». Comment ne pas comprendre qu’un vieux ne veut pas aller en maison, comment ne pas essayer de l’aider, de le préparer ? L’ont-ils fait ? Non, ils l‘ont fait au forcing : fermeture des compteurs, placement du chat…Dès le départ, ils savaient ce qu’ils faisaient et que, quoiqu’il arrive, ils le placeraient. Ils n’avaient même pas vu Pépé, ni ses médecins comme nous, la décision était déjà prise. C’est inadmissible et méritait d’être indiqué au juge, ce que j’ai fait.

En fait, mon père est venu avant de se décider à porter plainte contre nous, comme l’autre l’y incite certainement, dans un dernier sursaut quand même.

Le juge a dû les appeler quand j’ai insisté pour avoir ma réponse, elle a peut-être considéré alors que ce que je décrivais avait du fondement.

La hyène a d’ailleurs monté mon père contre moi avec des mensonges : plusieurs lettres au juge, nous serions retournés en A. il y a 3 jours (date de l’incident téléphonique), le juge a demandé qu’il porte plainte… N’empêche, il paraît que le tuteur doit  aller voir le juge, P. s’est proposé de l’emmener, je n’ai pas dit non devant lui, mais il faudra prendre toutes garanties, notamment que j’ai un rv aussi avec lui, ce serait le comble de faire chauffeur pour se retrouver attaqués.

Je note aussi qu’elle ne lui a pas fait part de mon message pour ses 80 ans, bien que la réponse se soit donné l’air d’être collective.

Yahoo! Mail
réponseVendredi 1 octobre 2010 9h36De:”G. y. <g..y.@..fr>À:”.t” <c.@..fr>
Merci de ton messagenos souffrances et nos âges( pas très réjouissants) ne sont bien sur pas comparables à ce que l’injustice de la vie te font supporter  mais nous ne pensons pas mériter tes repproches et nous sommes bien tristes de cette situationnous penserons nous aussi à toi demainbisous R. et G. Y.

 


 L’étonnement de mon père n’était pas feint quand je lui ai parlé de ce mail, puisqu’il me reprochait de ne pas lui avoir fêté ses 80 ans : elle ne lui avait rien dit, quel monstre, car elle savait pertinemment que mon silence supposé lui aurait fait du mal.

Enfin, j’ai demandé à mon père de ne pas passer par des intermédiaires, mais de nous contacter directement.

En partant, il nous a lu son projet de première plainte, qui concernait nos « insultes «  de fin décembre ! Ayant reconnu quelques minutes avant qu’on s’était tous emportés !

Il est vrai qu’on a eu très peur, Pépé se laissant réellement mourir de faim (cf la remarque de l’infirmière lui servant son repas, « de toute façon, M. Y ne mange pas », et bien si, en prenant le temps, en le gâtant de bonnes petites choses complémentaires, comme seule la famille peut le faire, il a repris un peu de goût et d’appétit). Notons aussi le « gavage » au steak haché entrepris par Mme D. pour lui redonner des forces, qui nous disait qu’il avait bien changé depuis son arrivée à l’hôpital, quand elle voulait aussi se battre pour qu’il retourne chez lui et attaquer mes parents pour mauvais traitements.

Un petit message d’une amie de N. auprès de qui je me suis épanchée de mon souci actuel pour Pépé : “Nos seniors” quand ils se débrouillent préfèrent rester chez eux, seuls, on les comprend. Changer d’environnement à tous âges n’est pas aisé,  on peut se mettre à leur place…je sais que mon père 88 ans bon pied bon œil (enfin comme-ci, comme ça) n’a qu’une envie c’est de retourner dans sa maison de Bretagne. Pour cet homme indépendant et qui aime la solitude, finir sa vie dans une maison spécialisée gériatrie, même la meilleure, serait hors de question.

Le 22 janvier, j’écris à ma belle-mère : « Je n’ai pas écrit depuis un moment car j’ai été prise avec l’histoire de Pépé, le scoop est que nous avons eu la visite de mon père, qui voulait porter plainte contre moi parce que j’ai manifesté mon désaccord au sujet de Pépé!! Il est reparti en ayant entendu une version bien différente de celle que lui concocte sa femme, en se posant des questions…, mais je ne me fais pas d’illusion, il va vite retomber sous sa coupe et je ne sais pas ce qui va encore me tomber dessus. Aussi, je prépare un dossier béton et ai pris contact avec notre conseiller juridique, qui m’a fait part de mes droits réels et non arrangés à la sauce de mes parents.

Cela dit, c’est quand même dur à avaler! En plus, j’ai un bon rhume qui me met KO. …»

Cet après-midi, c’est l’over dose, je lâche l’affaire, toutes les affaires, je n’en peux plus.

Le juge me répond que le rv ayant été pris et qu’il n’y a pas de besoin en matière dentaire et auditif, elle ne me donne donna pas d’autorisation de prises de rv demandées, qu’elle suit le dossier de pépé, sans me répondre sur le fond qui est la carence du tuteur.

C. a repris contact, très gentil mais bon, il va déménager sans qu’il ne nous ai invités dans son premier appartement, pour lequel il nous avait demandé un petit prêt. Il pense à avoir un enfant, bref, la vie continue sans Grégo, c’est évidemment normal, mais c’est dur.

Par ailleurs, nous sommes allés à P. voir des ivoires que vend une copine, que nous avons invités hier soir avec son ami. Elle est assez désagréable, sûre et d’elle, détestant les bourges, dont elle est issue. Enfin, on lui avait donné les coordonnées d’un commissaire priseur normand pour la vente d’objets de sa mère qui part en maison de retraite( !). Comme elle a évoqué des objets et bijoux qui pourraient nous intéresser, on lui a convenu qu’on irait les voir aujourd’hui. Arrivés devant la porte, code secret, qu’elle ne nous avait pas dit, pas de carte tel, perte de temps après une longue recherche de place de stationnement. Patrice ne sait que me dire de ne pas crier…Enfin, on réussit en gâchant notre carte de secours à avoir le code. Et là, je lui dis quand même mon sentiment sur le fait qu’elle aurait pu nous donner le code hier soir. On la sent agacée, pas de bijoux sur place, des jolis ivoires et autres, des verres Daum (mais elle ne va pas laisser que des merdes à R.), des cartons de bouquins qui ne valent rien (qu’il prendra par courtoisie), rien à nous offrir à boire… P. fait une offre (très correcte pour nous) et bien, elle va se renseigner auprès du commissaire priseur pour les prix, qu’il y a peut-être des bouquins de valeur dans les cartons…A claquer. Elle finit par s’excuser pour le code, elle était tellement fatiguée…Je suis excédée.

Au retour, J’appelle Pépé, en passant par Mme C., très aimable à mon égard (alors qu’elle prépare le trousseau de Pépé, donc qu’elle sait parfaitement ce qu’il en est de son admission, qu’elle ne nous dit rien, qu’elle a écrit elle-même la lettre qui m’enfonce). Qu’en fait, je suis en situation de quémander des informations, des clefs (cf réponse de mon père à ce propos…Pépé en pleine forme, « c’est une amie », parle à un enfant dans sa chambre, pendant que je suis au bout du fil, me demande de payer pour lui. C’est sûr je suis tellement riche. Je mets rapidement fin à la conversation. Je craque, je veux de la reconnaissance pour ce que je fais, or je n’ai rien, rien que des critiques, des reproches… J’arrête tout. Je refais mon testament au plus simple, V. ira se faire voir, de ne pas me répondre depuis début janvier. Je n’ai rien personne, pas d’appui solide. J’en ai marre.

Pour me réconforter, voici les 3 mails que je découvre dans mon courrier mail.

Premier mail

Yahoo! Mail

message d’une très mauvaise mèreDimanche 23 janvier 2011 16h41De:”G. y. <g.y.@..fr>À:”t.” <c.@.fr>
tout d’abord je dois vous dire que les termes “PAPY MAMIE C. FILLE PARENTS sont exclus définitivement de notre vocabulaire depuis le 21.12.2011;MONSIEUR R. Y. est revenu jeudi après sa visite chez vous plus ecoeuré qu’à la suite de votre horrible appel téléphonique cité ci-dessus à 17 heures 31comment as tu pu avoir l’audace d’écrire des lettres à notre juge  des tutelles pour lui parler de choses qui ne te regardaient absoluiment pas si M. f. . avait fait la mème chose cela aurait voulu di que R. Y. était incapable de gérer les affaires de son père  un con alors qu’il les gère parfaitement depuis 4 ans , comment avez-vous oublié le geste qu’il a fait pour vous ilk y a 4 ans ?CEST HORRIBLE  horrible !!!!!!!voir honteux !!!!r. y. et moi n’avons pas besoin du tout de vos services mr j. y. a tout ce qu’il faut à l’hopîtal  il ne manque de rien ne demande rien  si des suggestions viennent des médecins nous les accepterons à conditions qu’il n’y ait aucun acharnement sur une personne de cet age là  vous n’avez pas le pouvoir de le remettre à 20 ans !!!!réfléchissez plutot à vos propos ridicules !!!!!heureusement la juge nous a appelés , mème génée de s’adresser à des gens de 80 ans qui gèrent parfaitement la tutelle de leur père depuis 4 ansà suivre dans un autrre mail

Deuxième mail

Yahoo! Mail

suiteDimanche 23 janvier 2011 17h00De:”G. y.” <g.y.@..fr>À:”t.” <c.@.fr>
la juge était surprise de lire vos lettres dans un tel comportement c’est bète et enfantin.MR P. t. vous avez votre famille alors occuppez vous d’elle et lachez la notre svp r. y. vous l’a dit à plusieurs reprisesseul r. y. est le représentant légal de son père à la vue de la justiceje m’adresse maintenant à toi c. t. non à ma fille que je n’ai plusparlons de tes grands parents maternels  dont tu ne te souviens plus bien sur que tu as une recnnaissance éternellle pour ceux d’a. en souvenir de ce qu’ils ont fait pour vous lorsqu’ils étaient tous les 2 quand vous alliez les voir l:s avaient l’argent facile beaucoup d’argent personne ne le contzste à a. ils ont simplement oublié qu’ils avaient un fiçls unique et unr autre petite fille ceux-là ne sont jamais passé à lz caisse !!mais heureusement qu’ils nous tenaient au courant de toutes leurs largesses à votre égard !!!!!à suivre  dans un autre mail

Troisième mail

Yahoo! Mail

suiteDimanche 23 janvier 2011 17h14De:”G. .y” <g.y.@..fr>À:”t” <c.@..fr>
mais je vous rassure tout de suite la fortune est épuisée lorsque mr j. y. l’a distribuée sans en savoir la valeur à tous les passants de larue mème pour se faire acheter un morceau de pain ou faire une lessive par exemple il y a 4 ans d’ou les dispositions que nous avons dues prendre heureusement des personnes honnètes nous ont alertés pour vous en particulier ont été une mine d’or !!!!tes grands parents maternels  eux n’avaient pas d’argent mais ils avaient leur coeur et leur sincérité ils t’ont gardée de l’age de 2 ans à 6 ans avec un dévouement exceptionnel , et quand ton grand-père malade t’a demandé de l’aide apeès vous avoir pr”té sa maison tu étais aux abonn&s absents !!!voilà la diffarence avec seux d’a. !!à suivre dans un autre mail
 
 

Première impression, déception par rapport à mon père, que je pensais nous avoir quittés en ayant appris et compris bien des choses, et ensuite elle est folle.

Sur le 1er mail.

J’ai donc eu de « l’audace » en écrivant à « leur » juge des tutelles, peut importe pourquoi, en fait, ça elle s’en moque !

J’apprends donc qu’ils auraient la tutelle depuis 4 ans…On n’a jamais critiqué leur gestion, mais bien leur inhumanité. Traiter le pauvre vieux de « con » constitue une preuve irréfutable de leur absence totale d’amour pour lui. A moins que « le con » ne soit mon père. C’est la première fois en 57 ans que j’entends ma mère nommer le sexe féminin !

Ils n’ont peut-être pas la conscience si tranquille que ça à ce sujet, s’ils en rajoutent sur leur parfaite « gestion ». Ce que je dois retenir c’est leur geste d’il ya 4 ans, quand ils ont donné leur accord (si cela ne leur coûtait rien, bien sûr, cf Dossier avec Mme G.) pour que Grégo soit placé dans la concession familiale de mon père : quoi de plus normal, ils auraient même dû le proposer, mais de fait, c’est la seule chose qu’ils aient faite pour nous dans notre terrible malheur (j’oubliais les 3 petits mots en 4 ans, « la bise de Papy » sur notre pare-brise).

Comme si on cherchait à « redonner 20 ans à Pépé », c’est fou, vouloir donner du confort à un vieux n’a rien à voir avec cette utopie. Qui est-elle pour dire qu’il n’a besoin de rien, elle ne l’a pas vu depuis des années ! On n’a pas besoin de « nos services », incroyable, la présence qu’on a offerte à Pépé pour pallier leurs carences, leur abandon, il n’en a pas besoin, ce n’est pas ce que disait l’infirmière chef après notre visite en décembre. Elle revient je pense sur l’offre qu’on a faite à Papy de le conduire en A., puisqu’il aurait des difficultés à s’y rendre par ses propres moyens, ça l’embêterait bien qu’on y aille ensemble !

Il apparaît clairement aussi qu’aucun effort ne sera entrepris pour prolonger la vie de Pépé, déjà à son premier faux pas (tomber), ils ne l’ont pas loupé : « la maison est fermée pour toujours ».

Comme si leur âge, avancé leur donnait tous les droits, voire la sagesse, la juge devait effectivement être gênée  qu’on lui relate de tels faits (l’état de la maison, l’absence de visite de leur part…), que cela existe plutôt qu’on le lui signale. Et comment entendre que le bien-être de pépé ne me regarde pas. S’ils faisaient leur devoir, je n’aurais pas à m’en mêler. La juge devait être étonnée d’un tel comportement, pensant effectivement que j’inventais, c’est pourquoi, elle a dû leur « conseiller », comme Papy m’en a menacée, de porter plainte.

Rappelons quand même que j’ai entrepris cette démarche auprès du juge, à l’issue de l’échec de mon appel au secours pour Pépé, où il m’a injuriée. C’est incroyable aussi qu’ils en aient noté l’horaire à la minute près, je me souviens que je tremblais de partout, je n’ai pas du tout pensé à l’heure.

Et le titre, qui a dit qu’elle est « une très mauvaise mère » ? C’est elle. Je n’ai même pas formulé qu’elle est une mauvaise belle-fille, j’ai uniquement relaté des faits. Elle doit bien savoir qu’elle n’a pas été et n’est toujours pas une bonne mère, et donc comprendre pourquoi je serais à même de la « détester », comme me l’a reproché mon père au téléphone en décembre.

Enfin, quel ridicule de dire « Monsieur R. Y. », de retirer des termes de son vocabulaire, ceux-ci pouvant parfaitement convenir pour le reste de la famille qui bénéficie de sa bénédiction (pour me trahir peut-être). Je note les fautes d’orthographe, si rares d’habitude qu’elle se moque de ceux qui en font, les caractères gras, les majuscules, tout ça montre une grande colère, l’absence de relecture, donc un profond mépris pour son interlocuteur.

Sur le 2ème mail.

Je ne vois pas ce qu’il y a de « bête et d’enfantin » à signaler l’abandon moral d’un pauvre vieux, c’est au contraire un acte adulte et réfléchi, car je savais ce que je risquais en retour, de leur part (même si ce n’est pas à ce point, quand même !). Il faut toujours qu’ils me rabaissent, me ramènent à l’état béni pour eux, où j’étais enfant, totalement sous leur coupe.

Encore une formule avec du monsieur pour P., qui ne peut « s’occuper » à la fois de sa famille et soutenir un membre de la mienne, qui est, pour cette partie-là, largement la sienne. Elle lui demande de « lâcher » cette famille, péjoratif toujours, j’avais l’impression qu’on s’en occupait plutôt.

Comment sait-elle ce que nous a dit Papa, si ce n’est qu’il lui répète tout, pourtant il nous a bien signalé qu’ils étaient tous les deux comme « des rails », qui ne se rencontrent donc jamais. Il a un double langage, avec elle et avec nous, mais pourquoi lui dit-il tout ?

Ensuite, elle s’adresse à la femme de mon mari et donc pas à sa fille, j’ai commis une telle faute qu’elle me retire ma filiation, qu’est ce que ça sera si j’avais réellement commis un acte grave. Il est net que jamais elle ne m’aurait aidée, mais bien enfoncée encore plus (cf l’épisode de mon « vol à 17 ans).

Donc, le sujet suivant est mes grands-parents maternels, « dont je ne me souviens plus » puisque je suis allée souvent en Auvergne ! Je ne suis peut-être pas un prix Nobel, mais j’arrivais à gérer mes 4 grands-parents sans en léser certains au profit des autres. Pourquoi veut-elle toujours qu’on choisisse ?

Pourquoi aurais-je une reconnaissance éternelle (toujours les grands mots) envers les Y., et bien elle a trouvé, c’est que j’ai profité de leur richesse, bien connue d’A.. Comment expliquer ce paragraphe, là je cale un peu. D’abord parce que Pépé et Mémée étaient loin d’être riches, généreux peut-être avec d’autres, mais à part une pièce à Grégo (ce qui est gentil mais normal) lors de nos visites, et quelques tableaux, les dernières années, où nous étions les seuls (pendant 8 ans notamment) à venir les voir, je ne vois pas ce qu’ils nous ont donné (à part l’amour de ma grand-mère et l’humour de mon grand-père). De fait, ils ont quitté P. en 1970 parce qu’ils ne pouvaient plus payer le loyer à la B., ils avaient donc dans les 60/70 ans. Je crois que Lucien leur a prêté de l’argent pour acheter la maison.

Mon grand-père a dû se mettre à faire du tout-venant, genre des matelas, pour répondre à la demande locale et survivre. Il a arrêté de travailler vers 80/90 ans et doit toucher un minimum vieillesse. Je ne vois pas à quel moment ils ont eu une fortune.

Leur fils unique les a abandonné et ne le regrette même pas à l’heure actuelle (« c’est eux qui sont partis »), ma sœur a dû y aller une fois, je ne vois pas ce à quoi ils auraient pu prétendre ! Notons que pour les 90 ans de Mémée, que nous avons fêté sans le « fils unique ni « l’autre petite-fille » (qui est décidément une sainte, puisqu’elle n’avait aucun sentiment pour ces grands-parents-là, il est vrai déjà âgés quand elle est née, et qu’elle n’a pas connu les autres), nous lui avons offert une tv couleur (photos à l’appui, si nécessaire), nous les avons emmenés au restaurant, puis Pépé seul aussi. Il râlait d’ailleurs après qu’il avait trop mangé ! Nous l’avons fait promené en voiture, tant que cela ne présentait pas de risque pour sa santé et qu’il en avait envie, nous lui avons offert ses derniers chocolats chauds au café d’A., il en était si heureux…

On arrive maintenant à de la pure diffamation : nous serions « passés à la caisse », c’est non seulement grotesque, puisqu’elle dit partout que nous sommes immensément riches (cf l confidence de ma mère à ma belle-mère, comme quoi je ne savais « pas quoi faire de mon argent, tellement j’en avais ») et que mes grands-parents étaient peu argentés, mais généreux, apparemment envers des personnes qui leur rendaient service sur place, ils faisaient ce qu’ils voulaient de leur argent.

Ce qui est surprenant, c’est qu’ils auraient informé le fameux « fils unique » de leurs « largesses » à notre égard. C’est les considérer soit comme des idiots, soit comme des personnes machiavéliques, ils n’étaient ni l’un ni l’autre. Encore des compliments !

Il est également curieux que l’avoir bancaire de Pépé avant la mise sous tutelle, (dont nous avons vu le montant sur les relevés figurant sur le bureau de Pépé, au moment où nous avions diligenté une demande d’aide ménagère et qu’on nous demandait de fournir des justificatifs pour appuyer la demande) ait été si important s’ils avaient distribué leur agent, avec leurs revenus si minimes, comment auraient-ils pu reconstituer une telle somme s’ils nous avaient donné quelque chose de substantiel. Rappelons que Pépé n’était pas soumis à l’impôt.

Là, ça fait mal, car c’est injuste et honteux de nous accuser ainsi, déjà si c’était vrai… Que des grands-parents gâtent la famille qui vient les voir au détriment des absents, cela pourrait se comprendre, mais c’est faux, c’est même monstrueux de penser qu’on est allés les voir pour récupérer de l’argent. Une fois de plus, elle montre son ignorance totale de la possibilité de sentiments, gratuits.

Sur le 3ème mail

La diffamation gravissime continue, des gens les auraient alerté, eux qui sont unanimement détestes à A. pour leur absence auprès de Pépé, comme si, par ailleurs, ils en auraient été au courant !

Que Pépé ait largement payé les services qu’il demandait à des voisins, c’est possible, mais à qui la faute ? Ils n’avaient qu’à s’en occuper, le faire aider au lieu de lui retirer tous droits sur son propre argent, à noter que la « prodigalité » n’est pas un motif suffisant pour une mise sous tutelle. Cette procédure s’est d’ailleurs bizarrement accomplie, dans le plus grand secret, avec des certificats médicaux bidons, car ne correspondant pas à l’état réel de Pépé, comme nous a dit récemment au téléphone son médecin traitant , le Dr N., « je ferai les certificats qu’on me demandera ».

Elle m’informe que la fortune est épuisée, ah bon, il y a eu une fortune ? Comment se fait-il alors que la hyène ait obtenu qu’il bénéficie (Mémée aussi, je crois), du fond national de solidarité, réservé aux personnes âgées les plus démunies, fonds qui se paie ensuite sur les biens  existants au décès, d’une pierre deux coups, comme ça elle est sûre que la maison d’A. partira ainsi. De toute façon, elle s’est toujours empressée de vendre au plus vite toutes les maisons dont elle a hérité ainsi que de leur contenu.

Revoilà le vieux complexe d’infériorité, ses parents « n’avaient pas d’argent » (mais des biens immobiliers de plus grande valeur que les Y.), « mais un cœur », ne peut-on avoir les deux ? Il faut encore choisir ! Je suis d’accord avec elle sur  le cœur et la faible richesse, et qu’ils m’ont élevée. A cause de qui, qui m’a abandonnée ? Effectivement, heureusement qu’ils étaient là, sinon, où serais-je allée, à l’assistance ? Elle ne m’aurait sûrement pas confiée à mes autres grands-parents ! je me souviens des bonnes relations existant entre mes deux grands-mères (l’une me convoyant sur une partie du trajet en métro pour rejoindre l’autre qui m’accompagnait pour la fin du voyage, ma Mamou partageant bien volontiers le plaisir de me garder avec son homologue, qui elle devait travailler et était donc moins disponible amis pour « qu’elle profite aussi » de moi, comme elle me l’expliquait gentiment. Je garde d’excellents souvenirs de ces jeudis partagés entre mes 2 grands-mères qui m’aimaient tendrement. Ce sont d’ailleurs les moments passés avec mes grands-parents, de nature différente qui constituent mes seuls bons souvenirs d’enfance.

Mon grand-père de S. m’a effectivement accueillie au premier étage de sa maison quand je n’en pouvais plus de la « tutelle », tins-tiens de mes parents, à 21 ans. Mais il m’a fait payer un loyer ! Mais quand il en a eu besoin, j’ai toujours été là, nous l’invitions à la maison, allions le voir à la maison de retraite où l’avait collé mes parents, eux qui avaient changé leur numéro de téléphone et s’étaient inscrits sur la liste rouge pour contrer la multitude de ses appels ! Je me souviens qu’à son enterrement, je leur faisais déjà la tête, à propos de leurs graves manquements d’alors.

Le thème récurrent est bien toujours la jalousie, à noter que comme les Ynès, même sans argent, étaient généreux, recevaient la famille à Noël, savaient s’amuser, c’est trop pour cette femme frustrée.

NOUVEAU MAIL dès le lendemain, je ne réponds pas, car le combat est désespéré, mon cas est réglé par avance. Mais j’écris pour sortir ces horreurs  de moi, les contrer, rester digne devant tant de médiocrité et de méchanceté.

Yahoo! Mail
suiteLundi 24 janvier 2011 4h50De:”G. y.” <g.y.@..fr>À:”t.” <c.@..fr>
soit au téléphhone le 21 12 011ou à r. y. quand il t’a dit dans quel état de santé je me trouvais à cause de vous tu lui as répondu : ah ELLE JE NE PEUX PAS LA VOIR et que tes propos mr t. s’est empressé de confirmer tu ne crois pas que c’est terrible d’entendre cela pour une mère qui t’avait écrit une grande lettre d’affection immense lors de nos retrouvailles j’avais repris confiance en toi  tout l’été je t’ai donné des souvenirs très précieux pour moi venant de tes grands parents maternels de superbes livres pour vous mr t. de jolis meubles en couvenir d’uzerche , c’est ignoble de me traiter ainsi rappeles-toi que r. y. ne faisons qu’un depuis 60 ans tu ne veux pas encore détruire ce qui est indestructibler. y. a fait fermer la maison d’a. depuis le 18 12 pour toujours et pour tout le monde c’est SA MAISON et pas celle de son père c’est la décision qu’il a prisece message ne te fera pas de mal il ne nuira pas à ta santé puisqu’il est écrit par celle qui avait cru ètre une vraie mère en te donnant la vie avec un si grand bonheur et 16 heures de douleurs extrèmes le 2 10 1953 à 14 heures cette femme indigne que je suis et que tu as mise à la poubelle la femme que je suis et que tu détestes le plus au mondeje te demande de ne plus aller fleurir les tombes de la famille F. tu nous as tous salis toi et ton mari, s’ils vous voient ils doivent ètre si malheureux mon père qui t’appelait : c. la supérieure, c. la première intellectuelle de la famille f..fin de mon message

 


http://row.bc.yahoo.com/b?P=uyl6SFf4b7uoZ2MtTTm7XgPWU8ykuE0.5KIABCha&T=13uemqnai%2fX%3d1295967394%2fE%3d398315028%2fR%3dfrmail%2fK%3d5%2fV%3d3.1%2fW%3dJR%2fY%3dFR%2fF%3d579016777%2fQ%3d-1%2fS%3d1%2fJ%3dD86FF857 Elle s’enfonce de plus en plus dans la paranoïa, et moi ça me renseigne (peut-être) sur les raisons de sa haine pour moi. Déjà sa souffrance à ma naissance, dont je réfute la responsabilité, et d’une ! Suffit-il de donner la vie pour être une « vraie mère », je ne crois pas, je suis même sûre que non, la preuve !

Sa seule preuve (!) d’affection réside donc dans une lettre ! Cela confirme donc qu’elle ne m’a pas montré d’autre affection en 57 ans ! Quelle chance j’ai gâchée, elle « avait repris confiance » en moi, ah bon, qu’avais-je fait pour en avoir été indigne, ah si, c’est vrai, j’avais balancé son panier, qu’elle me tendait au lieu de ses bras au (sur) surlendemain du départ de Grégo, après son sketche aux Pompes funèbres sur le paiement des frais.

Je l’ai mise « la poubelle » ? Elle le mériterait bien, mais je ne sais comment faire, au moins pour l’éradiquer de mon esprit, de ma vie qu’elle empoisonne, comme si je n’étais pas assez touchée par le malheur d’avoir perdu mon fils.

Elle serait une femme, je n’avais pas remarqué, elle ne m’a rien montré ni appris sur la féminité, bien au contraire (ch le chapitre 1). Et pourquoi la détesterais-je le plus au monde, que sait-elle de ceux qui m’ont fait souffrir, elle qui ne s’est jamais intéressée à ma vie autrement que pour la critiquer et estimer qu’il était normal d’être punie (par exemple en ayant connu le chômage, après avoir osé quitter la bienfaitrice Sécu où elle m’avait fait rentrer), ou dixit mon père que j’ai eu un cancer parce que j’ai coloré mes cheveux (ouh la femme qui veut être belle, voire séduire, quelle horreur !!).

Elle oublie, mais moi je les ai conservés, armée d’une sorte de pressentiment et aussi, parce que j’espérais tellement avoir (re)trouvé une mère, mes mails  de soutien, pour les sortir de leur dépression. Si je suis si mauvaise, pourquoi m’écrire, rien n’y fera, ça ne changera pas…s’est-elle seulement demandé qu’elle est sa part de responsabilité dans le fait que je ne veuille « pas la voir », que je la « détesterais ». Non, tout est forcément de ma faute comme toujours. Je commence à comprendre pourquoi ma « sœur » me déteste aussi autant, elle prend comme argent comptant toues les élucubrations de notre « mère ». Comme si j’avais pris en compte les critiques acerbes que celle-cime faisait de MF, au temps où je lui servais plus.

Elle m’a donné 2 vieux meubles (dont une armoire en morceaux) qui embarrassaient l’un de leur garage, et c’est en effet les seuls souvenirs d’U. dont je dispose, puisqu’elle a vendu la maison, en cachette, sans m’en informer. Les livres ne sont en rien superbes par rapport à ceux que je lui ai offerts cet été. Les cadeaux que je lui ai faits pour son anniversaire et la fête des mères… (sans motif, les cd de Jean Ferrat, juste pour lui faire plaisir, l’aide pour ses abonnements…) ont une belle valeur, et j’ai vendu, en ne ménageant pas mes efforts et en refusant tout argent leur vieille voiture, à sa demande. Quoique j’ai fait pendant nos « retrouvailles » pour leur faire plaisir, les aider, ils n’ont cessé de critiquer Grégo, de me critiquer… j’en ai supporté en silence, ne voulant pas risquer de rompre le fil fragile qui s’était un peu retissé.

J’ai bien noté qu’elle tient mon père, depuis si longtemps, que je n’ai aucune chance de le voir retrouver son libre arbitre et un jugement impartial.

Elle se dit rassurée sur le mal qu’elle risque de me faire, mais non, aucun et en fait c’est ça qui l’ennuie…

Dans la série j’élucubre, je voudrais la famille F., mes chers grands-parents, qui en m’élevant pendant 6 ans, m’ont empêchée d’être à l’image de ma mère, comme l’est ma bécasse de sœur, qui défend nos parents contre moi, juste parce qu’ils le lui demandent, sans savoir pourquoi, je me rebelle contre leur inhumanité, notamment face à Pépé, ce que même des étrangers comprennent. Je ne vois pas en quoi j’ai sali les F., si ce n’est parce qu’il faut choisir son camp : Y. ou F. !! Elle pense aussi régenter le règlement du cimetière, vais-je y être interdite ?

Ne serait-elle pas aussi jalouse de l’admiration que Papou me portait ?

Je me demande comment tout cela n’a pas éclaté plus tôt, je sentais bien qu’ils étaient bizarres avec des remarques comme « vous avez délogés les grands-parents »., mais toute cette haine enfouie, sans aucun motif que sa maladie mentale, incurable, car elle s’y sent tellement bien. Quelqu’un de normal se remettrait en question : comment un enfant peut-il détesté sa mère, comme elle m’en accuse, sans raison. Au départ, il me semble que l’enfant est obligé d’aimer sa mère, sa survie, mais qu’il s’en détache s’il ne reçoit pas ce qu’un enfant doit recevoir de celle-ci.

J’oubliais le chapitre sur la maison, « fermée pour toujours », c’est bien notre tristesse pour Pépé, qui je pensais était propriétaire, je crois qu’ils doivent considérer que la tutelle les rend omniscients sur Pépé et ses biens…Le pauvre qui prenait des précautions pour quand son fils hériterait. Si c’est mon père qui en est propriétaire, c’est qu’il l’a volée à Pépé et  en tout cas, il ferait bien de l’entretenir, depuis  30 ans qu’elle ne l’a pas été…

Pour me remonter le moral, un gentil message de mon amie Fanny.

De : f. l. <s.@y..fr>
À : c. t. <c.@y..fr>
Envoyé le : Dim 23 janvier 2011, 22h 44min 28s
Objet : Fw : Re : Re : Re : coucou

l’ordi  et moi!!!je répète hello ma chérie, ta famille pète les plombs, vaut mieux laisser tomber…ne vous inquiéter pas vous aurez toujours gain de cause sur eux qui abandonnent le Grand-Père.

 

 
Yahoo! Mail
Mardi 25 janvier 2011 19h51De:”patriceÀ:”cathe
—– MeDe : M. T.<m..t.@orange.fr>
À : pa Envoyé le : Mar 25 janvier 2011, 17h 34min 11s
Objet :
Fais pleine de bises à Catherine et dis lui que ses parents ne valent pas le chagrin ni la rage qu’elle se fait.MoniquePuis de mon amie S.

Yahoo! Mail
Mercredi 26 janvier 2011 18h55De:s.@yahoo.fr>À:c.@yahoo.fr>
Hello ma chérie,Mais quel est leur problème pour te harceler de la sorte, tu fais bien de tout noter et à ton tour tu pourras porter plainte et tu seras dans ton droit. Ils profitent que tu as toujours été bienveillante à leurs égards et d’une gentillesse, c’ est tout à fait normal que tu craques et vous avez quand même perdu l’être auquel vous teniez le plus au monde c’est pas croyable qu’ils ne te lachent pas ça ne leurs suffit pas …CROTTE ALORS. Si tu as besoin de moi pour intervenir n’hésites pas je suis là…ça me fais rager ce genre d’énergumène.Ma chérie je crois en la justice divine lui seul nous procure un réconfort, je sais ce n’est pas le moment mais ça m’aide beaucoup.Patrice qu’est ce qu’il dit de tout ces fous???N’oubliez pas je ferais toujours le nécessaire pour vous aider et vous soutenir dans vos épreuves.Pleins de bisous votre amie qui vous aime…— En date de : Mar 25.1.11, c.t. <c.@yahoo.fr> a écrit :c.@yahoo.fr>
Objet: Re : Fw : Re : Re : Re : coucou
À: “s.@yahoo.fr>
Date: Mardi 25 janvier 2011, 15h02coucou,J’étais inquiète que tu prennes mal ma réponse pour juillet, elle était un peu abrupte car j’ai vraiment craqué ce week-end, j’ai même refusé de voir C….

Ma “mère” continue son harcèlement, cette fois par écrit, je garde tout, comme ça si elle m’attaque vraiment en justice, j’aurai du répondant. Mais c’est quand même hallucinant, que non seulement elle ne m’aide pas, mais qu’elle m’enfonce le plus qu’elle peut.

bisous.

C.

 


HELLO m— En date de : Ven 21.1.11,c.@yahoo.fr> a écrit :c.@yahoo.fr>
Objet: Re : Re : Re : coucou
À:s.@yahoo.fr>
Date: Vendredi 21 janvier 2011, 10h43coucou ma belle,Merci pour ton autorisation, ça fait du bien car mon père vient de nous apprendre qu’il allait peut-être porter plainte contre nous, car nous défendons mon grand-père contre sa volonté à lui!!!Pas mal, n’est-ce-pas? Je suis bien récompensée de mes soins et attentions! Mais je le fais et le maintiendrai pour mon grand-père qui compte sur moi.Par rapport à ta remarque de l’autre jour sur ma mère, sache qu’elle m’a peut-être portée mais jamais chérie, je m’en serais aperçue!!!C’est vrai que c’est difficile à admettre pour la plupart des gens qui ont une famille normale…C.

 


 


 


P— En date de : Mar 25.1.11, catherine trinquet <ctrinquet@yahoo.fr> a écrit :De: c.t. <c.@yahoo.fr>
Objet: Re : Fw : Re : Re : Re : coucou
À: “f.l” <s@yahoo.fr>
Date: Mardi 25 janvier 2011, 15h02coucou,J’étais inquiète que tu prennes mal ma réponse pour juillet, elle était un peu abrupte car j’ai vraiment craqué ce week-end, j’ai même refusé de voir C….Ma “mère” continue son harcèlement, cette fois par écrit, je garde tout, comme ça si elle m’attaque vraiment en justice, j’aurai du répondant. Mais c’est quand même hallucinant, que non seulement elle ne m’aide pas, mais qu’elle m’enfonce le plus qu’elle peut.bisous.

Catherine

 


HELLO m— En date de : Ven 21.1.11, catherine trinquet <ctrinquet@yahoo.fr> a écrit :Le 27 janvier 2011Je voudrais maintenant prendre du recul pour analyser cette horreur, la détacher de moi, me détacher d’elle. « je me détacherai », le nouveau disque de Sylvie Vartan, personnage qui m’a longtemps servi de substitut maternel à la mort de ma chère grand-mère en 73.Cette femme se trouve être ma génitrice, et cela me révulse physiquement, d’avoir dû séjourner dans ce corps…La durée de ma naissance ne révèle-t-elle pas que je n’avais déjà pas envie de vivre ? Que je pressentais ce qui me guettait. De fait, la douleur de cet accouchement et sa durée figurent parmi les premiers reproches qu’elle m’adresse maintenant. Elle avoue carrément ensuite, sans autre formalité, qu’elle m’a abandonnée pendant 4 ans, en notant simplement que mes grands-parents m’ont « élevée  de 2 à 6 ans ». Qu’elle n’envisage pas un instant le traumatisme latent de cet abandon, même s’il s’est avéré constituer les plus belles années de ma vie, où je n’étais pas dans ses griffes, mais à l’époque je en le savais pas. Pas de justificatif ni de regrets pour elle, c’était normal. Elle retrouve de l’affectif seulement pour me reprocher de « salir » ces personnes, parce que j’ai eu « l’audace » de m’opposer à elle. Il est incroyable de ne pas se remettre en question, de toujours considérer l’autre comme en tort.Comme le dit Lambert Wilson dans le magazine Psychologies de décembre 2010 « j’ai été trahi et abandonné, ils font un triomphe à mon frère et je me sens humilié…Je pense que cela explique que je me sois forgé une forme …courage. ».Elle préfère ma sœur, parce qu’elle a un compagnon socialement digne de ma mère, elle n’a pas fait comme moi ce qu’elle considère une mésalliance, comme celle qu’elle a fait en épousant mon père, dont elle déteste si violemment la famille, toujours en opposition avec la sienne. Elle ne s’occupe pas de la froideur de S., ami de ma sœur, qui les méprise du haut de sa situation aisée de trader. Une des premières choses qu’elle m’ait dite lors de nos pseudo retrouvailles de 2010, c’est que S. avait suivi M.F. en Suisse, comme si un trader allait dans ce pays pour suivre une employée de F. T. En ajoutant « tu vois comme il l’aime ! ». Reconnaissant quand je l’ai acculée, que c’était l’inverse, Papy pensant comme moi, que M.F. avait suivi son concubin.

Qu’ils soient partis pour des années en 2007, les laissant seuls puisque nous étions fâchés, après le pseudo chagrin que mes parents étaient sensés avoir de la disparition de Grégory n’est jamais évoqué, mais plutôt notre crime d’être partis en E. pour 2 ans en 1979, les privant de leur petit-fils, alors qu’ils sont privés de leurs 2 nouvelles petites-filles depuis des années…Il y a bien 2 poids et 2 mesures.

Tout cela me révèle l’immensité de sa méchanceté, je suis sûre qu’elle a déblatéré depuis longtemps sur moi, auprès de ma sœur, sur mes fautes à son encontre, me rendant sûrement responsable de ses « maladies », comme elle me l’a jeté à la figure le 3 septembre dernier. Le problème est que l’autre la croit, ne cherche pas à m’entendre, ne se pose pas de question sur le ridicule de la caricature qu’elle reçoit de moi, surtout au vu de mes actes réels (ex, mon aide lors de son premier accouchement). Du coup, elle ne sort de sa réserve qu’en cas très graves : mon chômage, mon cancer…, faisant son strict devoir, pour retomber ensuite dans son silence accusateur, ne ressurgissant que pour tenter de me remettre sans le droit chemin tel que l’impose ma « mère ».

Par ailleurs, je note que s’ils ne portent pas plainte pur diffamation comme ils nous en ont menacés, ce n’est pas parce qu’ils ont compris que notre objectif était sincère, mais parce qu’ils savent qu’ils ont tort, d’autant qu’on les assurés qu’on préparait nos arrières (avocat..).

J’ai trouvé 2 articles intéressants dans Psychologies de décembre 2010.

L’un qui explique que ma relation fusionnelle avec Grégo, dont j’ai pris à cœur les problèmes comme s’ils étaient les miens, viendrait de ma propre enfance, qui m’a sûrement fait vivre ce que je craignais pour lui (l’abandon, la détresse, la peur de mal tourner…) ou/et ma mauvaise image de moi en tant que mère qui m’aurait conduit à penser qu’avec une génitrice telle que moi mon fils ne pouvait pas être heureux…

Un autre article  montre l’indécence de l’amie d’une cancéreuse qui se plaint de sa propre souffrance, or ce n’est pas elle qui subit les « chimios, les nausées, la fatigue ». Son amie « ne se réduit pas au fantasme qu’elle a d’elle et qui ne lui appartient pas ». Ca ma fait penser à l’indifférence de ma parents pendant ma maladie, se plaignant de ce qu’ils subissaient, encore une fois, à cause de moi. C’est encore pire que dans l’article où la personne pense partager la souffrance de l’autre !

Peu à peu, les pièces du puzzle se rapprochent, toutes les humiliations, les critiques, les remarques de mes parents, de ma mère, tout ce mal qui s’est accumulé au cours des années, n’avaient qu’une origine, leur manque d’amour pour moi, parce que j’étais rebelle et ne correspondait pas à leur modèle idéal de petite fille, que j’aurais toujours dû rester pour leur plaire :  le mari, l’Egypte, la nouvelle maison, le nouveau travail… Que ce soit ma vie ne les intéresse pas, je ne devais et ne devrais exister que par rapport à eux.

De : f.l <s.@yahoo.fr> http://presence.msg.yahoo.com/online?u=styanany&m=g&t=0  
À : c. t <c.@yahoo.fr>  

 


Ma chérie,

…Je comprends que la situation du moment est loin d’être gaie.
Tiens le coup ma caty ils perdront un jour ou l’autre.

Gros bisous.

 

décembre 26th, 2010

Chapitre 3 Ma mère est une a-mère

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   Chapitre 3 Ma  mère est une a-mère

En ce 10 juin 2010, je tiens à mettre par écrit les réflexions que m’inspirent les derniers agissements de G. Y., ma mère pour l’état-civil, afin de m’en libérer une fois pour toutes.

Tant il paraît impossible qu’une mère puisse être aussi toxique.

Le mensonge, la manipulation, rien ne lui fait peur, puisqu‘elle a passé sa vie, du moins la partie que j’en connais, à monter ma sœur contre moi, mon père contre son propre père, après avoir tenté de faire jeter « des sorts » à sa belle-mère, fait des enquêtes sur le père des enfants de ma sœur, l’avoir faire suivre, comme elle l’avait fait pour moi, avoir tué nos premières amours à toutes les deux…

Aujourd’hui, grâce à ses écrits du 8 juin 2010, plus aucun doute n’est possible : cette femme est mauvaise.

Depuis nos retrouvailles de février 2010, après les 3 années où elle m’a laissée sans soutien dans l’épouvantable épreuve qu’a été la perte de mon fils unique, au prétexte que je l’avais mal accueillie, anéantie que j’étais quelques jours après le décès accidentel de Grégory, à 27 ans, mais en plus accusée de toutes les infamies pour m’isoler de mon père et de ma sœur, donc depuis cette date, elle n’a eu de cesse de me faire souffrir encore.

Par mails du 8 juin donc, et là je vois que si elle n’a pas perdu sa méchanceté, elle a bien baissé en matière de stratégie car il est incroyable qu’elle ait mis noir sur blanc ce genre d’aveu,  il est clair  que l’indifférence de ma sœur à mon égard lui est due : elle a monté depuis des années cette pauvre M.-F., soumise à sa puissance morale, contre moi, contre mon fils…Tout cela parce que nous sommes partis à l’étranger pendant 2 ans lorsqu’il était petit. Quelle logique ! Comment aurait-il pu ne pas nous suivre ? Et quel rôle avait à jouer dans son éducation ma sœur à l’âge de 10 ans ?

Et surtout, comble d’horreur, comment ma mère ose-t-elle continuer à me faire ce reproche, récurrent, alors que mon fils est décédé depuis 3  ans ?

Et, dans la foulée, elle ressort son vieux regret que Grégory ait préféré sa grand-mère paternelle, que j’apprécie moi-même, car elle a été notamment présente pour nous soutenir en 2007 quand Grégory est parti.

J’avais l’espoir de me dire que ma mère est malade, mais non, je suis maintenant sûre qu’elle est consciente de ce qu’elle fait, par exemple en mentant à mon père sur ses agissements.

Sous prétexte de « m’aider », alors que je lui avais bien demandé de ne rien faire en mon nom, mais seulement aux leurs, peinés de ne pas voir leurs petites-filles, à cause de l’intransigeance de ma sœur, elle lui a écrit (enfin m’a adressé la copie de sa lettre, mais celle-ci est-elle partie ?) en lui racontant que j’étais quasiment à l’article de la mort, des suites de mon cancer et que j’ai aussi triste de son indifférence à mon égard que du décès de Grégory (cf annexes). Monstrueux et tellement faux. Ma sœur n’ayant pas répondu, j’ai demandé à ma mère de faire part  à mon père de cet état de fait, pour qu’il sache vraiment comment se comportait ma sœur. Et là, revirement total, ma mère étant une « femme soumise », comme elle le précise, elle ne peut avouer à son mari qu’elle a écrit en cachette à M.-F., contre son avis ! Toute sa mise en scène s’écroule et elle est obligée d’avoir recours à des arguments fallacieux et vieux de plus de 30 ans.

Cette femme a monté mon père contre son propre père, qu’elle empêche d’aller visiter alors qu’il a 103 ans, sous prétexte que cet homme n’a pas été un père parfait ! Etait-elle là à l’époque et ne serait-il pas plus humain de tenter de les réconcilier, ce à quoi mon père aspire sûrement, car il souffre, comme il me l’avoue pendant les quelques minutes où nous pouvons parler librement quand il me raccompagne à ma voiture lors de mes visites. D’autant qu’il n’est pas sûr que la mort ne se charge de les séparer définitivement, laissant la blessure ouverte dans le cœur de mon père.

Elle a été tellement dure avec lui, qui lui sert de chauffeur, cuisinier, homme de ménage et souffre-douleur, tant le pauvre homme, au cœur d’or comme sa mère, ne peut imaginer le monstre qu’il a épousé. Un homme, qui même quand il est souffrant, se fait opérer, dont on repousse les rendez-vous médicaux…doit rapidement être opérationnel, pour servir encore et toujours.

Voilà, je n’ai plus de doute.

A partir d’aujourd’hui, le 15 juillet 2010, je vais mettre ici les réponses que mériteraient tes mails.

Hier, tu me demandais si tu pouvais me parler de l’arrivée d’A., puisque je te parle bien de nos loisirs ! Quelle cruauté, comment peux-tu faire l’amalgame entre ce que je te raconte pour vous divertir, vous qui ne sortez jamais de derrière votre fenêtre ou de votre garage, et des informations sur ma petite nièce, que je n’ai pas vue depuis, je te disais, 3.5 ans, mais non, ça fait plus de 4 ans. Pourquoi faut-il te mettre les points sur les « i », alors que tu as insisté par  3 fois pour glisser le sujet, que je ne t’avais rien répondu, pensant quand même que tu comprendrais de toi-même, déjà que tu n’aurais jamais dû me poser la question, après l’immonde histoire de la lettre à MF, envoyée, pas envoyée ? Tu mens comme tu respires…Comment une mère normale ne comprendrait-elle pas que je souffre de ne pas voir mes nièces, d’autant plus après la disparition de Grégory. Non, toi, tu appuies là où ça fait mal, assimilant nos « loisirs » à un grave problème de fond, histoire d’une famille inhumaine, comme il doit y en avoir peu.

Le  16 juillet 2010, elle m’écrit qu’il lui est impossible d’écrire à marraine P. pour Grégory, « mets-toi à ma place », j’aimerais bien je n’aurais pas perdu mon enfant !

Ce 17 juillet, je lui dis que j’ai écrit à marraine P., que j’ai assuré de mon soutien alors qu’elle me disait juste qu’elle ne voulait pas revoir cette famille, elle me répond qu’il aurait en effet été incorrect que ce soit elle qui annonce la disparition de Grégo.

Ce 27 juillet, en poursuivant ma lecture de la biographie de Marlène Dietrich, il me saute aux yeux que l’égoïsme monstrueux de cette femme, sans aucun sentiment ni considération pour son entourage est la même que ma mère, beauté et prestige en moins.

Elle a essayé de faire surgir une rancune envers les L, qui  « ne contactent les autres que quand ils en ont besoin », que marraine « doit être en maison de retraite, vu son état déplorable déjà il y a 4 ans »…

Et bien, N., l’une des filles de marraine vient de me répondre à la main, se disant  effondrée par le décès de Grégo, celui de son père étant dans l’ordre des choses. Quelle gentillesse, quelle absence totale d’égoïsme, je vais reprendre contact avec elle, comme elle le souhaite aussi. Quand je pense à la sécheresse des condoléances de ma mère envers son amie…

En ce 30 juillet, cela fait plusieurs jours qu’elle m’ignore, plus de mails en punition pour avoir osé lui refuser la copie de la gentille lettre de N., qui se disait effondrée de la disparition de Grégory. « Mère », ne se trouvant pas étrangère, dit-elle, pense avoir des droits sur les correspondances relatives à mon petit. Comme si elle ne s’était et ne se comporte pas comme une parfaite étrangère à ce sujet. Qu’elle est mauvaise, mais le livre sur Marlène m’a ouvert encore plus les yeux, oui, on peut être une mère et faire souffrir son enfant !

Le silence continue, quelle femme mauvaise, comment peut-elle se complaire à  me faire mijoter, attendant que je craque, que je revienne m’excuser comme d’habitude.

Mais là, je crois que c’est fini, hier j’ai failli lui envoyer une lettre explicative contenant ce que j’ai exactement sur le cœur, mais Patrice à qui j’avais demandé son avis, me l’a déconseillé. C’est tellement dur de non seulement ne recevoir aucun réconfort d’une femme qui devrait être la première à me soutenir, mais qui encore en rajoute, me tendant des pièges, m’obligeant à toujours jouer la petite fille qui doit mériter « l’ amour » de ses parents.

J’ai trahi Grégo en revenant vers eux, mais j’avais besoin d’eux, en fait, j’avais besoin de mes parents, mais ces gens-là ne me sont rien. Au regard d’un des amis de Grégo, qui vient de nous annoncer avoir donné à son fils Grégo en 4ème prénom, ce garçon est humain, il pense toujours à son ami. Ses grands-parents ne pensent pas à lui, ou alors c’est pour toujours faire les mêmes reproches : on ne l’a pas vu, il préférait Monique…Quelle indécence, comment ai-je pu entendre ça, et elle qui n’est pas venue à l’enterrement, non pas parce qu’elle ne pouvait pas, comme elle l’avait dit et avait donc déjà menti, mais pour « respecter » l’athéisme de Grégo. Elle est immonde, je la hais. Je n’ai aucune raison de la respecter, encore moins de l’aimer, je dois intégrer ça et cesser de souffrir à cause d’elle.

Comment mes « parents » peuvent-ils également admettre l’indifférence totale de ma « sœur » à mon égard, des parents normaux ne devraient-ils pas chercher à nous rapprocher, surtout avec ce que je vis, mais au contraire, je suis sûre que ma « mère » est à l’origine d’un mensonge qui a mis ma « sœur » contre moi, cela dit, elle assume aussi une grande part de responsabilité, elle est adulte, elle peut prendre une position personnelle.

Ces gens-là me sont TOXIQUES. Je dois les rayer de ma vie. Ils ne m’apportent rien, au contraire.

Et bien, nous sommes le 18 août 2010 et après que j’ai repris contact avec elle il y a 4 jours, sous prétexte d’un malentendu par rapport à leur éventuelle visite en Normandie et je subis de nouveau ses reproches agressifs: elle est écœurée, déçue par MON attitude, car j’ai préféré Nathalie à elle, si aimante et digne de confiance. Quel désastre, quelle injustice, elle qui trouve normale l’abandon de ma sœur !

Je ne me suis pas offusquée quand tu as refusé d’informer les L. sur le décès de Grégory, par “respect des convenances” m’as-tu dit, alors admets que je t’oppose aussi un refus pour les mêmes raisons.

La teneur du message que tu m’as dit avoir leur envoyé en guise de condoléances n’était pas particulièrement chaleureux et il n’est pas étonnant qu’il n’ait pas déclenché de réponse!

Le 3 septembre 2010, j’ai mis fin à mes relations toxiques avec cette femme, qui est hélas officiellement ma mère.

En ce jour de fête de Grégory, sans aucune pitié, elle a confirmé ses insanités habituelles, à partir de « l’affaire L.», dans laquelle elle me reproche d’apprécier la réaction adorable de N. à l’annonce par mes soins du départ de Grégory, puisqu’elle avait refusé de le faire pour m’ôter ce poids.

Et là, j’ai eu droit à la remontée de tous ses griefs, que je soutiens Pépé, que j’organise des fêtes pour lui, sans leur accord (appui de Papy), que je déteste MF, qu’elle ne va pas se fâcher avec elle pour moi, que je la maltraite, que je ne comprends pas ses belles attentions (comme par exemple, m’envoyer une carte pour la fête des mères !), pourtant j’avais fait attention de ne pas lui répondre à ce sujet, mais il aurait fallu que j’apprécie ce geste odieux, donc que je lui mente! Ce que je peux ressentir n’a aucune importance pour elle, je dois me conformer  à ce qu’elle attend de moi. Qu’elle doit  me céder pour tout (exemple : ne pas me montrer les  photos des petites…), et soutenue par Papy, menteur, qu’elle n’a pas PU et non pas voulu assister aux obsèques de Grégory, alors qu’elle l’avait clairement dit il y a quelques mois devant lui, ce qu’il avait d’ailleurs relevé avec étonnement à ce moment-là.

Elle m’a réclamé la fameuse lettre fictive à MF, me confirmant que cette dernière ne l’avait pas lue, je l’ai poussée dans ses retranchements en lui demandant comment il était possible de l’avoir récupérée des mois après, alors acculée, elle m’a dit que j’étais plus forte qu’elle, pauvre victime…Un froid quand j’ai dit que Papy avait cette lettre, puisque je lui avais remise en main propre, puis mensonge de sa part, apeuré et coincé, il a dit ne  pas l’avoir eue ! Il se souvient juste de notre conversation, alors que je l’avais gentiment conduit (il l’a dit) chez l’ophtalmo, mais ce dont il se souvient, c’est que je voulais qu’il se réconcilie avec son père, or il n’est pas fâché avec lui. Tout en ajoutant que son oncle s’est occupé de lui comme un père ! (elle, pas d’accord, cette fois !), la preuve, me dit-il ayant la tutelle de son père, il pourrait se venger en le plaçant en maison de retraite (ça le démange), c’est terrible de le penser ! Que ses parents ont toujours vécu dans la crasse, donc, ça convient bien à Pépé ! Comment a-t-on pu aller fêter les 100 ans de Pépé juste après avoir perdu Grégory ? N’imaginant même pas notre souffrance et notre envie de lui faire le plaisir d’avoir quand même des membres de sa famille à ses côtés, puisqu’eux étaient absents. Ils se sentent  coupables par rapport au maire, aux voisins, qui ne manquent pas de leur (lui) faire sentir et il me le fait payer (« bons samaritains », m’avait-il asséné il y a un moment)

Elle est aussi jalouse de Cyril, d’Aurélien, qui sont si gentils pour nous. Et c’est de ma faute si elle est malade. Elle se demande pourquoi je la déteste!

Ma sœur ne « m’aurait jamais parlé comme ça », « Papou et Nounou doivent être affligés par mon attitude » et enfin Grégory  a tous les torts de n’être pas allé les voir, empêchant même la « petite » de les visiter ! Alors là, j’ai craqué, hurlé que c’en était trop et je suis partie en claquant la porte. Papy a dû descendre pour m’ouvrir le portail, fermé à clef, me demandant de bien réfléchir, je l’ai embrassé, lui disant qu’il était toujours mon père, que s’il voulait me voir il savait où j’habite et qu’il a mon téléphone.

Voilà, c’est fini, je suis libérée, je n’ai plus à jouer la gentille fille, cherchant à correspondre à ce qu’ils attendent de moi, quitte à souffrir de ne pas oser être  vraie et en correspondance avec ma vraie pensée, qui les avait jugés depuis longtemps toxiques ; curieux, ma sœur peut tout faire, ils la défendent ! Je suis libre de penser ce que je veux, notamment d’eux, car ils se sont départis pour toujours de leur état de parents, n’en n’ayant aucun des traits. Ils m’ont laissée tomber lors de mon cancer (venus 1 fois pour me prendre en photo), lors de mon malheur incommensurable et en plus, ils m’accusent, m’acculent, me torturent, me reprochent d’apprécier la gentillesse des autres, qui ne sont des étrangers, mais comme dit mon médecin, « accrochez-vous à ceux-là », « laissez les autres, ils n’apportent rien », non, rien, si ce n’est de la souffrance en plus.

Ce 26 septembre 2010, je pense que mon père va avoir 80 ans la semaine prochaine et que nous ne fêterons pas cela, quelle tristesse, se priver d’un moment agréable, normalement de partage en famille. Mais moi, je n’ai pas de famille de sang. Je dois me rappeler les paroles qu’ils m’ont dites le 3 septembre pour me forcer à admettre qu’il n’y aura pas d’anniversaire.

Cet homme-là, en qui résidait mon seul espoir face à ma mère, m’a abandonné et au contraire en a rajouté dans l’horreur. Par exemple, « il n’a jamais été fâché avec son père », d’ailleurs si c’était le cas, il se « vengerait en le mettant en maison de retraite ». Pourquoi lui ai-je dit que j’aimerais qu’il se réconcilie avec lui, avant que Pépé ne disparaisse ? Peut-être simplement par gentillesse, pour lui éviter d’avoir des regrets, mais de quoi me suis-je mêlée ? Quand il en est au stade des « bons samaritains », parce qu’on est allés fêter le centenaire de Pépé, qu’on « organise des fêtes sans lui demander son avis, c’est quand même son père ! » Ah bon, il a un père dont il se préoccupe ? Comme il a osé me soutenir que l’autre, celle qui est ma soi-disant mère n’a jamais dit qu’elle ne voulait pas aller à l’enterrement de son petit-fils, elle l’a dit devant nous deux, il a même été étonné et lui avait dit « je croyais que tu ne pouvais pas ».

Il me ment comme elle me ment, avec la fameuse fausse lettre à MF, qui m’a fait espérer pour rien, elle ne risquait pas d’y répondre puisqu’elle ne lui avait pas envoyée.

Il assure n’avoir jamais eu la copie de cette lettre, que je lui ai remise en main propre. Non seulement ils ne m’aiment pas, mais ils n’ont aucun respect pour moi, encore moins pour ma souffrance, quelle souffrance, car « ils souffrent autant » ! Mais ils ne peuvent comprendre que N. soit effondrée… Comme si c’était impossible que la fille de ma marraine (qu’elle considère comme une étrangère), voire n’importe qui, soit atterré par le départ d’un jeune homme. Qu’ils osent encore le critiquer, c’est inconcevable et indécent.

Revenons au cauchemar de mes parents. Je ne dois pas oublier qu’ils m’ont menti : à propos de l’envoi de la fameuse lettre à Mf, de sa remise à Papy, de la vraie raison de l’absence de ma mère à l’enterrement, qu’elle nie maintenant avoir dit et qu’il conforte dans son mensonge. Comment peut-on être lâche à ce point ?

Qu’il m’a reproché de m’occuper de son père, sans son autorisation, qu’il s’entend bien avec lui, qu’il suffirait d’un mot de lui pour le coller en maison de « retraite », oubliant de préciser qu’ils gèrent l’argent de ce pauvre vieux, mais en ne lui apportent aucun soutien, aucune présence, qu’il a toujours vécu avec Mémée dans la crasse, que c’est une chance qu’une femme accepte de s’en occuper, que ce sont eux qui sont partis en province, alors il n’a qu’à en supporter les conséquences…C’est le monde à l’envers et c’est ignoble. J’espère que j’aurais la force de leur rappeler cela quand ils auront besoin de moi.

Je repense qu’ils avaient changé de numéro de téléphone et s’étaient fait mettre sur la liste rouge pour ne pas que Papou les joigne.

Je reconsidère, pour être allée hier porter des fleurs sur les tombes de S. qu’ils ont séparé mes grands-parents dans leur dernière demeure et qu’ils ont de justesse pérennisé la concession des grands-pères ! C’est la même totale absence d’émotion, de sensibilité face à l’âge et à la mort des êtres qui devraient leur être chers. Elle ne met jamais les pieds dans un cimetière, restant à la porte, faisant prendre des photos par mon père. Pourtant, elle se plaint en permanence de leur âge, qu’est ce que ce sera plus tard, s’ils sont vraiment immobilisés, car pour l’instant, rien ne les empêche de se faire plaisir, un restaurant, une séance de cinéma…Elle marche bien pour aller faire les courses… Mais, non, il est plus facile de rester assise derrière sa fenêtre en maudissant ceux qui ne viennent pas la (les) voir. Il ne faut surtout pas fêter un anniversaire, ça pourrait laisser filtrer quelques moments agréables, l‘âge en lui-même n’étant pas forcément drôle, mais au moins on a le plaisir (normalement) de se retrouver, de se faire ou de recevoir un petit cadeau.

Je me suis aussi rendue compte qu’ils n’étaient pas choqués par l’attitude de M.F. à mon égard, lui, nous plaçant à un même niveau de responsabilité, quand à sa tristesse de voir que ses 2 filles ne s’entendent pas. En tout cas, elle m’a bien précisé qu’ils n’allaient pas se fâcher avec M.F. pour moi !

Elle m’a assuré aussi que je serai responsable si elle devenait paralysée, que Papou et Nanou, mes chers grands-parents, devaient être bien tristes de voir ma méchanceté. Quel monstre, évoquer les seules personnes qui m’ont aimée (outre ma grand-mère paternelle) pour me coincer.

Ce n’est pas une mère, ce n’est pas un  père, ce sont des monstres, je dois faire avec cela, le reconnaître, en toute objectivité (je note la réaction stupéfaite et horrifiée des gens, médecins ou autres, quand je donne quelques exemples de leurs paroles), pour ne rien regretter, ne pas culpabiliser de ne pas aller les voir…Je ne leur dois rien, ils ne m’ont rien donné, en tout cas pas l’amour, ni la confiance en moi ni dans le monde.

Une petite dernière pour aujourd’hui, elle m’a à nouveau reproché, le 3 septembre, d’avoir « délogé » les grands-parents de mon père, qui occupaient la tombe de L’Hay, alors que comme le dit Mme G., on leur  a offert une bien meilleure sépulture, et que l’opération s’est faite dans les règles de déontologie et le plus grand respect, qu’ils n’ont même pas avec leurs aïeux directs (cf plus haut). Il y avait un moment qu’elle m’avait demandé (lors de l’énoncé du véritable motif de son absence à l’enterrement) pourquoi donc il avait fallu qu’on mette Grégo dans cette sépulture alors qu’il y en a d’autres ailleurs, familiales ou de dépendance géographique, je ne sais plus. Pourquoi ? Ca ne l’effleure même pas qu’on souhaite l’avoir le plus proche de nous, dans la ville où il a vécu la plus grand partie de sa vie, qu’on puisse aller lui rendre visite aisément, entretenir et fleurir sa tombe. Même sans aller jusqu’à notre visite quotidienne, un rapprochement me paraît relever d’une logique de base, mais non, pas pour elle. Mais qu’est-ce qui la touche, alors ? Rien, mon cancer, je l’avais bien mérité en me colorant les cheveux (dixit mon père alors que j’étais encore malade), pas le divorce de Grégo (elle l’avait bien dit, qu’il ne fallait pas qu’ils se marient)…

J’ai du mal à trouver des circonstances où elle, ils, m’auraient aidée, soutenue. D’ailleurs, c’est simple, je n’en trouve pas, pour ne pas dire qu’il n’y en a pas…

Le 1er décembre 2010

Les choses se décantent et apparaissent dans leur cruelle crudité. Ni mes parents ni ma sœur ne m’ont souhaité ma fête.

Il m’a échappé de dire à Patrice que toute ma vie j’attendrai d’avoir un signe d’amour de ce côté. C’est terriblement dur d’être ainsi abandonnée. Je me refuse à admettre que s’ils ne m’aiment pas, si je n’ai quasiment aucune amie, c’est que je ne vaux rien. Mais pourtant, force est d’y penser, bien que je ne me trouve pas responsable, par exemple, de la disparition de Françoise de ma vie. Pour une histoire de voiture, où je n’ai pas cherché à l’entuber, comment a-t-elle pu le croire, se laisser manipuler sans doute par son fils ? Me laissant, alors qu’elle connaît ma vie.

Comme je ne vois pas ce que j’ai fait de mal pour mériter ces abandons, je ne peux y remédier, je ne peux que supporter, sachant que la perte de Grégo est tellement lourde, ne s’atténue pas avec le temps, au contraire. Il est tellement présent, c’est comme s’il était encore là hier.

Je suis triste en pensant à mes parents qui vieillissent, que je ne reverrai probablement pas, mais d’un autre côté, sont-ils des parents ? Je repense aux mensonges éhontés de mon père pour sauver la face devant sa femme et qui n’est même pas revenu vers moi après. Je repense aux horreurs qu’ils m’ont dites  sur Grégo. Comment ont-ils pu en rajouter dans ma souffrance, qu’ils ne m’aident pas étant déjà inconcevable.

J’ai retrouvé une amie d’enfance sur un site internet, elle m’écrit avoir pensé me retrouver ainsi, elle pensait donc à moi, j’en suis retournée. Et ça me ramène à une époque où j’avais encore le choix, où j’ignorais l’horreur de ma vie, l’abandon par ma famille, la perte de Grégo, la maladie, l’absence de réussite, la petitesse de mon existence…Il n’y aura pas grand monde à mon enterrement et pourtant, je pense avoir été correcte et droite, n’avoir fait de mal à personne, dans le travail ou ailleurs. Et ce qui m’attend ?

décembre 26th, 2010

Chapitre 1 Du fond de la tristesse de mon enfance

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Je ne connais pas la misère des enfants dits nés sous « X », mais je connais mes parents, patronyme Y….

Non désirée, non aimée, comment se sentir favorisée, comment apprécier la chance d’avoir un père et une mère, d’ailleurs je ne les ai pas, c’est eux qui m’ont eue, et bien eue.

J’ai passé ma vie à chercher l’excellence, une sorte de purification qui peut-être aurait fait qu’ils m’aiment, puisque je n’ai sans doute jamais été assez bien pour mériter leur amour.

J’ai mis 54 ans pour renoncer à ma quête éperdue et pour comprendre que, quoi que je fasse,  jamais ils ne m’aimeront.

Pourtant, outre que j’ai été une jolie petite fille, une élève studieuse, une jeune fille rangée, je n’ai pas compris ce qu’ils attendaient de moi, puisque rien n’était pas suffisant. Comment savoir spontanément que l’amour des parents ne se mérite pas, qu’il est normalement acquis.

C’est à la mort brutale de mon fils adoré, quand ils m’ont vraiment abandonnée à mon malheur, que j’ai su qu’il n’y avait plus rien à attendre d’eux. C’est vrai que lorsque j’ai été très gravement malade un an auparavant, leur présence était dilettante, en effet c’était tellement dur pour eux d’avoir une fille cancéreuse, car bien sûr c’était de ma faute, je n’avais qu’à ne pas m’être coloré les cheveux, voilà à quoi cela mène de vouloir faire sa coquette, de vouloir être femme…

Car ils pensent que j’ai ce mauvais instinct dans la peau, comme lorsque je raccourcissais mes jupes pendant la mode des minis dans les années 60, j’allais sans doute faire le trottoir, disait mon père. Vouloir ressembler à ses copines de lycée, quelle aventure…D’ailleurs, au lycée, comme à l’école élémentaire de Sceaux, je me suis toujours senti différente, non intégrée au groupe et si timide.

Vouloir mettre en valeur mes jambes, quelle honte, ma mère m’a prise en photo de dos avec un jean que j’avais réussi à m’offrir, en commentant « regarde le gros derrière cela te fait »…

Lorsque je lis les conseils actuels aux parents pour ne pas traumatiser leurs enfants, pour leur donner toutes les chances d’être bien dans leur peau, je me dis que j’ai été quand même coriace pour continuer à vivre, pour sortir avec des garçons, pour me marier, car j’ai absolument supporté tout le contraire. Merci à eux de m’avoir forgé le caractère, tant pis s’ils m’ont gâché la vie.

J’imagine que les enfants abandonnés conservent en eux l’espoir de retrouver un jour leurs parents, de savoir quelles circonstances terribles les ont amenés à l’acte odieux d’abandon. Mais quand on vit dans leur maison pendant plus de 20 ans, on s’imagine gâtée par la vie : on n’a jamais eu faim ni froid, ni été physiquement maltraitée. Juste le souvenir humiliant d’une fessée en famille pour me punir d’avoir offert un des bijoux de ma grand- mère à mon institutrice de classe élémentaire…On ne s’est pas et on ne m’a pas seulement posé la question de savoir pourquoi, pourquoi j’avais besoin de l’attention, voire de l’amour de quelqu’un, quitte à l’acheter.

Abandonnée, moi, mais non, j’ai été confiée à mes grands- parents maternels depuis… je n’ai jamais pu savoir quand, mais jusqu’à mes 6 ans. Mes parents ne pouvaient pas me garder, à cause d’un logement trop exigu, paraît-il. Mais ils me reprenaient tous les week-end, paraît-il, je n’en ai conservé aucun souvenir.

Le premier évènement dont je me souvienne date de mes 3 ans, quand mes parents m’ont déposée devant chez mes grands-parents à l’issue de la cérémonie du mariage de ma marraine, à l’occasion duquel ils m’avaient « sortie ». J’en conserve le souvenir d’une grande injustice, car j’avais été sage comme une image, supportant mes gants blancs et mon bouquet pendant un temps qui m’a paru interminable, tout cela pour être écartée de la fête, en tout cas de quelque chose d’intéressant qui allait se passer ensuite, mais cela je l’ai juste pressenti, car il n’y a jamais été fait allusion ensuite. Car, n’est-ce pas, on dispose de son enfant comme bon nous semble, sans avoir à se justifier.

Je souffre encore de la façon dont certains disposent des autres. A 54 ans, j’ai pleuré pendant plusieurs jours d’avoir dû confier un chaton trouvé à une famille adoptive. Je suis persuadée que ce chat avait conscience que je l’avais sauvé, il mourrait de faim, était blessé, ne se laissait pas approcher. En quelques jours, il dormait enroulé autour de ma tête,  je ne pouvais pas m’asseoir sans qu’il ne se blottisse dans mes bras. Mais notre propre chat ne l’entendait pas de cette oreille et nous avons dû nous résoudre à passer une annonce pour donner mon petit protégé. Je pense à lui tous les jours, il me regardait en partant, il avait confiance et je l’ai trahi.

Toujours dans le même registre et vraisemblablement à la même époque de mon enfance, mon second souvenir remonte à la  terrible angoisse que j’ai ressentie lorsque je me suis retrouvée en home d’enfants à 1000 kms de chez mes grands-parents, en plein hiver, dans un environnement inconnu de haute montagne enneigée. J’ai cru que mon monde antérieur avait disparu, je n’avais plus de repères, totalement repliée sur moi-même. Finies les attentions de ma grand-mère, les possibilités de faire ma gracieuse pour la faire céder sur quelques petits caprices. Avec le recul, c’est comme si j’avais été incorporée de force dans une caserne à la loi sévère et inébranlable. J’ai eu beau tenter de faire ma belle, je me suis heurtée à une froideur irréversible et je me suis résignée : j’ai dû manger de tout (je me souviens encore des endives du mercredi, avec, une semaine sur deux, la possibilité de ne pas obtempérer, grâce à une monitrice compréhensive), faire mes lacets moi-même et, comble de l’horreur pour mon âge, partager mes colis de friandises.

D’aucuns penseront que je ne devais pas être bien malheureuse, s’il s’agissait là de mes seuls soucis, à première vue plutôt de confort puéril. C’est qu’à l’époque je n’ai pas réalisé que ce que je vivais était anormal : être soudainement séparée de sa famille pendant des mois, une éternité pour un enfant de 3 ans, sans savoir pourquoi, et surtout si cela finirait un jour. Mais j’en ai gardé une peur viscérale de l’abandon, acceptant parfois l’inacceptable pour ne pas être laissée. Et je me suis refermée sur moi-même, ne cherchant plus à comprendre, ayant peut-être déjà intégré que je ne méritais pas plus. Car les questions que j’ai tentées à ce propos, des décennies plus tard, auprès de mes parents, ont déclenché des salves d’incompréhension pour mon ressenti de l’époque, vexés qu’ils étaient d’être jugés négativement par une ex-enfant en souffrance (mais ce dernier point ne les a pas effleuré), non, ce qui les a gênés c’est que leurs “sacrifices” n’aient pas été reconnus à leur juste valeur (financiers : ils devaient venir en train, payer l’hôtel, perte de leur temps et fatigue : passer ainsi 2 week-ends par mois et recommencer à travailler le lundi, quelle horreur pour eux). Jamais ils n’ont évoqué le plaisir éventuel de me voir, de constater que j’allais peut-être mieux. Et surtout, ils n’ont jamais compris ce que je leur reprochais, car combien j’ai souffert.

Il m’en est aussi resté la prise de conscience de la froideur insondable de certains qu’on nomme à tort humains, contre laquelle on peut se heurter mais qu’on ne touche jamais; je comprendrai plus tard que c’est le principal trait de caractère de ma mère, avec la cruauté. Heureusement ce n’est pas le cas de mon père, lui, il est seulement lâche et parfois violent.

Cela veut dire que je n’ai pas eu la base de sécurité minimale, une tendre affection par ma mère et une solide protection par mon père. Ma mère était un mur contre lequel je me heurtais sans l’atteindre, tandis que mon père, s’il me manifestait un attachement certain, était très coléreux, pour se poser, je pense, devant sa femme. Il ne m’apportait aucune assurance face à la vie : il aimait à répéter qu’il était ouvrier, que ces choses-là n’était pas pour nous mais pour les nantis…Mais aucune ambition ne l’a jamais poussé à sortir de sa condition, dans laquelle il était d’ailleurs volontairement entré, puisque son père était « patron » et qu’il entré à la Compagnie des Wagons-Lits dûment pistonné par la marraine de sa femme.

J’ai eu une jeunesse insipide, je ne me rappelle pas d’éclats de joie, de rire, de moments de plaisir partagés avec mes parents. J’attendais que cela se termine, puisque, comme me le disait mon père, quand je gagnerai de l’argent, j’aurai droit à la parole. La seule issue sur laquelle nous étions tacitement d’accord était que je devais bien travailler à l’école. Les diplômes ont  été mon seul objectif pendant toutes ces années, où je me sentais tellement à part des autres.

Jamais je n’ai pu me mêler à un groupe, j’avais une seule amie à la fois, une à l’école primaire, puis  une au collège et enfin une au lycée.

Dès la première année d’école, j’ai senti confusément des différences, sans l’analyser comme aujourd’hui : les autres vivaient  avec leurs parents, avaient le confort moderne. Certes, j’habitais une maison apparemment  bourgeoise dans une belle banlieue parisienne, mais il n’y avait pas de salle de bains, de chauffage central, de télévision…, toutes ces nouveautés que je découvrais chez mes amies. Je n’avais pas de chambre à moi, je ne pouvais pas inviter qui que ce soit. J’étais seule, je lisais beaucoup.

Mais, au moins, j’avais l’humanité de ma grand-mère qui passait de longs moments à me brosser les cheveux, qui aimait les roses, se maquillait légèrement, se coiffait en un élégant chignon, qui m’emmenait en visite chez ses amies distinguées aux belles maisons. C’est à son contact que j’ai appris les bonnes manières. Chez eux, il y avait de la belle vaisselle pour le dimanche, des verres en cristal, de l’argenterie. Les pièces disposaient de cheminées en marbre, de parquets cirés, il y avait de beaux bibelots, un piano. J’ai, sans m’en douter, ainsi pris goût au beau. Quand mon grand-père m’a demandé ce que je voulais faire plus tard, a fusé « être danseuse étoile ». Mes parents ne m’ont jamais posé la question. Je savais juste, selon mon père, que je risquais d’aller laver les wagons si je sortais avec un garçon et que je me retrouvais enceinte.

Il n’a pas ironisé sur ce rêve. Il avait l’autorité sereine du patriarche. Jamais il n’a élevé la voix ni levé la main sur moi.

Mais il a sans hésiter éteint la télévision au cours d’une émission que je regardais, à 21 heures pile, l’heure indiquée par mes parents pour mon coucher, c’était en décembre 1965, j’avais 12 ans et c’était les vacances scolaires. Je n’ai jamais oublié, j’en souri en l’écrivant, mais je l’ai toujours respecté. Incident collatéral, s’en est suivie une passion pour l’artiste dont il a interrompu la chanson.

Il a aussi fait naître mon féminisme, car il était traditionnellement et gentiment misogyne, me narguait-il quand il constatait qu’il n’existait pas de femme chef d’orchestre? Je trépignais devant tant de mauvaise foi et tentait d’argumenter, en vain. En tout cas, il n’était pas question que sa femme travaille, elle devait rabioter sur l’argent des courses pour entretenir la maison qu’elle avait héritée de ses parents. S’est insinuée en moi l’idée que jamais je ne dépendrai financièrement d’un homme.

Ils étaient musiciens : elle jouait du piano, lui du violon. Il écoutait de la grande musique, lisait des ouvrages philosophiques dont les titres me semblaient inaccessibles. Il essayait de m’intéresser à son monde, mais j’étais trop jeune. Je pense souvent à lui quand je lis quelque chose de passionnant, j’ai envie d’avoir son avis, de partager avec lui. Même âgé, c’était un homme distingué, qui ne s’est jamais négligé, toujours bien vêtu, bien coiffé, rasé de près, il sentait bon. Et puis, il était gourmand, nous achetait un gâteau le jeudi, jour « d’école off » à l’époque…

Elément fondamental, ma chère grand-mère avait su renoncer à me mettre à l’école maternelle, où je m’étais crue abandonnée à nouveau le jour de la rentrée, accrochée en larmes aux grilles, me demandant si je la reverrai. J’en suis tombée malade, et cela en a été fini de la maternelle.

Donc, outre le vague sentiment de ne pas être comme les autres, mais qui était devenu ma nature, j’étais bien.

Hélas, cette vie tranquille a eu une fin, vers mes 6 ans, quand mes parents m’ont « reprise ». Comme me l’a dit récemment ma mère, elle ne pouvait plus me laisser à ma grand-mère car j’étais tout le temps malade. Etait-ce ma faute ? Pour elle, cela ne fait aucun doute, étant donné le ton de reproche avec lequel elle m’a asséné cette joliesse.

Il est vrai qu’à partir de l’âge de 3 semaines, j’ai toujours été malade : allergie au lait, à la mère ? Comme c’est surprenant ! Asthme…Ma naissance avait été l’occasion de longues souffrances pour ma mère, comme elle se plaisait à s’en plaindre, j’étais donc déjà un « objet » de difficulté au moment de mon premier souffle. Méritais-je de respirer, de vivre ?

Donc, me voilà à 6 ans qui part vivre chez mes parents, finie la douceur du temps qui passe tranquillement avec ma grand-mère, toujours présente. Première action de ma mère : faire couper mes cheveux, si longs, si beaux, trop sans doute et puis cela n’était vraiment pas pratique à coiffer. Le second souvenir de cette époque me montre avec mes parents, convoqués chez ma maîtresse d’école, qui, très pédagogue, a annoncé que je ne saurai jamais lire. Piquée au vif,  un mois après, je lui donnais tort.

La méthode forte me réussit parfaitement, sauf que j’en ai gardé une peur viscérale de faire des fautes, de me tromper. Par exemple, les dictées mettaient mon cœur à rude épreuve, je n’avais pas le droit à l’échec, on ne me l’accordait pas  et je reprenais le challenge à mon compte. Peut-être me disais-je que je deviendrai aimable si je réussissais comme mes parents le voulaient. Mais non, aucune louange, cela était normal pour eux, heureusement que j’avais la facilité d’apprendre, de fait, tout mon être était tendu vers ce but.

Peut-être est-ce pour cela que j’ai encore tant de difficulté à me détendre, à lâcher prise.

Chez mes parents, il n’y avait ni livres, ni beaux objets, tout était fonctionnel. Personne ne jouait de musique. Leur maison était la plus moche de la rue. J’avais honte d’y rentrer et lorsque j’étais accompagnée, je faisais semblant  d’habiter la maison d’à côté. Je n’étais pas chez moi dans ce petit pavillon moderne et modeste. Mes rares rêves qui s’y situent encore aujourd’hui - je trouve la porte entrouverte, la maison vidée - révèlent le manque de sécurité que j’y ressentais, il fallait fermer les volets la journée car  nous avions été cambriolés.

A cette occasion, je me souviens avoir eu honte de mes parents, qui sont allés voir les voisins pour leur demander d’éventuels témoignages. Objectivement, la démarche paraît normale, mais c’est leur attitude, leur façon d’expliquer que toute la paie de mon père avait été volée, j’avais l’impression d’une petitesse prolétarienne. Que faisais-je avec ces gens-là ? Qui, en plus avaient tout pouvoir sur moi, comme ils ne manquaient pas de me le rappeler à l’occasion. Intellectuellement, je ne me suis jamais sentie proche d’eux. Ma mère n’était pas coquette, leurs vêtements étaient basiques, certes ils n’étaient pas riches, mais mes grands-parents non plus, mais ils portaient la classe en et sur eux.

J’ai un peu honte de cette critique de leur maison, car ils y avaient mis toutes leurs économies, s’étaient couverts de dettes pour la faire construire, sur un terrain de famille d’une jolie banlieue, heureusement qu’ils n’ont pas eu le choix de la localisation, car nous n’aurions sûrement jamais habité dans ce quartier résidentiel.

Ce pavillon, je l’ai fait démolir 20 ans plus tard, pour construire une « maison d’architecte », avec mon mari, mes parents nous ayant offert une ristourne de 5 millions anciens en nous la vendant, ce qui nous a quand même endettés pour 15 ans.

Pour être juste, je dois préciser que ma mère m’avait  proposé le choix entre  leur pavillon et la maison de mon enfance chez mes grands-parents. J’avais échafaudé des plans d’agrandissement, de rénovation, mais l’ampleur des travaux m’a fait peur, il y avait un immeuble en face, pas très joli, j’avais envie de nouveauté…Je regrette encore ce choix, et je ne peux passer dans le quartier sans émotion. Il ne reste plus grand-chose du jardin de ma grand-mère, de ses rosiers…Mais la maison a été bien mise en valeur par ses nouveaux propriétaires.

J’ai eu encore la chance d’y habiter pendant la construction de notre maison, mais elle était devenue vétuste. De fait, ma mère l’a vendue pour payer ses frais de succession  au décès de son père. Par la même occasion, elle s’est débarrassée de tous les meubles de son enfance et de la mienne, en les donnant chez Emmaüs. Je revois la petite armoire vitrée où étaient rangés mes petits vêtements, le tiroir où ma grand-mère rangeait ses bijoux, son fard à joue, son parfum à la violette…

La démolition de la maison de mes parents a été l’occasion de premiers francs reproches de leur part, ils n’ont tenu aucun compte du fait qu’il s’agissait d’une progression architecturale, et qu’ils avaient agi de la même façon des années plus tôt, avec la maisonnette du grand-père de Papa.

Cerise sur le gâteau, d’après ma mère, il paraît que ma sœur leur a reproché de me l’avoir « donnée », qu’elle en a été frustrée, n’étant pas en âge de l’acquérir, puisque nous avons presque 16 ans d’écart.

De toutes façons, je n’ai pas non plus été une « bonne sœur » : lorsque je commençais à sortir le soir, à 21 ans (licence d’enseignement en poche) mon père me reprochait le triste exemple que je donnais à ma sœur de…5 ans. Comme si je devais calquer mes occupations sur les siennes !

De fait, c’est cette même sœur qui m’a aussi laissée tombée après le décès de mon fils, après plusieurs phases d’années de silences et de retours, sans explication. Elle m’a beaucoup aidée lors de mon cancer, mais dès l’annonce de ma guérison, plus personne…Le malheur des uns fait-il le bonheur des autres ?

J’étais en transit, un jour je pourrai partir, manger ce que je veux, ne pas avoir de compte à rendre, ne pas subir d’intrusion dans mon intimité. Cela me rappelle une anecdote que j’avais racontée par hasard à un psychiatre et qui avait sursauté en la qualifiant de pratique monstrueuse. Ma mère avait l’habitude de contrôler mes selles, et au moindre problème, elle m’obligeait à mettre un suppositoire sur lequel avait préalablement salivé pour l’humidifier. Avant la remarque du médecin, je ne ressentais pas l’indécence de la chose. Cela faisait partie d’un ensemble  auquel j’étais confrontée en permanence. Je n’existais pas en tant que personne, il est vrai que Dolto n’était pas encore passée par là, mais je n’ai jamais entendu de pratiques similaires  dans d’autres familles. Curieusement, presque 50 ans plus tard, un cancer du rectum m’a été diagnostiqué, mon corps s’est-il souvenu de ces intrusions ?

Mais, déjà à l’époque de mes 13 ans, une terrible épreuve m’attendait : ma chère grand-mère est partie, je n’ai pas eu le droit de l’accompagner ni à l’église ni au cimetière pour lui dire combien je l’aimais, qu’elle était la personne la plus importante du monde pour moi, et que jamais rien ni personne ne la remplacerait. La terre s’est arrêtée de tourner, j’ai cru devenir folle, j’ai refusé de m’alimenter…Je n’avais plus de modèle, plus d’amour maternel. Mon autre grand-mère était charmante, mais elle était moins proche de moi, ce n’était pas ma «Mamou ». Je ne peux me rendre sur sa tombe sans pleurer à chaudes larmes. C’est mon premier grand malheur.

Je réalise que c’est à cette période que j’ai commencé à m’intéresser à une artiste, jolie, élégante, qui a dû me servir de substitut de modèle féminin. Car ma mère était tout sauf féminine, confondant sûrement féminité et mauvais genre. En tout cas, j’ai été fort étonnée lorsque ma sœur s’est annoncée, car l’acte sexuel,  sans qu’il m’ait été décrit, était sous-entendu comme sale et vulgaire…Comment ont-ils donc pu faire ça ? D’autant que mon père a cru bon de m’expliquer les circonstances de sa conception.

Quand j’avais interrogé mon père sur le sujet, prenant le prétexte d’avoir vu 2 chiens copuler, il m’a dit que cela était pareil pour les humains. Beurk, pas question d’amour, de tendresse, non, l’acte cru. Du coup, je me suis sentie sale d’avoir fait quelques gestes et d’y avoir pris du plaisir, cela se confirmait, j’étais vraiment mauvaise. Ma mère m’a juste précisé que si je continuais, je ne pourrai pas avoir d’enfants. Charmant, mais heureusement, la nature était la plus forte, et j’ai continué à prendre le risque. Confusément, je me demandais si la sanction annoncée était possible, mais le projet d’enfant était très éloigné de mon actualité : réussir mes études, en finir avec cette vie de muette, de murée.

Ma mère ne m’a jamais rien expliqué de l’évolution physique qui m’attendait, contrairement à ce qu’elle a prétendu au médecin qui lui posait la question. C’est ma grand-mère paternelle qui m’a offert mon premier soutien-gorge, qui me faisait des petits cadeaux chez le bijoutier, qui jouait le jeu, prenait les petites bagues avec des pinces pour me les présenter, comme pour une riche cliente. Elle m’offrait des magazines de mon âge, me donnait une belle pièce en argent à chaque visite. Elle ne tenait pas compte du « régime » que j’étais sensée suivre : pas de bonbons, ni de chocolat, rien que du plaisir dont me privaient mes parents.

Voici un exemple symbolique de nos relations mère-fille. Je hais d’ailleurs les publicités « Comptoir des cotonniers » qui mettent en scène des mères et leurs filles, visiblement complices.

Lorsque j’ai eu besoin d’un appareil dentaire,  que je n’ai jamais pu supporter, eh bien, ma délicieuse mère m’a fait signer un papier comme quoi je serai responsable si j’avais des problèmes ultérieurs, de fait, elle cherchait à dégager sa responsabilité. Son inquiétude portait non pas sur la potentialité de difficultés dentaires pour moi, mais sur le fait qu’elle puisse en être tenue responsable. Un écrit de ce type la rassurait donc pour elle-même : c’était son unique souci, qui démontre, s’il en est besoin, combien je comptais peu à ses yeux.

D’où a pu lui venir cet égoïsme forcené, qui trouvera de multiples occasions de se manifester à mon encontre ? Nous avons été élevées par les mêmes personnes. Je suis au contraire d’elle très, (trop ?) affectée par les soucis des personnes qui me sont chères.

J’ai l’impression de n’avoir eu aucune importance  dans sa vie, sauf à lui causer des ennuis ou des soucis. Elle m’a d’ailleurs dit un jour que j’étais un échec pour elle. Je venais de quitter la société qui m’employait, où elle m’avait fait embaucher 19 ans plus tôt car elle y travaillait ! Ma faute est sans doute d’avoir voulu voler de mes propres ailes, j’avais moi-même trouvé un nouveau job, mieux rémunéré et plus intéressant, et j’avais garanti mes arrières en prenant un congé sabbatique dans ma première entreprise. Je pense donc, en la matière, avoir  agi en adulte…

Curieusement à ce souhait affiché de me garder sous sa coupe, mon père m’a lancé dans les années 80, j’avais alors presque 30 ans, que j’avais toujours mes « couches au derrière ». Jolie expression reçue en pleine face, devant ma mère, ma sœur, mon mari et mon fils, alors que nous recevions mes parents en Egypte, où nous avons vécu pendant 2 ans.

A qui la faute, si j’étais engluée à eux ? Mes modestes tentatives d’émancipation s’étaient soldées par des mises en accusation. De fait, je me mettais ainsi en infraction avec leurs codes.

Ce séjour en Egypte a  été le sujet de tous les reproches jusqu’au dernier jour où j’ai parlé à ma mère. Mon mari a eu l’opportunité professionnelle de ce détachement et j’ai eu celle de le suivre avec notre fils qui venait de naître, en bénéficiant d’un congé parental.

Cela a été La FAUTE, que ma mère m’a régulièrement reprochée, même lorsque mon fils est décédé : ils n’avaient pas pu le voir souvent lorsqu’il était petit. C’est même ce qu’elle m’a écrit, à défaut de me prendre dans ses bras, de me consoler de cette perte incommensurable, comme j’aurais pu l’attendre d’une mère.

Ma mère ne m’a jamais touchée mais m’a toujours atteinte.

Je comprends qu’ils aient souffert de notre départ, mais mes beaux-parents ont eu le même problème et ne nous en ont jamais voulu, sachant que cette période a été formidable pour mon mari, mon fils et moi-même. Nous avions des conditions de vie d’expatriés, un grand appartement, nous étions tous les trois ensemble dès 13 heures, car mari avait des horaires aménagés à cause de la chaleur, nous visitions le patrimoine historique, oh combien riche de l’Egypte, nous passions l’après-midi dans un ancien club anglais…

Avant notre départ, ma mère a demandé à ma meilleure amie de tenter de m’empêcher  de partir. Cela ne l’aurait pas gênée que je laisse mon mari pour elle.

Elle s’est à peine intéressée à mon fils lorsqu’il est né, puisqu’elle n’allait pas pouvoir en profiter ensuite ! Ma belle-mère m’a rapporté qu’elle ne s’est pas précipitée pour le voir à la clinique à cause de cela. A moi, elle a dit qu’elle laissait la priorité de la visite à ma belle-mère. Comme s’il était incongru qu’elles viennent ensemble.

Ce séjour nous aussi permis de mettre de l’argent de côté, ce qui nous a aidés à nous lancer dans la construction de notre maison, autre sujet hautement tabou.

Je me demande comment une mère peut vivre tranquillement à quelques kilomètres de sa fille qui a perdu son fils, en toute indifférence.

Cette absence a précipité notre rupture, la fin de nos relations qui n’étaient plus que sociales, mais ont-elles été un jour autre chose ? Nous nous sommes côtoyées par obligation, pour elle comme pour moi. Elle ne pouvait pas officiellement m’ignorer, et je ne pouvais pas assurer ma survie sans elle, sans eux. Ils me l’ont fait payer très cher, ce droit (ce devoir ?) à la vie

Parmi les amabilités de mon père, celle-ci figure en bonne place pour m’aider, en pleine adolescence,  à être sûre de moi. Il m’a lancé qu’ils me « sacrifiaient  ma sœur », à savoir que pour payer mes études (la fac à l’époque était quasiment gratuite), ma mère devait continuer à travailler et donc mettre ma sœur en nourrice (quotidienne, elle, par rapport à l’abandon hebdomadaire de mon enfance). Cette remarque a résonné comme un coup d’épée dans ma poitrine (d’ailleurs toujours restée fort mince, comme si j’avais arrêté de me développer au décès de ma grand-mère et aussi pour ne pas devenir femme…et ne pas déplaire au souhait de mes parents de me considérer à jamais comme, non pas leur enfant, mais leur propriété).

Son injustice m’a sidérée : qui ont-ils sacrifié quand ils m’ont fait garder pendant 6 ans par mes grands-parents ? Ma mère a toujours travaillé ; mon père et elle n’ayant jamais eu l’ambition de sortir de leur condition, pourtant plusieurs occasions s‘étaient offertes à eux, comme ils me l’ont raconté plus tard.

Et puis, elle me projetait en ennemie de ma sœur, alors que c’est grâce à moi que celle-ci avait échappé à la crèche, où j’avais été choquée de la récupérer en T-shirt déchiré et fait des pieds et des mains pour qu’ils la retirent. D’un même coup, ils me plaçaient, là encore, en coupable et égratignaient l’amour que j’avais pour ma sœur, dont je m’occupais beaucoup et que j’essayais  de protéger de leur sévérité.

C’est inhumain et inapproprié, dans  mon cas, de parler de sacrifice d’un enfant pour un autre.

De fait, je me suis sentie redevable et j’ai commencé à voler pour rembourser ma dette.

D’abord, ce fût des produits alimentaires au supermarché du quartier, à l’époque, il n’y avait pas de bornes ni de vigiles. Je rapportais mon butin et ma mère le prenait.

Parfois, je volais des bricoles pour moi. Et puis, alors que j’avais 17 ans et que je préparais mon bac, j’ai sévi dans un grand magasin. J’ai volé un manteau en lapin pour ma sœur, pour qu’elle ait le même que moi, que j’avais reçu en cadeau d’anniversaire ou de Noël.

Mais là, je me suis fait prendre par un vigile et je me suis retrouvée en cellule, après interrogatoire. J’ai cru mourir de honte. Mon cursus scolaire par rapport à mon âge a permis l’indulgence du magasin qui n’a pas porté plainte.

Mais le pire restait à venir. Ma mère est venue me chercher au commissariat, avec ma sœur dans les bras, comme une pauvre femme chargée d’enfants. Et là, elle m’a accusée de toutes les horreurs, omettant que mes précédents larcins ne l’avaient pas traumatisée. Non, elle avait honte de moi, honte pour elle, honte de ce qu’elle avait dû faire à cause de moi : se déplacer jusqu’à un poste de police. Je n’ai pas osé lui exprimer le mal que me faisaient son rejet et surtout son injustice. Si elle m’avait blâmée lorsque je rapportais de la nourriture, je ne serais jamais allée plus loin, ne serait-ce que par crainte de lui déplaire. Or, j’avais volé pour lui plaire, pour mériter en quelque sorte ma place à table, puisque je participais à son approvisionnement.

L’argent a constitué le nœud de la guerre.

Ma licence en poche à 21 ans à peine, je me suis autorisée à sortir. D’abord pendant les vacances, où j’ai connu mes premiers émois, bien chastes. Puis, à la rentrée, où inscrite en maîtrise en attente de reprendre les cours, j’allais danser, et après bien des humiliations car j’étais tellement innocente, j’ai rencontré un garçon dont le principal charme était qu’il s’intéressait à moi et surtout qu’il me permettait de m’évader de mon milieu. Grâce à lui, j’ai découvert de magnifiques appartements dans Paris, le 16ème, le luxe, la beauté.

Mais, j’ai  là encore été humiliée, je n’avais ni les bonnes chaussures ni les bons vêtements de la jeunesse dorée qu’il fréquentait.

J’ai compris plus tard que, très vite, il s’est désintéressé de moi, mais que je lui servais : je l’aidais pour ses cours, il était au lycée Charlemagne, genre fils à papa qui sait que son avenir ne dépend pas de la qualité de sa scolarité.  Et puis surtout j’avais une voiture, certes une modeste 4 L, mais bien utile pour transporter ses copains, comme lui trop jeunes pour avoir le permis. Un jour, je me suis retrouvée derrière, avec lui qui conduisait, sans permis donc, un de ses copains à côté de lui. Accepter l’inacceptable pour ne pas le perdre, ne pas me retrouver dans ma triste banlieue. Une autre fois, il m’a demandé de l’argent pour offrir des fleurs à une autre, qu’y a-t-il de plus humiliant ? J’ai accepté.

Et c’est là que mes parents sont  intervenus, non pas pour me sauver de cette dépravation dont ils  ignoraient évidemment tout, mais parce qu’ils s’étaient aperçus (mon père m’ayant suivi ou fait suivre) que ce jeune homme fumait des joints. Je n’y avais jamais touché.

Bien entendu, ils n’ont engagé aucune discussion avec moi, ils ont directement pris contact avec ses parents pour mettre fin à cette relation, quasi-platonique. J’ai eu sa mère au téléphone, plus accessible que la mienne. Elle m’a fait comprendre que contrairement au début, il ne tenait plus à moi. Elle était désolée qu’il m’ait demandé de l’argent dans les conditions évoquées plus haut…C’était bel et bien fini, alors il m’a  fallu reprendre pied dans mon contexte « familial ». Quelque temps avant, mes chers parents m’avaient sommée de leur rembourser la fameuse 4L, puisqu’elle me servait à fréquenter ce jeune homme.

Je ne pouvais évidemment pas puisque j’étais étudiante, c’est donc là qu’ont pris fin les études si ce n’est brillantes mais au moins sans aucun faux pas.

Toutefois, cette histoire m’avait permis de tenir tête pour la première fois à mon père, qui m’avait menacée de ne pouvoir retourner à la maison si je  retrouvais ce garçon qui me le demandait au téléphone. Et aussi à ma mère, à qui j’ai dit que si je me suicidais, après la rupture qu’elle avait orchestrée, ce serait de sa faute.

Bizarrement, il n’y avait pas eu de sanctions particulières à ces sorties désespérées de ma condition de sous-humain.

Si, d’un côté, j’acceptais la fin de cette histoire, dont je sentais bien qu’elle était destructrice pour moi et sans issue…, de l’autre, c’était le retour à ma vie morne et triste, sans pouvoir m’échapper de cette maison qui me faisait horreur, d’autant que depuis la naissance de ma sœur, j’avais été reléguée au sous-sol.

Certes mon père avait aménagé, du mieux qu’il avait pu, une chambre à côté du garage, je m’y sentais mal, j’avais froid, il y avait un risque accru d’araignées, et j’en avais honte. Comment y recevoir des amies ?

J’ai souvent naïvement pensé que mon premier amour s’était détaché de moi à cause de la modestie de ma condition dont la vision l’avait dégoûté de moi ? C’était peut-être la condition de ma survie que de refuser de considérer que c’était tout simplement parce que JE ne l’intéressais plus. Je ne pouvais pas m’autoriser à penser cela, j’avais déjà une telle mauvaise estime de ma valeur.

La vie avec mes parents était devenue insupportable, mais je n’avais pas les moyens de partir, une solution  s’est alors imposée. J’allais habiter le premier étage de la maison de mon grand-père, ma fameuse maison d’enfance. Certes, il me faisait payer un petit loyer (que ma mère, dans sa grande mansuétude, m’a remboursée quand elle a hérité de la maison, au décès de son père), mais j’étais presque libre. Mon Papou faisait bien son petit rapport à mes parents, mais il ne voyait que du feu à mon emploi du temps, j’étais devenue plus maligne pour brouiller les pistes !

Je me suis lâchée, je sortais les vendredis et samedis soir, je dormais tout le dimanche, j’ai fréquenté des personnes qui ne l’étaient pas vraiment, j’ai bu plus que de raison, j’ai suivi des garçons dans leur chambre avant de changer d’idée et de les laisser en plan… J’ai eu beaucoup de chance, je n’y ai perdu qu’un bracelet de valeur, que j’avais confié à l’un d’entre eux pour qu’il le fasse réparer !

J’écoutais la musique qui me plaisait, j’avais arrangé mon petit appartement avec du bric et du broc, mais à ma façon. J’avais une affiche magnifique d’un héros masculin qui cachait la belle glace classique sur la cheminée en marbre, je mangeais ce que je voulais, très peu. Presque le paradis. Le travail m’excédait, je voulais le quitter. Mais il me fallait de l’argent.

A ressurgi l’idée que mes parents m’avaient mis dans la tête : mon salut viendrait par le mariage, n’est ce pas mieux que de travailler ?

Trouver un mari, cela après que ma mère se soit chargée de me trouver des amies ! J’ai beaucoup souri quand la personne de confiance qu’elle avait trouvée, une de ses collègues, a été hospitalisée pour avorter !

Donc à 21 ans, j’étais angoissée à l’idée de ne pas trouver de mari, j’étais tellement nulle, qui voudrait de moi ? Je resterai seule…Alors, j’ai répondu à une annonce dans un magazine qui comportait une rubrique ad-hoc ! Je crois même que ma mère m’avait fait inscrire dans une agence matrimoniale !

Là encore, j’ai eu de la chance, je suis tombée sur un provincial très cultivé qui m’a fait découvrir les spectacles de danse, le cinéma, les restaurants chinois des beaux quartiers…

Nous avions des relations très structurées,… il me faisait prendre un bain (comme une pute, mais je n’avais pas de baignoire à Sceaux.), puis nous avions des rapports intimes. J’étais plus portée dessus que lui,… c’était agréable et tranquille. Il me parlait comme à une grande personne.

Mais le charme, même si ce n’en était pas un, car je ne l’ai jamais aimé, a été rompu quand il m’a dit qu’il se marierait un jour, mais pas avec moi. Encore une fois, j’étais rejetée, pas suffisamment bien pour…

La honte de ma première fois ne m’a jamais quittée, même si en l’analysant, je ne m’en suis pas trop mal sortie, je l’ai vraiment cherché, je n’ai pas été violée. C’est juste que le cadre était sordide, avec un garçon que je n’aimais pas et que je n’ai jamais revu, mais qui m’avait fait croire qu’il était étudiant en médecine, le rêve pour m’en sortir et comme m’y poussaient mes parents, trouver à me placer, et vite avec un bon parti.

Vers la fin de mon adolescence, j’avais eu quelques échappatoires avec la marraine de ma mère. « Vieille fille » comme on disait à l’époque, volontaire, un caractère bien trempé, un solide job, dans la même entreprise que mon père, mais comme elle lui faisait aimablement remarquer, elle était, elle, à « la direction de Paris ».C’était elle qui l’avait fait rentrer dans l’entreprise, où il végétait toujours.

Cette femme me fascinait, j’aimais aller dans son appartement à Paris au-dessus du Jardin des Plantes, c’était un dédale de pièces aux parquets recouverts de tapis, qui sentaient le parfum capiteux.

Lorsque nous étions invités, pour le Jour de l’An, où elle servait du foie gras (de fines lamelles, mais c’était le premier de ma vie), je me faufilais dans son cabinet de toilette, j’essayais ses produits de maquillage, je lisais ses magazines. Tout cela avait un léger parfum d’interdit et me comblait.

Et puis elle avait une servante qu’elle commandait avec une autorité naturelle : j’étais stupéfaite, je n’avais jamais vu une chose pareille, mon père n’ayant jamais su m’imposer que ses colères et ma mère, ses bouderies.

Elle commandait des plats à un traiteur qui les lui  livrait, je n’avais jamais assisté à cela non plus, je crois que j’ai mis là un premier pied dans le luxe, enfin ce qui l’était pour moi, par rapport à mon quotidien,  et j’en ai gardé le goût toute ma vie.

Marraine Jeannette m’a emmenée au cinéma, voir Mourir d’aimer et Love story, j’étais en pleurs, mais aux anges devant tant de romantisme. Après la séance, nous allions au salon de thé, c’était le rêve. J’échappais à ma vie morose et monotone. Il y avait donc autre chose à vivre.

Un jour, je l’ai vu donner un énorme pourboire au serveur d’un restaurant de l’aéroport d’Orly (comble du luxe à l’époque), où elle m’avait invitée, avec son chauffeur chevalier-servant (?) qu’elle avait entrepris de me faire fréquenter, j’avais 17 ans, lui au moins trente, bien élevé, bel homme. J’étais flattée, mais tellement loin de tout marivaudage, une vraie petite oie blanche. Je pense que je l’ai déçue, de fait elle est décédée peu après et le chevalier a volé tout ce qu’il a pu dans l’appartement et à la banque. Mes parents se sont beaucoup plaints, ont tenté des démarches minables, ont récupéré les restes, dont une maison en province qu’ils ont quasiment laissée à l’abandon et voilà.

Ils n’aimaient pas cette personne, car elle était une femme qui savait ce qu’elle voulait, c’était la plus riche de la famille, elle s’assumait, elle en imposait à tout le monde, même à mon grand-père. Je ne pense pas qu’ils appréciaient qu’elle me sorte, elle me donnait un mauvais exemple, mais ils n’osaient pas la contrarier.

Je pense à d’autres exemples de l’humanisme de ma mère. Quand elle a été confrontée à la nécessité de renouveler la concession de la tombe où mon grand-père était enterré, avec son père, ma mère ayant souhaité le séparer de sa femme (démarche déjà surprenante), elle m’a informée que les restes seraient déplacés dans ce que j’ai cru être une urne à placer dans un mur du souvenir, ayant bien essayé de me faire payer le renouvellement.

Malgré la quasi nausée qui m’a submergée devant son manque total de lien affectif avec son père, j’ai immédiatement pensé que ce n’était pas à moi de faire son devoir à sa place. J’ai pu récupérer la pierre tombale qu’elle aurait laissée partir à la décharge, sans état d’âme. Mais lorsque la fête des morts suivante est arrivée, mes fleurs sont restées dans mes bras, car il s’est avéré que mes grands-pères n’avaient plus de sépulture, plus de place nominative, ils avaient disparu même de leur dernière demeure. J’ai su plus tard, qu’au dernier moment, elle a payé le renouvellement et j’ai rapporté la pierre tombale, après avoir repeint les caractères.

Une autre intervention de ma mère avait marqué le début de ma distanciation, quand j’ai commencé à entrevoir que je n’étais pas obligée d’aimer, ni même de respecter quelqu’un qui agissait ainsi.

Elle avait demandé à une spécialiste du genre de jeter un sort à sa belle-mère. Je l’ai su par mon grand-père qui m’a montré son courrier et la réponse de la personne qui se refusait à ce genre de pratique, peut-être disposait-elle de dons immatériels qui avaient pu faire penser à ma mère qu’elle les utiliserait pour faire le mal. Cette découverte m’a fait envisager une autre vision de celle qui se trouvait en situation d’être ma mère, mais qui n’en avait pas la qualité.

J’ai entendu un auteur se plaindre de son adolescence interminable et désastreuse. C’est tout à fait ça !

Dans le film « Incendies » de Denis Villeneuve, en janvier 2011, j’ai noté cette réplique : «  L’enfance est un couteau planté dans la gorge. On ne le retire pas facilement ». Tellement vrai.

Après le collège, je suis allée au lycée Marie Curie à Sceaux : bonjour la différence de niveaux, mais bon, à part en maths où j’ai toujours été nulle, ça s’est bien terminé par un bac avec mention. Ensuite, un peu au hasard, j’ai opté pour des études d’histoire-géo à la nouvelle fac de Créteil, et là, révélation : super intéressant, je me suis dit que j’allais être prof ou même faire de la recherche.

Mais mes charmants parents en ont décidé autrement et, comme ils m’ont coupé les vivres, je n’ai pas pu aller au de-là de la maîtrise et j’ai dû travailler, à la Sécu, qui s’est présentée la première. L’horreur absolue, mais avec mes diplômes, j’ai pu passer des concours et je me suis retrouvée cadre à 25 ans. Je mettais des lunettes pour avoir l’air plus vieux!

Ensuite, j’ai gravi pas mal d’échelons, à petite vitesse, car j’avais choisi le temps partiel, ce qui était très mal vu à l’époque. Enfin, au bout de 19 ans, étant arrivée au maximum envisageable, je suis partie vivre l’aventure d’une mutuelle (congés sans solde de protection, quand même), mais cela s’est quand même assez mal terminé à cause de divergences politiques notamment, d’où licenciement brutal, alors que je venais de faire venir ma meilleure amie comme adjointe, pour la sauver aussi de la sécu…On a gagné aux prud’hommes et entre temps, j’avais investi une autre mutuelle, pas plus folichonne que la première, et alors, au bluff,  postulant pour le cabinet du maire d’une commune du Nord de Paris, je suis embauchée et hop, re-concours et je me retrouve attachée d’administration.
Et, attention la chute : perte des élections par le maire, qui était pourtant là depuis 18 ans. Du coup, je me retrouve, pour sauver les meubles, directrice de la communication d’une  mairie proche de chez moi. Le genre de poste où on ne tient pas longtemps non plus, donc je demande et j’obtiens (c’est rare, il paraît) un détachement pour le ministère de la défense où je m’occupe de finances! Et là: super : l’ambiance, les collègues, le travail, le lieu, à proximité des grands magasins…Et je suis titularisée dans la foulée.

Riche mais plutôt mouvementé…C’est la version soft, que j’ai envoyée à un ami perdu de vue. Et retrouvé.

décembre 26th, 2010

Chapitre 2 Le plus grand malheur du monde

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Chapitre 2 Le plus grand malheur du monde : le décès de mon fils unique

Au décès de Grégory, quand ma mère m’a complètement abandonnée, entraînant dans son sillage mon courageux père et ma sotte de sœur, j’ai définitivement (pensais-je) rompu tout lien avec elle et ma famille. Cela n’a pas été si dur qu’on pourrait le penser, c’était le point final, l’aboutissement, les masques étaient tombés, plus personne ne ferait d’effort pour arranger les relations. Enfin, je n’avais plus peur de me tromper, de faire mal, de me faire reprendre…

J’ai d’ailleurs songé qu’elle m’avait fait jeter un sort, avec toutes les horreurs que j’ai subies.

La trahison de mon ex belle-fille m’a fait beaucoup plus souffrir, j’y pense d’ailleurs quotidiennement. Et je n’arrive pas à analyser pourquoi. Elle était belle, mon fils l’avait choisie, il était fier d’elle et moi je l’aimais. Je l’ai gâtée avec plaisir, elle me donnait l’impression d’être proche de nous. Je la considérais comme ma fille, j’ai pleuré quand je l’ai vue essayer son voile de mariée. Mais elle a bafoué Grégo, en lui faisant croire ou en le trompant. Elle l’a trahi, l’a abandonné, il a horriblement souffert. Lui, c’était moi.

Heureusement, c’est lui qui l’a mise à la porte lorsqu’il s’est rendu compte de sa trahison, il est resté digne, ne lui a pas couru après, a accepté le divorce, n’a pas marchandé, mais ne s’est pas laissé dépouiller. Elle est revenue vers nous quand il est parti, nous aidant dans les démarches, nous accompagnant pendant la terrible semaine. Elle avait l’air tellement sincère dans sa peine, se montrant jalouse de la nouvelle amie de Grégory, se comportant comme une veuve éplorée.

Et puis, elle est venue chercher ses affaires dans l’appartement avec un beau garçon, soit disant employé de la mairie, en fait son nouvel ami.

Je voulais qu’elle emporte tout, qu’elle ait le cœur à retrouver les objets qu’ils avaient choisis ensemble, mais ce qui l’intéressait était un cadeau de sa grand-mère antérieur au mariage et ses meubles de famille. Elle m’a tendu, sans le regarder, un cadre avec leur photo de mariés, j’en avais les larmes aux yeux, tout cela ne comptait plus pour elle, cela avait-il compté un jour ?

Elle qui avait des liens plus que forts avec son père, qui portait la bague de fiançailles de sa mère quand elle est décédée. Grégory avait accepté tout cela, il a dû en souffrir sans jamais l’avouer.

Nous avions toujours craint qu’elle ne le laisse pour un autre, plus riche, plus mûr, plus ? C’est nous qui ne nous sentions sans doute pas à la hauteur, mais de quoi ? Elle avait une froideur, une capacité de détachement, comme … ma mère. Les corbeilles de mariage, à la poubelle, sa robe, elle ne l’a même pas emportée quand elle a récupéré ses vêtements. Son alliance, elle a souhaité qu’il l’emporte avec lui dans la tombe, tout le monde a compris qu’elle mettait fin à leur histoire, moi j’ai cru qu’elle l’accompagnait, d’ailleurs elle avait demandé à ce qu’il porte sa propre alliance.

Je ne la comprends pas, elle est hermétique, comme ma mère, et en plus elle s’est attaquée à celui que j’aimais le plus au monde, je ne lui pardonnerai jamais, je la maudis et lui souhaite tout le malheur du monde, vraiment, sauf si elle revenait vers nous en reconnaissant sincèrement ses erreurs.

Maintenant, mon souci est la mort, je la souhaite pour mettre fin à mes souffrances, mais en même temps j’en ai terriblement peur. Peur du néant non, mais angoisse de me retrouver dans une situation encore pire, preuve que j’accepte le malheur que je vis.

Avant le départ de Grégo, je ne pensais pas vraiment à la mort, je redoutais plutôt la vieillesse, la maladie, la solitude. Maintenant, je sais qu’elle est là, que la fin est inéluctable, impossible d’y échapper. Et lui il est parti là-bas tout seul, il a tout laissé. Je repense au jour de sa naissance, quand je l’ai accueilli en tremblant, en lui souhaitant la bienvenue. Depuis, j’ai toujours eu peur pour lui, je priais pour qu’il ne soit jamais handicapé…Je ne peux faire le lien avec sa présence, sa beauté, son sourire, son intelligence, sa culture, son caractère, ses réparties, ses petits mots et le fait que ce soit fini. Je ne peux le concevoir de façon rationnelle. Il y a deux univers différents, parallèles, sans rapport, lui vivant et lui disparu, cela ne peut être le même.

Comment imaginer, lorsque je regarde des photos de moi d’il y a quelques années, affichées dans mon bureau que le plus grand malheur du monde allait me frapper.

J’étais belle, sur certaines photos encore blonde, un peu snob, artificielle, ne mesurant pas combien j’étais heureuse. Et puis il y a eu des épreuves, d’abord le chômage et son cortège d’humiliations, l’impression d’avoir été punie d’avoir osé quitter la sécu, la caisse « primaire » de ma mère, la perte de Léo, qui m’a semblé être la plus grande épreuve possible que j’avais  à supporter, avec la conviction que je ne pourrai jamais endurer davantage. Et puis mon cancer, auquel je n’ai jamais voulu céder, j’avais l’assurance que je m’en sortirai.

Tout cela, maintenant c’est, non pas inexistant, car j’ai été marquée, mais dérisoire par rapport à la disparition de Grégo. C’est trop brutal, inadmissible, il ne peut pas ne plus être là, il était trop beau, trop intelligent, trop cultivé, trop authentique, il m’aimait tellement,  pour que ça s’arrête comme ça. Le monde aurait dû s’arrêter de tourner, car des êtres comme lui n’existent pas en 2 exemplaires.

Il avait tellement de caractère, de présence, que ce n’est pas une disparition anodine comme pourrait l’être la mort de quelqu’un d’autre, de tellement d’autres, qui n’ont jamais rien fait, ni pensé de personnel, qui sont des êtres humains par défaut ou par erreur. Je ne suis pas aigrie en disant cela, je suis parfaitement objective, chaque humain n’a pas la même valeur.

Et lui, qui était plus que tout et que tous est parti le premier, mais pourquoi ? C’est d’autant plus impossible à admettre que plus ça va, moins je crois qu’il y a quelque chose après.

La vie est une combinaison  chimique, c’est tout, alors pourquoi l’esprit ? Parce que la combinaison a pu se développer favorablement.

Avant, je ne m’interrogeais pas vraiment sur la mort, faisant comme beaucoup, comme si elle n’existait pas. Mais là, la réalité de la fin s’impose et cela me fait peur.

La vie avant, avec lui, K., les anniversaires, les fêtes, les Nöel, les cadeaux, les bons plats, la décoration, les beaux vêtements…, c’était tellement bien que c’était sûrement exceptionnel de vivre cela. Mais cela semblait naturel et devoir durer toujours.

Et puis, leur séparation  est intervenue, qui a été un cauchemar, j’ai ressenti l’abandon par  Karine comme si c’était moi qu’on abandonnait parce qu’on n’a pas été assez bien, qu’on n’a pas mérité la présence de l’autre. Le « on » c’est lui, c’est moi. Je n’avais pas assez de valeur pour ma mère, pour mes parents, dans ma jeunesse et encore maintenant puisqu’ils me laissent dans le malheur, aux pires dates anniversaires, sans se manifester.

Comment est-ce possible ? Comment peuvent-ils ? Sont-ils vraiment humains ? Comment ai-je la force de supporter cela, mais même si c’est terriblement dur, je fais face. Pour m’aider, je me dis que lorsque j’hériterai d’eux, ce que j’espère car ce sera comme si des étrangers disparaissaient, avec le seul regret de n’avoir pas eu de vrais parents et plus aucune chance d’en avoir, j’en donnerai une part à ceux qui m’aident par leur présence, même si je me demande toujours si elle n’est pas intéressée, Stéphanie avec sa religion qui espère me sauver et Cyril, qui se verrait bien légataire.

Il n’y a que V. pour qui j’ai déjà prévu une mise à l’abri très importante, car elle a aimé sincèrement mon fils, elle pense toujours à nous, elle est discrète quant à ses relations actuelles, elle a des enfants tels que j’aurais aimé avoir des petits-enfants. Quand elle me les a passés au téléphone, c’était terriblement émouvant, de même que la réception de son colis de Noël. C’était tangible, vrai, matériellement palpable, je n’avais pas rêvé. Quelqu’un avait pensé à moi, avait fait la démarche de choisir des cadeaux personnalisés.

Comme je rêve que K. revienne un jour…Son absence est terrible pour moi, car elle serait le lien avec Grégo, comme elle l’a été pendant quelques semaines après son départ. J’espère qu’elle l’a aimé, je me rassure en pensant qu’elle est (serait ?) venue sur sa tombe avec son père ou son grand-père en avril 2007. Que c’est normal qu’elle ait refait sa vie, mais si vite, si brutalement nous avoir confrontés avec ce garçon, j’espère sincèrement qu’ils vont divorcer, qu’elle n’a pas d’enfant (en fait, je sais maintenant, en 2011, qu’elle en a 2), qu’elle va comprendre ses torts avec Grégo et avec nous. Son abandon est quand même dur car nous nous sommes fréquentés pendant 7 ans, je l’ai gâtée, nous avons partagé des moments intenses, le mariage, le décès de sa mère…

Le 1er avril 2009

Rêves de plus en plus « acceptants » : c’est là où habitait mon fils, au 5ème étage pourquoi ?

Brice, Joël, Nicole en larmes dans l’ancienne maison, j’étais au lit en train de petit déjeuner, assez tranquille, Patrice en train d’enterrer quelque  chose, les mains en sang, je lui ai pris la pelle des mains pour l’aider à faire ce  « travail ».

La suite sera plus spécialement consacrée à celle qui est ma mère pour l’état-civil, avec qui j’ai tenté des retrouvailles fin 2009, mais qui a laissé apparaître, à moins que ce soit moi qui ait enfin accepté de connaître, sa vraie « nature ».

Qu’elle redise que pour accueillir Grégory dans sa dernière demeure, on a « délogés » les grands-parents, alors qu’on  a fait faire une sépulture neuve et de qualité, alors que l’ancienne était fissurée, qu’il comptait même laisser tomber la concession… C’est contradictoire et incroyable. Ils sont odieux, déments, effrayants, je ne me sens aucun point commun avec ces gens-là, ce sont des monstres. Si j’ai parfois du vague à l’âme en pensant à des moments passés, je dois vite revenir à la réalité, à l’horreur de leur vrai comportement qui perdure, en fait depuis toujours. C’est un miracle que j’ai pu y survivre et ne pas être comme eux, aigrie et méchante, car je ne suis pas, peut-être pas assez d’ailleurs, méchante. J’essaie toujours de mériter qu’on m’aime. Quoique cela a bien changé, je dis maintenant ce que je pense, je me moque qu’on m’aime ou pas, sauf Patrice, que je respecte, car je considère que personne n’a assez d’importance pour que cela en vaille le coup.

Mon petit a donné sa vie pour que je comprenne cela, peut-être, Madame G. m’a dit qu’un jour je penserai à elle, quand je connaîtrai non pas une vengeance, mais peut-être une revanche. C’est vrai qu’il y a parfois de drôles de choses, Momo est venu déposer des fleurs sur la tombe de Grégo le 21, sans raison particulière, laissant un petit mot touchant qu’il savait que nous lirions.

Ce que j’espère maintenant, c’est que Monsieur chat vive encore longtemps, et que Patrice et moi mourrions ensemble.

Je reprends aujourd’hui, le 19 octobre 2010 pour mettre noir sur blanc ce que je ne dois pas oublier pour justifier la fin des relations avec mes parents.

Avant cela, je voudrais revenir sur l’expertise auprès d’un psy que j’ai eue le 8 octobre. Il m’a trouvée plus mal qu’en 2009, se demandant dans quel état je serai dans 10 ans, ce à quoi je lui ai répondu que je n’espérais pas être encore là, sans toutefois le penser vraiment. Il a remarqué que tous mes actes sont en rapport avec la mort, alors que la vie, la mienne est là et qu’un spécialiste pourrait m’aider à en retrouver le goût ; à ce propos il m’a demandé ce que j’aimais faire « avant », j’ai été un peu embarrassée pour lui répondre, les activités énoncées me semblant bien banales (lire, marcher, nager, jardiner) et pourtant, c’est ce que je pratique et je n’arrête pas.

Il trouve que d’aller tous les jours au cimetière n’est pas bon, il me suggère de refaire des projets, de me dissocier de la mort. Sans lui dire, j’ai pensé aux expositions que je vais voir et qui me plaisent tellement. Le ressort est donc quand même en moi. Mais je sens aussi que par rapport à Patrice, je ne me permets pas d’avoir l’air trop optimiste alors que c’est ce qui me permet de continuer à lutter sans me complaire dans la tristesse.

Le psy me donne l’élan pour m’autoriser à ne plus y penser sans arrêt, à être parfois bien. Ne pas être forcément dans le rôle de la mère parfaite, éplorée à jamais. La blessure est et sera toujours là, tapie au plus profond de moi, je la sens dans mon ventre,  elle me confronte en permanence avec la réalité de la mort, dont la mienne. Mais la vie, la mienne est pourtant, à ce jour, bien réelle. Est-il sain et bon de refuser tout ce qui se présente de bien parce que lui ne peut plus en profiter ? Et d’autant que ma mère me l’a toujours tacitement interdit. Je mérite autant que les autres d’être bien, surtout si après, c’est le néant. C’est elle la mauvaise mère, comme elle le disait, en espérant que j’allais la contredire.

De même, c’était le divorce de Grégo, pas le mien, son abandon par K, et non le mien. L’horreur des pensées qui s’y réfèrent montrent l’inverse, j’ai faites miennes ces douleurs.

Le psy m’a aussi demandé si je me sens persécutée, en fait non, bizarrement, j’ai plutôt l’impression que quelqu’un me protège, organise les évènements, les actualités de ma vie, au mieux, que s’il est parti, c’est peut-être pour lui éviter quelque chose de pire.

C’est abominablement optimiste de penser ça.

Le 18 janvier 2011, en rangeant des papiers, je tombe sur une date le 12 mars 1976, jour où Patrice a eu son grave accident de moto, soit 3 ans jour pour jour avant la naissance de Grégo. Le hasard est quand même extraordinaire !

Voici le projet de lettre que je souhaite laisser à mon ex belle-fille, K. G. (B. ., L. 9.)

Tu liras cette lettre alors que j’aurai quitté cette terre, ce qui, j’en ai peur, ne t’émouvra pas trop, puisque tu as brutalement mis fin à nos relations quelques mois après le décès de notre fils, dont tu avais partagé la vie, et donc un peu la nôtre, pendant près de 7 ans, pendant lesquels nous avons été si heureux de contempler votre bonheur et pensé que tu nous appréciais. Sache que moi, je n’ai jamais oubliée et que j’ai toujours suivi ta vie de loin. Je crois d’ailleurs que tu t’en doutais, puisqu’on m’a dit que tu avais peur  que j’apprenne certaines choses, par honte, peut-être ? En tout cas, j’ai longtemps espérer qu’un jour tu comprendrais tes erreurs et que tu reviendrais vers nous.

Il t’a manqué de la décence après la disparition de Grégory : tu n’avais pas à nous imposer ton nouvel ami dans votre ancien appartement…Il t’a manqué du respect pour la vie partagée avec notre fils: en nous laissant avec indifférence les objets de votre intimité…Il t’a manqué de l’émotion pour votre passé : tu l’as renié en le rayant de ta vie, le plaçant dans le camp des « oubliables », comme disait Sagan, ce qui est aussi « insupportable qu’humiliant » . Tu lui devais bien cela, sans préjuger de ta vie actuelle. Tu me jugeais trop sentimentale, mais je crois qu’il vaut mieux l’être trop que pas assez, c’est ce qui fait l’humain !

Mais pourquoi es-tu vers nous au moment des obsèques de Grégory ? J’avais espéré que c’était parce que tu savais que nous avions besoin de toi, notamment pour évoquer ensemble notre cher disparu, pour adoucir notre peine, pour nous montrer que tu n’avais rien oublié de vos années communes, en dépit de votre séparation, très digne, mais j’ai tristement  constaté que  c’était plutôt pour profiter de la situation (sûrement sur les  conseils avisés de ton entourage), n’hésitant pas à jouer la veuve éplorée pour nous soutirer quelques biens.

Et comment as-tu pu ensuite nous abandonner dans notre immense malheur, alors que tu aurais pu nous apporter tellement de réconfort, même si tu fréquentais déjà une nouvelle personne, d’ailleurs épousée juste un an après ton divorce (il y avait urgence, je sais…) et seulement 8 mois après la mort de notre fils, dont je te tiens indirectement  responsable, de par ton inconscience, vues les conditions sordides et lâches dans lesquelles tu lui avais fait croire ou savoir que tu le trompais. Tu as menti à un moment ou à un autre, à lui ou à nous, en nous assurant ne  pas l’avoir trompé. Grégory a eu bien raison de te mettre à la porte, en dépit de sa tristesse devant tant de bassesses et de sentiments bafoués, mais l’amour implique le respect et il n’en avait plus pour toi. Tu ne le méritais vraiment plus, mais l’as-tu un jour mérité ?

Tu avais bien sûr le droit de ne plus l’aimer (cela ne se commande pas, même si j’ai toujours pensé que cette rupture était plutôt un nouveau caprice de ta part, si errante moralement, même s’il avait fait plus pour toi, lors de tes maladies, de tes états d’âme…et pour ton ingrat père,  notamment après son veuvage, qu’aucun mari, surtout aussi jeune, n’aurait eu la bonté ni la maturité de le faire),  mais tu n’avais pas le droit de lui manquer de respect, en t’adjoignant les services d’un garçon dont le rôle dans cette affaire laisse entrevoir la grandeur d’âme (mais qui est malheureusement, je crois, le père des enfants que tu t’es empressée de faire, immature que tu étais,  cherchant un géniteur depuis si longtemps, le destin a voulu que Grégory y échappe…).

Avec le recul et la persistance du silence que tu nous opposes, en dépit de ma lettre d’août 2007, qui te demandait la vérité, je ne sais toujours pas que penser de toi. Aimais-tu vraiment Grégory ? T’es-tu servie de lui pour ses espérances financières d’enfant unique d’une famille aisée ?

Mais je repense aussi que tu as réuni tes grands-parents autour de lui le 14 février 2007 et je sais que tu es revenue sur sa tombe, avec ton père.  Et il t’a aimée, c’est ta valeur pour nous et nous t’avions montré notre affection au cours de toutes ces années. Alors pourquoi ce silence ? Tu pouvais refaire ta vie, quoi de plus normal, sans nous la jeter à la figure, comme  dans l’appartement de Morangis, sans précipiter ainsi les choses.

Mais tu nous avais aussi montré ton insensibilité, ton instabilité, si grandes que même le décès de ta mère ne t’a pas fait t’interroger sur les étranges relations que ton père et toi lui imposiez, qui l’ont vraisemblablement amenée à se laisser glisser dans l’alcoolisme jusqu’à la mort…

J’aurais tellement préféré que tu sois restée correcte, que je n’ai pas à te faire savoir aujourd’hui que tu aurais pu hériter d’une partie de notre fortune, dont tu es loin de connaître l’ampleur, si tu avais su te montrer digne de l’amour de Grégory et de notre affection.

Mais tu nous as abandonnés, tu as fait un ultime  trait sur le passé, tu n’as gardé aucun contact avec nous, comme nous étions en droit de l’attendre, compte-tenu des circonstances dramatiques  de votre après-divorce, de tout ce que nous avions fait pour toi et ton père et de ce que ton attitude, au moment du décès de Grégory, nous avait fait espérer.

Alors sache que j’ai choisi de léguer l’essentiel de notre patrimoine à ma famille de cœur, aux fidèles amis de Grégory, qui nous tellement aidés à supporter notre malheur qu’ils méritent d’en être récompensés, ainsi qu’à ceux qui souffrent de solitude et de misère.Je ne te maudis même pas, je regrette que tu aies traversé l’existence de notre fils, car sinon, il serait peut-être toujours là. Je souhaite que tu apprennes à tes dépends que l’authenticité existe et qu’elle apporte beaucoup plus que l’argent. A défaut de remords, auras-tu un jour des regrets ?

Fait à Paris, le 26 janvier 2011.

C. T.

Le 6 février 2011, cela fait aujourd’hui 4 ans et nous sommes seuls, si seuls, seule Monique nous écrit qu’elle pense à lui et à nous. C’est absolument rageant et injuste. Son ami Cyril nous a dit qu’il viendrait sur la tombe avec Aurélien, aujourd’hui.





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